Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Month: June 2018

​L’histoire de l’enfant de 3 ans qui refusait d’avancer 


Je pense que c’est une des situations, comme parent, qui est vraiment difficile à gérer positivement sur le coup. Tu es plutôt impuissant, parce que si tu es comme moi tu pousse déjà une lourde poussette et il n’y a aucun moyen de revenir à la maison sans un minimum de collaboration du dit-enfant.
 (…)

Ce matin, une de mes filles as oublié quelque chose qu’elle tenait à apporter à l’école pour la dernière journée. La solution “simple” est celle-ci : aller lui porter avec la poussette double et ma 3 ans en vélo. Je sait pertinemment avant même de partir que ce n’est pas la bonne journée pour ça, elle est de mauvaise humeur aujourd’hui; les risques que ça vire mal sont augmentés x 10. 

Elle est enthousiaste face à l’idée d’aller porter le sac à la secrétaire (c’est pas sa première fois héhé). Je sait que c’est une distance qu’elle maîtrise bien. Donc. On va à l’école. Tout va bien. On fait même un coucou à sa soeur qu’on voit dans la cour arrière. Tout va bien.
On amorce le chemin du retour.

Oups.

Elle déclare ne plus vouloir faire de vélo. On est à 50 mètres d’un arrêt prévu déjà dans un champs de fleurs sauvages pour en cueillir (j’avais même apporté son sac de cueillette!)
Toutes les paroles de motivations du monde sont prononcés. On est à 40 mètres des fleurs, elle refuse de faire un seul pas. Un camion de nettoyage des égouts se stationne à côté de nous. Ça pue. Elle n’avance pas. Les autres enfants aiment regarder le camion, il semble que seuls les adultes soient affectés par l’odeur.
Je lui propose de l’eau. Elle boit. On réussit à traverser la rue. Elle refuse d’avancer. Les fleurs à 30 mètres.

Bref. On finit par arriver aux fleurs. Regain d’énergie. Elle cueille joyeusement des fleurs. On repart. 5 mètres, 10 mètres, tout va bien.
50 mètres. Plus que 850 mètres avant la maison. Elle refuse de nouveau d’avancer. Elle veut être dans la poussette mais c’est impossible à cause du vélo à trainer. Je propose de marcher pendant que je met le vélo dans la poussette ou de faire du vélo, au choix. Elle refuse.
 Elle se couche par terre sur le trottoir. Rien à faire. J’ai envie de la menacer de ne plus jamais l’apporter en promenade de sa vie mais je sait que c’est inutile. Je parle aux autres enfants, on regarde les fleurs ramassés. Je réfléchis. Je sait qu’il est possible qu’elle soit fatigué pour vraie. J’en suis absolument consciente mais c’est une des fois où je suis limité dans les possibilités. C’est un enfant habitué de faire des distances plus longues pourtant. Je réfléchis. Un passant passe et lui fait un commentaire. 
J’essaie la motivation : on va faire un bricolage avec les fleurs à la maison?
J’essaie l’accueil des émotions, les blagues, tout. Mais il n’y a rien qui marche. Je suis une maman prisonnière d’un trottoir, incapable de retourner à la maison. Je me sent pris au piège et c’est un sentiment dangereux, parce que je suis consciente qu’il peut me faire basculer vers le réflexe primitif : attaquer ou fuir. Ce qui dans ce cas risquerait de se manifester par des cris de colères inutiles, qui ne fonctionneraient pas. 
Je rationalise. Ça m’est déjà arrivé et chaque fois j’ai finit par retourner chez nous (!!!).
J’imagine le titre de l’article de blog que j’utiliserai pour en parler (parce qu’écrire fait partie de ma façon de réfléchir, analyser, vivre des émotions.)
Je suis calme. Je joue avec les autres enfants. Puis je cherche son besoin et comment y répondre.
Je propose : “oh, il fait chaud, veut-tu de l’eau sur tes cheveux pour avoir moins chaud?”
Elle accepte. Et son vélo repart. 800 mètres. 700 mètres. Encore de l’eau. 600 mètres, 500 mètres. De l’eau sur ses vêtements. Et elle repart enthousiasme. 400 mètres, 300 mètres… Et la maison.

