Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Month: April 2018

Quels sont les meilleurs jouets pour bébé? / Penser en terme d’actions et d’expériences

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Lorsqu’on fait notre premier tri pour devenir un milieu “épuré”, on a tendance à garder les jouets qui paraissent bien, qui semblent éducatifs. C’est rempli de bonne volonté évidemment, mais parfois, on se rend vite compte que certains objets choisis ne fonctionnent pas. Je vous partage donc une autre façon de voir les jouets qui vous aidera à mieux les sélectionner pour que les enfants (principalement les poupons) jouent avec eux, pour vraie.

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D’ailleurs, quand on a un blogue sur le jeu, qu’on partage des photos de notre milieu régulièrement, une question qui revient souvent c’est : quel est LE jouet?

La question est simple et complexe à la fois. On ne peut nier qu’il existe des jouets meilleurs que d’autres, mais il existe une variété d’objets offrant la même expérience, et ce n’est pas uniquement des jouets.

Avant même d’offrir un jouet à son bébé, la base de son développement repose sur la possibilité d’avoir un lien affectif significatif avec les adultes (graduellement, ça passera d’un à plusieurs) qui prennent soin de lui.

Je tiens à le souligner ici : aucun jouet n’est meilleur pour le développement d’un jeune bébé que, par exemple, simplement faire partie du quotidien d’un adulte actif et intéressé (en porte bébé, dans les bras, dans une tour d’observation…)

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Quand je prépare mon milieu pour des poupons, voilà les actions que j’essaie de favoriser par ma sélection de jeu. Ce sont toutes des actions que l’enfant cherchera à faire par lui même bien souvent et notre objectif est tout simplement de favoriser ces expériences en rendant le matériel disponible.

– Quelque chose qui fait du bruit quand on le remue.

Comme un simple hochet avec deux grelots. L’avantage ici d’opter pour un bruit naturel vs électronique, c’est de permettre au bébé de saisir les variations dans le son selon la force et vitesse qu’il utilise pour le remuer. Le bruit variera aussi s’il le laisse tomber par terre, par exemple. Chaque variable aidera notre bébé à mieux comprendre le monde qui l’entoure.

– Quelque chose qui permet de mettre dedans

Et éventuellement d’ouvrir et fermer le couvercle, lorsqu’il grandira..

Quelque chose pour se cacher, couvrir
Un tissu, une doudou.. simplement

– Quelque chose qui se transporte, qu’on peut emplir ou vider..

Des pots, paniers, sacs… Ça permet d’exploser des notions (dedans, dehors, vide, plein, à moi, à toi, etc).

– Quelque chose pour grimper dessus ou passer dessous à quatre pattes..

Que ce soit une chaise ou un escalier pour poupons..

– Quelque chose inspiré du quotidien qui a du sens
Des instruments de musique réels si on aime bien chanter, un arrosoir et des pots contenant graines et terre pendant la saison des semis, des tuques et mitaines pendant l’hiver peu importent.. Un objet que le bébé nous voit utiliser au quotidien bref.

– Quelque chose qui roule

Un ballon, bien souvent, simplement, des autos, ou des rouleaux en cartons épais.

– Quelque chose qui s’empile

De petit ou de gros, selon les moments..

– Quelque chose permettant de construire

Des cubes de bois neutres par exemple, parce qu’on peut les utiliser pour construire autant que pour remplir des pots..

– Des pots avec différentes grosseurs d’ouverture, des objets de différents poids

Pour travailler la motricité entre autres, apprendre à adapter notre façon de placer notre main pour saisir et mettre dedans…

– Quelque chose qu’on peut animer 
Des personnages et maisons par exemple: (ça peut être des bouts de bois aussi tsé !) Ici ce qu’on veut, c’est y aller pour des personnages neutres, pas de personnages commerciaux idéalement, puisqu’on veut que les enfants soient libres de jouer sans se sentir “pris dans le scénario” du modèle donné normalement par ledit personnage.– Quelque chose donc on peut prendre soin / reproduire ce qu’on voit
Une poupée ou un toutou, avec une doudou qui peut servir autant à couvrir, que de porte-bébés.. Une boîte ou un panier peut servir de lit.. Les poupons aiment beaucoup reproduire les séquences de “soins aux bébés”.

