Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Month: July 2018

Une surprise apportée par le facteur / le plaisir de lire

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Chez nous, la lecture c’est quelque chose de très présent au quotidien.
Quand Bayard Jeunesse Canada m’a proposé de me faire découvrir l’étendue de leur collection, couvrant maintenant tous les âges de 1 à 18 ans, j’étais vraiment très enthousiaste! Enfant, j’ai de bons souvenirs d’après-midi passés à lire, mes “J’aime lire”, donc j’étais confiante d’aimer ce qu’ils me proposeraient.
Un midi donc, le facteur arrive chez nous alors que les filles dînent et je leur annonce que c’est une surprise pour elles. Juste le fait de recevoir une enveloppe leur étant destiné dans la poste, c’était déjà un grand bonheur 😛
Charlotte est la première ravie, lorsqu’elle découvre une histoire incluant son personnage préféré Petit Ours Brun (elle a fait un câlin a la revue Pomme d’api, rien de moins). Ce magasine vise les 3-7 ans, on y retrouve du contenu adapté pour éveiller l’intérêt des petits tout en les instruisant dans chaque page du magazine. J’aime particulièrement les histoires simples, avec des personnages dont on suit les aventures au fil des mois.
Alice aime les livres, mais aussi les détruire (!!). Bref j’étais bien contente que Popi soit offert en version cartonnée. Je dois admettre que cette revue est celle qui a attiré tous les enfants parce qu’elle contenait une histoire à animer en déplaçant un élément de page en page et ils étaient tous bien impressionnés ! Ensuite, chacun son tour s’est amusé a lire les histoires a Alice qui ne se tanne pas d’écouter, bref un beau moment de lecture en famille.
Mes grandes ont pris plaisir à découvrir mes premiers j’aime lire, les explorateurs et les débrouillards. Bref, elles ont lu beaucoup durant les jours suivants la réception. Elles ont appris de nouvelles informations qu’elles étaient heureuses de nous partager. C’est toujours une fierté pour elles, de pouvoir nous “apprendre” quelque chose et de nous parler de leurs découvertes.
J’ai eu un coup de cœur pour la revue pour adolescents Curium, parce que sérieusement, je trouvais moi-même les sujets intéressants. Une revue pour ado qui ose aller dans des vrais sujets les motive à développer leur sens critique, j’ai trouvé ça génial (et je ne savais pas que ça existait!)
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(Pour voir l’éventail complet des revues offertes, je t’invite à visiter leur site: https://www.bayardjeunesse.ca/)
Pour moi, l’abonnement à un magazine, c’est une très bonne idée de cadeau de fête, de Noël, ou pour souligner la rentrée. C’est une bonne alternative aux jouets à proposer aux grands-parents, ou même à utiliser nous-mêmes comme parents.
Lire, c’est tellement important selon moi. Permettre à son enfant de s’éveiller au plaisir de lire ensemble, d’avoir accès à du matériel stimulant chaque mois, d’éprouver la fierté d’avoir “son courrier”, c’est vraiment un cadeau à offrir.
Bref, je vous en parle, et je vous conseille de surveiller ma page attentivement pour ne pas manquer un concours bien intéressant prochainement. 😛

À quel moment on a cessé d’apprécier les enfants? / Choisir de profiter plutôt que de “subir” 

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Sur mon mur Facebook, défilent des textes contre les “mères de caillou”, où on glorifie le parent comme étant constamment “à bout” et ayant besoin de vin pour arriver à “endurer” cette chose qu’est la vie avec les enfants….

Je vous dis ça, en sachant bien que clamer haut et fort qu’on ne trouve pas ça horrible nous, c’est vu comme du jugement. Mais honnêtement, je trouve ça surtout triste.

Ok, je vais le dire. Voilà mon coming-out: J’aime profondément être avec des enfants.

Chaque fois que je prends un bébé dans mes bras, je prends 3 secondes pour sentir la douceur de sa peau pis je suis émerveillée. C’est vrai pour vraie, pas romancé là. Quand le poupon se colle dans mon cou, j’absorbe le bien-être que ça apporte, je souris pis j’oublie que j’ai passé la sieste à bercer les uns les autres. Je tripe pour vraie quand un enfant fait quelque chose de nouveau, s’absorbe dans une tâche.