Ma 3 ans est toute mouillée mais nous sommes arrivés.

Bref. C’est l’histoire d’une 3 ans qui refusait de marcher, probablement parce qu’elle se sentait impuissante face à toutes les émotions, la fatigue, la chaleur. C’est l’histoire d’une maman qui se sentait impuissante parce qu’elle avait besoin de la collaboration d’un enfant qui n’était pas disponible pour collaborer.

Cher mon’oncle qui aimes agacer les enfants

man holding hands with baby while walking through pathway facing sunlight

Photo by Leah Kelley on Pexels.com

Tu es l’oncle cool.  Celui qui fait l’avion aux petits, qui pourchasse les grands provoquant des éclats de rire. C’est génial! Ils ont de la chance de t’avoir. C’est une richesse pour des enfants d’être en contact avec des adultes intéressés à eux.

Il y a juste une chose donc j’aimerais te parler, un comportement qui me démange. Tu ne t’en rends probablement pas compte, tu reproduis ce que tous les “oncles taquins” ont fait à travers le temps devant toi.

Voilà.
Tu aimes agacer. Jusqu’à ce que l’enfant crie : ” non! Arrête!”. Et toi, tu as grandi avec l’impression que continuer après un “arrête”, ça fait partie du jeu. Alors l’enfant demande d’arrêter et tu continues.

Tu aimes nos enfants, mais par ta façon de jouer tu leur imposes un message qu’on ne souhaite pas qu’ils reçoivent. “Ton “non” n’a pas de valeur face à un adulte ” ” Tu ne peux pas décider quand tu en as assez par toi-même.” ” Tes émotions, ton envie que ça arrête ne valent pas la peine d’être entendues.”

Et ça, ça me dérange. Profondément. Vois-tu, nos enfants aussi petits soient-ils devraient avoir un pouvoir sur leur corps selon nous. Ils devraient être ceux qu’on écoute quant à savoir si on arrête ou on continue.

Ils devraient être respectés.

Et pour qu’ils grandissent en s’attendant à ce que ce respect soit la normalité, c’est de personnes comme toi qu’on a besoin. Tu es la personne parfaite pour montrer l’exemple. On a besoin que tu sois cool, que tu agaces, mais que tu accordes autant d’importance à leur stop qu’à celui d’un adulte.

Parce que ce stop, on a travaillé fort à leur apprendre. C’est une alternative à frapper, à crier, chez nous, c’est un signe qui est respecté et protégé. Une demande claire et polie d’arrêter. Quand notre 2 ans te dit stop, c’est comme s’il te disait ” Mon’oncle, quand tu me chatouilles trop, j’ai mal, ça me fatigue, j’aimerais que tu arrêtes dès maintenant.”

Cher adulte qui a la chance de côtoyer des enfants, aide-nous. Fait ta part pour que nos enfants grandissent respectés, libres de consentir ou non aux chatouilles et autres contacts physiques “amusants”, confiant d’être en sécurité pendant les réunions de famille, confiant que leur “non” vaut la peine d’être entendu.

Nos enfants sont merveilleux, et avec ton aide, il est clair qu’ils développeront des capacités qui les aideront toute leur vie. Soyons une équipe.

Les mères de 2018 sont-elles “lâches?”