Etc..

Et surtout, un espace (en temps, en aménagement adapté) pour acquérir de l’autonomie, la vie pratique, dans le quotidien de la maison. Les petits ont besoin que les actions qu’ils posent aient du sens, autant que les adultes. Ils aiment aider pour vraie.

(…)
Ça semble beaucoup, mais selon notre budget, nos envies, tout ça peut être expérimenté avec uniquement des objets du quotidien, ou on peut y aller pour de beaux jouets…  Je vous conseille d’observer, et votre bébé vous montrera probablement les actions qu’il souhaite réaliser…

Déposer le bébé par terre / la motricité libre: Pourquoi c’est important et plus logique que n’importe où ailleurs.

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Ça semble assez simple comme geste : déposer le bébé par terre, idéalement sur le dos. Pourtant, plusieurs oppositions silencieuses risquent de surgir dans notre esprit, dont certaines qui ne reflètent aucunement pourtant les besoins de bébé. “Il va s’ennuyer” ou ‘ça a l’air plate, être couché là à ne rien faire. ” Et puis, il faut se le dire, on se sent un peu coupable parfois, de le laisser là par terre sans être activement en train de le stimuler.

Alors, pensant lui offrir plus de variétés (et se fiant à une logique d’adulte disant que plus de variétés c’est mieux), on va le promener de station en station. Il passera du temps debout dans l’exerciseur, du temps dans une balançoire, etc., etc. Chaque endroit aura probablement des sons, des lumières différentes, parce que pour le divertir on choisira ce qui semble le plus stimulant.

La normalité des enfants se crée au fil des jours, et sans s’en rendre compte, on conditionne nos bébés et leurs attentes… Évidemment, leurs caractéristiques personnelles influencent grandement le tout (je vous évite le cours de psychologie, mais disons que c’est un jeu de ping-pong bien souvent entre ce qu’on offre et comment il y répond, qui nous amène à offrir différemment), mais à la base, il reste que tout ça a une grande influence. Les bébés nés en 1990 et 2018 sont très semblables, mais ceux des années 90 jouaient à parler au téléphone alors qu’aujourd’hui les bébés cherchent à “swipper”. C’est normal, c’est ce dont ils sont témoins qui devient leur normalité.

Pour un bébé, à la base, tout est intéressant. Regarder longuement des feuilles qui bougent ou une scène quotidienne de la maison, c’est suffisant. C’est à force de se faire présenter ‘mieux” sous la forme de jouets très bruyants et flashs qu’il en fait sa nouvelle référence et se désintéresse un peu du reste. C’est que les feuilles d’arbres n’attirent plus autant son attention lorsqu’il s’est habitué à ce que tous les jouets chantent l’alphabet en projetant des lumières.

C’est la même chose pour la position. Lorsqu’on le fait constamment passer d’une position “imposée” à l’autre, il s’y habitue sans être capable de prendre cette position par lui-même. Parfois, ses muscles voir son corps n’est pas prêt à être dans cette position. Surtout, on le coupe de la possibilité d’évoluer à son rythme et de franchir les étapes selon l’ordre naturel des choses.

Les perceptions d’adulte (le besoin d’être “divertit) sont souvent ce qui nous pousse à leur donner plus que ce qu’ils demandent.

Un bébé posé par terre a une grande liberté. Sa curiosité sera le moteur de son développement. Il regarde autour de lui et les bruits naturels de la maison le pousseront à l’effort de tourner la tête de chaque côté. Tranquillement, au fur et à mesure qu’il évolue, il découvrira de nouveaux points de vue. Et un jour, il roulera, rampera, marchera, grimpera… C’est l’évolution telle qu’elle se produit, instinctivement chez le bébé…

De la même façon, si on a toujours marcher pour aller à l’école et été satisfaits de cet état, il se peut qu’avoir une auto nous rende soudainement insatisfaits du même chemin à pied, et qu’on préfère utiliser chaque jour l’auto même si on est bien capable d’y aller sans celle-ci.. 