(…)

Vous savez, le problème, ce n’est pas les enfants. C’est tout le reste. C’est la vie trop vite, la pression, le stress de partout. C’est vos enfants qui arrivent le soir de l’école déjà à bout d’une journée remplie de petits stress, qui se mélange à votre propre stress et ça explose. C’est le qu’en-dira-t-on qui fait que vous cherchez à ce que votre vie soit “picture perfect” tout le temps.

C’est lourd être dans un monde où tout doit être esthétique, bien réfléchi pis répondre à une tonne de critères selon la mode actuelle. Et ça en prend, pas mal de temps!

(…)

Beaucoup des réponses aux comportements des enfants résidents dans prendre le temps. De jouer. De gérer. D’accompagner. D’enseigner. Être avec eux, et avoir envie de.

Faudrait se rendre compte qu’on ne peut pas s’attendre à ce que nos enfants grandissent plus vite parce qu’on n’a pas le temps de vivre avec les besoins de leur âge.

Je dis ça et je ne suis pas parfaite non plus, j’oublie aussi parfois. Ma meilleure solution c’est l’instant présent : quand tu t’arrêtes, tu regardes autour de toi, tu ne peux pas ne pas voir comment c’est beau, un enfant.

On voudrait que nos enfants soient plus faciles pour avoir plus de temps pour… quoi?
Il faut se le demander. Pourquoi nos enfants sont devenus la “corvée plate” qui nous prive de la “partie le fun” de la vie ?

C’est peut-être ça aussi une partie du problème… Les adultes ont oublié (ou pas appris) comment prendre soin d’eux pour vraie, pour ensuite avoir la disponibilité émotionnelle pour leurs enfants.

Le temps pour soi, oui bien sûr, sortez, prenez du temps pour vous, allez en couple un soir. Ce n’est pas d’être absent parfois le problème. C’est d’être absent (mentalement) tout le temps même quand on est présents.

C’est de ressentir le besoin de fuire constamment vers un monde virtuel, ou à l’aide d’une bouteille de vin qu’on entame du vinlundi au vindredi.

Ce que votre enfant est présentement, avec ses hauts et des bas, ce n’est pas parce que c’est temporaire que ça n’a pas de valeur. Et il mérite d’être apprécié, et non ‘enduré”. Même quand c’est difficile. Vous n’avez pas a faire semblant que c’est facile, faites juste être la, présent, et disponible pour l’accompagner dans cette phase, en pleine conscience que ce n’est qu’une phase, et que ça fait partie de ce qui va l’aider à devenir l’adulte qu’il sera un jour.

Accepteriez-vous ça de votre conjoint? Qu’il détaille constamment à quel point c’est difficile être avec vous, pis comment il endure ça en buvant du vin. Qu’il rende vos défauts si importants, plus même que vos qualités ?

Je ne dis pas que c’est facile être parent. Je dis juste qu’il n’y a rien de plus triste que de donner l’impression qu’on subit l’enfance de notre enfant comme un condamné subit sa peine.

À quel moment dans l’humanité, c’est devenu plus important de faire une belle chambre parfaitement décorée ou un gigantesque party de fête à son enfant que de prendre le temps de jouer cinq minutes avec lui??

Je ne dit pas qu’il est impossible de faire les deux, bien sur que c’est possible. Sauf que quand on est “à bout”, souvent c’est un signe qu’il faut revoir nos priorités. La relation avec notre enfant devrait être la priorité plutôt que de voir en notre enfant une nuisance à arriver à bien-paraître. 

Il faut assumer que nos désirs, nos aspirations nous appartiennent. Que l’enfant vit avec ses propres besoins pis que ça se peut que ça clash ensemble.

Le pouvoir qu’on a vraiment, c’est de mettre fin à tout ça en simplifiant notre vie, en faisant des choix. En se rendant disponible pour être pro-actif dans la parentalité plutôt que de subir notre enfant. Bref. Se donner du temps, de l’espace pour arriver à profiter de l’enfance.