“En 1900, elles géraient 13 enfants et le ménage sans problèmes.”
.
.
C’est un argument sur lequel je tombe souvent, dans les débats visant à déterminer si les mères à la maison en font assez (!!). Le oui mais ma grand mère avait 15 enfants et faisait tout à la main…
.
Première parenthèse : la plupart des ouvrages traitant de la question vous révéleront que plusieurs de ses mères n’était pas nécessairement heureuses, plutôt épuisés et certaines ont même avoués être soulagés de la perte d’un enfant (parce que ça signifiait moins de travail.) Aussi, elle avaient souvent plus d’aide qu’aujourd’hui.
.
Je n’ai pas envie de jouer à qui est la meilleure, donc je vais laisser au passé les bons et mauvais coups des mères de 1900 pour vous parler de la réalité de certaines mères de 2018.
.
.
Ce que j’en voit, et ce qu’on oublie quand on en arrive au débat ménage ou pas ménage.
.
Beaucoup d’entre elles travaillent. Dans les mères à la maison de mon entourage, au moins la moitié consacrent du temps à une entreprise, un travail de la maison ou plusieurs heures de bénévolat.
.
Elles travaillent fort pour le développement optimale de leur enfants, et sont très informées. Je voit régulièrement des choses merveilleuses dans mon fil d’actualité, des mamans qui prennent le temps de s’asseoir et travailler le langage de leurs enfants ou de rénover une pièce pour l’adapter aux besoins particuliers de ceux-ci.
.
.
Beaucoup ont choisis d’être parent la nuit aussi. C’est facile d’oublier que la simple décision de ne pas laisser pleurer peut avoir une grande influence sur l’énergie d’une maman, parce qu’au lieu de dormir, elles bercent, consolent, nourrient…
.
.
Beaucoup portent une grande attention à des détails. Est-ce nécessaire de faire une belle coiffure à un 2 ans? De vouloir lui faire un look, une chambre à la mode? Peu importe. C’est important pour celles-ci et elles consacrent beaucoup de temps et d’amour à soigner les détails autour de leurs enfants..
.
.
Plusieurs mettent de l’importance sur leur rythme de vie et celui de leurs enfants aussi. Elles veillent à ce qu’ils mangent bien, essaient de nouveaux courants alimentaires qui demandent du temps pour tout préparer bien souvent… Elles s’éloignent du déjà préparé pour offrir du fait maison.
.
Et la liste se continue… Elle est différente selon chaque mère.. chaque mère (chaque père aussi d’ailleurs) as ses propres préoccupations. Influencé par ses enfants, ses croyances ancrés, son entourage. C’est plus complexe que de savoir si le panier de linge est plié ou non….
.
Ça revient un peu au débat sur la mère au cellulaire dans un parc…
.
Moi quand je voit une mère au parc sur son cellulaire, ce que j’en retiens c’est surtout tout ce qui viens avec cette sortie.
.
Avez-vous regardé ses enfants? Ils sont propres, peignés (j’admire secrètement celles qui font des peignures plus complexe que les lulus d’ailleurs!), ont des vêtements, des souliers….
.
Ce qui veut dire que quelqu’un, quelque part a prit le temps. Quelqu’un a acheté ces vêtements, ces souliers (achetés à la course un mardi soir parce que poussée de croissance soudaine), à chanté pour convaincre l’enfant de les mettre, puis à essayée d’occuper le bébé en le mettant devant des blocs pour réussir à préparer un sac à couches. Il ou elle a cherché dans la maison pour trouver une veste pas trop sale pour au cas où il ferait soudainement froid. Puis il a annoncé ” on range! On part pour le parc!” Puis à gérer les différentes réactions à cette annonce selon le tempérament de chacun de ses enfants.
.
Ou peut-être que non. Peut être que la sortie au parc n’était pas vraiment prémédité, qu’elle n’as même pas apporté de sac à couches.. peut être que son regard s’est posé sur des crayolas donc les bouchons étaient encore égarés et qu’elle a déclaré un besoin pressant de changer d’air plutôt que de tomber dans le négatif avec eux..
.
.
.
Peu importe. Les mères en 2017, les pères aussi d’ailleurs, et bien elles ne font pas pareilles que les mères de 1900, mais elles en font tellement aussi..
.
.

“Et chaque fois qu’on les juge sur ce qu’elles devraient faire sans tenir compte de ce qu’elles font déjà, on ajoute sans s’en rendre compte une attente sur leur to-do liste, pis c’est un peu triste parce que cette tâche qui ne comptait pas pour elle avant, et bien maintenant c’est du temps de moins qui l’éloigne du moment où elle pourra prendre cinq minutes pour jouer avec ses enfants… ”
.