Déposer bébé par terre : c’est lui faire confiance, c’est lui donner des possibilités, une liberté, répondre à ses besoins… C’est simplement logique. Les défis vont venir naturellement au fil du temps, selon son développement. Un jour il arrivera à ramper, et ne souhaitera plus rester en place et ça sera parfait puisqu’il sera capable de se déplacer lui-même…

La motricité libre, c’est empêcher le bébé de se créer des attentes qu’il ne peut combler seul. C’est répondre aux besoins de son corps entier en refusant de lui donner une position qu’il ne trouvera pas par lui-même (ce qui est une indice que son corps est prêt pour celle-ci).

Appliquer la motricité libre lorsque bébé a déjà expérimenté autre chose peut être délicat, mais il est possible d’y arriver. C’est important, je crois, de prendre le temps et d’aider les poupons à s’y adapter. Comme on le dit souvent: on fait de notre mieux jusqu’à ce qu’on connaisse une meilleure façon de faire.

La motricité libre et la stimulation ne sont pas des opposés
La différence entre la non-stimulation et la motricité libre réside dans l’intention. Il y a une grande différence entre laisser bébé par terre dans un environnement non favorable au développement,  ne pas lui porter d’attention et choisir de lui offrir un endroit sécuritaire et adapté a son développement. Il ne faut pas faire l’erreur de penser que laisser bébé par terre = laisser bébé par terre. La réflexion derrière le geste est importante.

Pour moi, la motricité libre s’inscrit dans une continuité d’outils que j’utilise avec mes bébés. Ainsi, ils alternent entre périodes en portage (ou ils bénéficient de sentir mes mouvements, renforcent leurs muscles, développe leur attachement), périodes de motricité libre et de jeu “libre” et périodes de stimulation plus classiques (par le massage, les comptines et autres). Par contre, je continue d’appliquer les principes de la motricité libre même lorsque nous sommes en activités, entre autres je ne place pas bébé assis ou debout sans qu’il prenne la position de lui-même.

Concrètement, comment ça prend place?

L’aménagement de l’environnement revêt une grande importance dans la motricité libre. On peut disposer par terre un miroir pour que bébé puisse se découvrir alors qu’il est au sol. J’utilise généralement simplement des doudous que je dispose à différents endroits au fil des jours (pour qu’il soit près de moi et qu’ils observent différents angles). Quand bébé est très petit et qu’il y a beaucoup d’action dans la maison, je préfère un parc par contre, le temps qu’il soit plus solide.  On peut y mettre 1 ou 2 jouets à sa hauteur. J’essaie toujours de placer les mobiles ou autres jouets visuels de façon à ce qu’il puisse détourner le regard s’il n’a pas envie de les regarder.

L’espace prévu pour bébé peut (doit) être aménagé pour favoriser son développement. En observant notre enfant, et en se renseignant sur le développement des différentes sphères, il est possible de mettre en place de petites choses très simples pour se faire. Souvent, on le fait naturellement, pas besoin d’un mini-gym à domicile, ce qui est disponible dans notre maison suffit bien souvent.

Finalement, dans ma routine quotidienne, il y a des moments où on le place dans cette espace, et il s’y plaît. D’ailleurs, c’est vraiment intéressant de voir l’évolution de son jeu au fil du temps. Il ne faut pas oublier que chaque jour, ses capacités et sa perception du monde changent un tout petit peu, faisant de chaque petite chose, une expérience merveilleuse et valable. Par exemple, depuis quelques semaines, le principal intérêt de Laurent c’était d’attraper et mâchouiller son hochet en bois suspendu. Aujourd’hui son intérêt s’est déplacé, il semble avoir découvert le filet du parc et l’explore avec ses mains.

En espérant vous avoir inspiré à découvrir cette vision du développement des bébés et pourquoi pas, ranger l’exerciseur et sortir une couverture à la place ?

Déposer bébé par terre ou la motricité libre

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