Parce que l’enfance, c’est beau. C’est magique. Et parfois il me semble qu’on l’oublie.

Les 20 mois d’Alice / mon bambin tel un touriste enthousiasme 🌿  

Souvent, on va entendre parler de la période 18-24 mois comme du “terrible two” qui se prépare. Personnellement, je suis bien d’accord que la période juste avant 2 ans est une période souvent intense (je dirais même pire qu’après 2 ans 😉 ) … J’avais envie de vous partager ma perception des changements récents dans le développement d’Alice, et de leurs influences sur les “crises”.

🌳 Ses émotions sont intenses 🌳 

Quand elle est heureuse, elle est vraiment heureuse! Quand elle est fâché, elle pleure très fort ! Elle contrôle un peu plus ses émotions, par exemple elle peut rire très fort pour nous faire rire. C’est encore très rudimentaire par contre.

🌳 Elle aime découvrir, expérimenter 🌳 

L’éventail de ses expériences ne cesse de grandir. Elle aime jouer de façon de plus en plus variée. Se faisant, elle apprend à se connaître, à reconnaître ce qui la rend heureuse, plus heureuse, moins heureuse… Elle apprend qu’on peut dessiner, mais aussi peinturer, modeler, coller.. Toutes ses expériences s’ajoutent a son bagage de connaissance.

🌳  Elle a une compréhension plus complexe des choses🌳 

Avant, c’était assez simple. Elle avait envie de quelque chose, ou pas. Maintenant, elle a découvert que la façon de faire les choses avait aussi de l’importance pour elle. Elle préfère se balancer rapidement que doucement par exemple. Le problème, c’est que son langage la limite, elle arrive a faire comprendre qu’elle veut se faire balancer, mais impossible pour elle d’exprimer avec précision la façon donc elle souhaite que ce soit fait.  Entre ce qu’elle ressent, et ce qu’elle réussit a exprimé, la différence est encore grande. 

🌳 Elle répond “oui” et “non” 🌳 

C’est difficile d’exprimer toute la complexité de nos désirs, préférences, quand on est limité a positif ou négatif comme réponse. Le fait qu’elle ait commencé à dire oui récemment est génial, évidemment ! On peut maintenant déjà comprendre un peu plus ses désirs, mais c’est encore très basique. C’est fâchant pour elle d’ailleurs, elle fait un effort pour s’exprimer, mais notre compréhension est limitée. 

(….)

 C’est comme discuter avec un touriste enthousiasme. 

Il s’exprime, joyeux, pour tenter de nous faire comprendre ce dont il a besoin. Il cherche un mot, probablement pris en référence dans son livre de voyage, pour essayer de nous faire comprendre: la tour ?? 

C’est un adulte, et pourtant, si après 4 ou 5 passants, personne ne peut l’aider, il est possible qu’il vive du découragement, de la frustration.. Il est possible qu’il se dise: la prochaine fois, j’irai dans un pays ou ils parlent anglais !!

Parce que notre bambin,  c’est un homme de Cro-Magnon sur le party. Cette façon de voir nous vient du Dr Harvey Karp. Notre bébé est un être qui a envie de tout essayer, tout faire, mais donc le langage et la façon de vivre ses émotions sont encore limités. Il ne faut jamais oublier que l’homme a mis des milliers d’années à évoluer, mais que notre bébé atterrit dans un monde très évolué et doit rattraper tout ça en 2 ou 3 ans… Votre bébé naît avec les mêmes acquis que vous, ou votre grand-père a la naissance. Pourtant, le monde auquel il doit s’adapter, les compétences dont il aura besoin sont complètement différentes… 
☀️ Donc, la solution magique ? Le temps ? Changer notre vision de notre bambin pour l’accompagner plutôt que d’être en position de “réaction” ? Accepter que parfois, on ne le comprend pas tout simplement, et c’est difficile et c’est okay de lui dire: OK bébé, je veux vraiment la, mais je ne comprends pas ! Continuer de travailler le langage, lui offrir des mots simples, des gestes, pour l’aider à avoir plus de vocabulaires pour exprimer ce qu’il souhaite exprimer ? Se concentrer sur tout ce qu’il y a de génial dans un bébé de cet âge.