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Aucun parent ou éducatrice ne se lève un lundi matin en se disant: “Cette semaine j’offrirai aux enfants des aliments transformés remplis de sucre et de sel. Peu importe si c’est bon ou pas pour eux. ” Ce qui arrive plutôt, c’est qu’on en vient à avoir l’impression que cuisiner santé est complexe (trop) long, et surtout, que c’est une tache de plus à ajouter sur notre to-do list sans fin. On aime tous bien manger, et bien nourrir nos enfants, mais nous n’avons pas le temps (ou l’envie) de passer des heures à cuisiner chaque jour.

Parfois même, on va acheter un nouveau livre de recettes génial super-top santé, se faire une liste d’épicerie du tonnerre, tout acheter, et abandonner a 17h30 pour commander de la pizza, parce que les recettes choisies ne sont pas réalisables dans le chaos du quotidien.

Pourquoi est-ce que “manger santé” est devenu si compliqué ?? J’avais envie d’explorer ce sujet, et pour éviter de donner de mauvais conseils, j’ai demandé l’aide d’une nutritionniste qui se spécialise spécifiquement dans la nutrition familiale.

Bref, je voulais demander a une nutritionniste: “C’est quoi, bien nourrir ses enfants?? Et surtout, est-ce que ça peut être simple ?”

C’est avec ces deux critères comme ligne directrice, simple et équilibrée, que j’ai préparé mes questions pour Sandra Griffin, nutritionniste et fondatrice de Maman Mange Bien.


Une approche axée sur une “assiette équilibrée” plutôt que des portions / jour

J’ai été élevée avec l’image du guide alimentaire canadien comme seule référence, et rapidement comme parent je m’en suis éloignée. Je me trouvais donc sans référence officielle, à me questionner en tentant de naviguer entre différentes sources..

Sandra Griffin, propose de viser une assiette équilibrée à chaque repas, trois fois par jour, plutôt qu’un nombre de portions/ jour. Bien que la base du guide alimentaire canadien reste un bon guide (après tout, il présente en majorité des produits frais et non transformés), il faut savoir qu’il est présentement en révision: “La grande nouveauté est que les professionnels responsables de cette révision n’ont pas le droit de consulter les industries alimentaires pour orienter leurs décisions. Le nouveau guide alimentaire canadien devrait donc représenter des faits basés sur la science et la santé des Canadiens. ” – Sandra Griffin

Vous trouverez l’assiette équilibrée dans les outils en ligne sur son site web ici.

En fait, bien manger, c’est assez simple si on suit ses conseils:
“Pour bien manger, on retourne à la base:

  • Des aliments frais, peu transformés
  • de la cuisine maison
  • beaucoup de végétaux: fruits et légumes, noix et graines, grains entiers, légumineuses
  • des quantités dictées par l’appétit.”

Alimentation saine et simplicité, deux mots qui s’accordent…

Bien qu’on ait parfois l’impression que manger santé rime avec des heures de préparations, c’est pourtant bien le contraire. La présence d’aliments frais en abondance, voici ce qui devrait être le premier critère d’une bonne alimentation selon Sandra (et c’est aussi mon avis !).

Au lieu de constamment chercher à transformer les aliments que l’on achète, on peut simplement offrir des aliments sous une forme plus simple. Des légumes crus, ou cuits, des légumineuses aromatisées simplement avec des herbes, un grain entier cuit avec quelques épices, c’est un repas complet. Chaque repas n’a pas besoin d’être une épopée pour gagner une finale de Masterchef.

Pour simplifier notre alimentation, j’ai choisi il y a quelques années de modifier ma perception face aux repas. En effet, nous avons souvent tendance à chercher à reproduire les repas préparés offerts en restaurant lorsque nous cuisinons “maison”, mais ce n’est pas nécessaire. Le problème c’est qu’à vouloir absolument atteindre une certaine norme de “qualité” de repas, ça fait parfois l’effet inverse: démotivée, on perd l’envie de cuisiner et on se tourne vers les repas préparés, le restaurant pour emporter de plus en plus souvent.

Tous les repas n’ont pas besoin d’être une combinaison complexe digne d’instagram.
La clé ici, selon moi, c’est d’y aller de façon honnête avec soi-même lorsqu’on prépare notre liste d’épicerie ; choisissons des repas qui cadrent dans notre semaine, qu’on sait qu’on pourra réaliser dans le contexte présent de notre famille sans ce que ça engendre un stress supplémentaire. Si ça nous apporte du plaisir de faire des repas complexes, faisons-le, si ça nous stresse, et bien, ne le faisons pas et prévoyons notre liste d’épicerie en conséquence.


Pourquoi devriez-vous vraiment planifier vos repas avant d’aller à l’épicerie?
Pour économiser
En achetant les aliments en soldes et en gaspillant moins puisque vous vous trouverez à acheter uniquement les aliments que vous utiliserez.
– Pour avoir une liste
Ce qui permet de faire moins d’achats impulsifs (qui sont rarement dirigés vers les concombres 😉 )
– Pour inclure de la variété
En planifiant, on peut porter une attention particulière à servir des aliments de chaque catégorie..
( Si planifier est difficile pour vous, que vous aimiez améliorer l’alimentation de votre famille, Sandra offre une formation sur le sujet: pour en finir avec le casse-tête des soirs de semaine


Étant donné notre virage pour une alimentation axé sur les végétales et le peu de ressources sur ce sujet présentement, j’ai également eu le plaisir d’aborder avec elle la question des enfants et l’alimentation végétale. Dans mon service de garde, j’ai choisi d’offrir une majorité de repas végétaliens d’ailleurs; étant donné que les enfants mangent souvent de la viande au souper, le fait d’avoir un dîner végétal contribue à apporter une variété intéressante à ceux-ci.


Le lait de soya, mes enfants, et leur grand-mère.

Je dois l’avouer: je fais partie des gens qui doutent de la nécessité absolue des sources animales dans notre alimentation. Du point de vue écologique, entre autres, c’est un gros problème de pollution. Entre autres, on boude le lait de vache ici et on offre plutôt du lait de soya (et d’autres laits végétaux a l’occasion) à nos enfants. C’est un choix qui préoccupait quelque peu leur grand-mère, j’en ai donc profité pour aborder le sujet avec Sandra Griffin.

Après m’avoir assuré qu “Une alimentation équilibrée à base de végétaux est tout à fait adéquate pour des enfants en croissance. “, elle a soulevé un point important quant au choix du lait pour les jeunes enfants: “Le lait maternel devrait être le lait de base lorsque le bébé est végétalien. Si ce n’est pas le cas, il faut savoir que les boissons végétales enrichies ne peuvent remplacer le lait de base avant l’âge de 2 ans. Il est important de consulter une nutritionniste si cette situation est la vôtre. ”

Dans mon cas, le lait de soya et les laits végétaux servaient déjà a compléter l’allaitement jusqu’à 2 ans, nous sommes donc sur la bonne piste.


Les critères d’une alimentation végétale équilibrée pour un enfant selon Sandra de Maman Mange Bien

  • “Les repas contiennent une protéine riche en fer
  • Il y a présence d’aliments riches en bons gras à tous les repas (noix, graines, avocat, huile d’olive et canola)
  • Chaque repas contient des féculents, principalement à grains entiers
  • Si la famille est végétalienne, certains suppléments sont recommandés, il est également suggéré de consulter une nutritionniste pour une évaluation personnelle.
  • Attention au choix du lait pour bébé! Le lait maternel devrait être le lait de base lorsque le bébé est végétalien. Si ce n’est pas le cas, il faut savoir que les boissons végétales enrichies ne peuvent remplacer le lait de base avant l’âge de 2 ans. Il est important de consulter une nutritionniste si cette situation est la vôtre.

Bref (bien) nourrir nos enfants, ça peut être simple et facile lorsqu’on revient à la base. Parfois, ça fait du bien de s’éloigner des livres de recettes et de simplement offrir de bons aliments préparés simplement. Rien ne sert de s’encombrer d’attentes démesurées ou de la pression d’atteindre un certain niveau, faisons plutôt de l’heure du repas un moment agréable, empreint de simplicité et de fraîcheur..