Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Épurer pour mieux jouer, mon cheminement.

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J’avais envie de discuter avec vous du cheminement qu’on peut vivre lorsqu’on réduit grandement la quantité offerte de jouets à nos enfants. Comment est-ce qu’on arrive à minimiser la quantité de jouets offerts?

Je vais vous confier un secret: avant d’avoir ce mode de pensée, j’étais tout le contraire.

Il y a plusieurs années, j’étais convaincue que mes enfants avaient besoin de plus, toujours plus. Des jouets les plus éducatifs. Des jouets les plus bruyants, lumineux, stimulants. Je tripais quand je réussissais à mettre la main sur un Vtech qui faisait plein d’affaires.

L’erreur principale que je faisais a ce moment? Croire ce que les fabricants, l’industrie nous laissait croire. Ton bébé a besoin d’une machine complexe qui fait du bruit pour apprendre à mettre dedans. Croire que plus un jouet est animé, plus il a de fonctions, plus il permet le développement de bébé.

Je faisais l’erreur, à cette époque, de négliger le fait que l’enfant est le principal agent de son développement. Qu’expérimenter, vraiment librement, plutôt que de devoir se limiter a des schémas imposés par les jouets, était la meilleure façon de se développer.

Ma première (fausse) étape: Le passage aux jouets de bois et éducatifs.

Un jour, j’ai ramassé tout mon plastique, et j’ai fait une annonce sur kijiji: gros lot de jouets à donner. J’ai donné l’exerciseur, en même temps. À cette période, mes lectures sur les pédagogies alternatives m’avaient conduite vers les jouets en bois, et les jouets dits éducatifs.

Voici donc ma salle de jeu, pour DEUX enfants à cette époque… Tout bien classé, il y avait de tout !! Du matériel de manipulation, de bricolage, faire semblant, sport, etc..

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Le problème de cette période ? Je n’avais pas encore compris que peu était parfois mieux. J’ai eu envie d’avoir tous les jouets. Un jouet pour mettre dedans (mais en bois!), un jouet pour compter, un autre pour…. Un jouet par intention de jeu, par objectif d’apprentissage.

Certaines personnes trouveront cette quantité de jouets très acceptable, et c’est correct. C’est vraiment beau en photo, tout rangé, mais au quotidien, c’était très différent :p  j’avais un garde-robe plein en plus de tout ça…

La première phase

La première fois que j’ai voulu épurer, j’ai simplement réduit la quantité pour chaque catégorie d’objets. Moins de barbies, moins de ci ou de ça. Rejeter les doublons. J’ai fini de retirer les jouets à batteries ou en plastique. J’ai mis plus de jouets dans le garde-robe et beaucoup moins dans la salle de jeu en libre-accès. En isolant les jouets, je gardais accès aux jouets avec toutes ces belles promesses de stimulation, tout en offrant une ambiance plus épurée aux enfants.

J’ai donc observé mes enfants, et j’ai remarqué chez eux les caractéristiques donc on parlait dans le livre qui m’avait inspiré: Simplicity parenting.

Ils jouaient plus longtemps. Ils se chicanaient moins. Et a ma grande surprise: ils se développaient tout aussi bien, en fait, ils ont connu des bonds au niveau de leur développement dans cette période la.

La deuxième phase
Nous avons acheté notre maison, et en déménageant, j’ai vite constaté qu’on avait vraiment trop de jouets. J’ai serré une grande partie au sous-sol. Un jour, j’ai ouvert les portes du garde-robe, et je me suis vraiment demandé, a quoi servaient ces jouets ?? Mon bébé apprenait a mettre dedans, même si le jouet pour mettre dedans était serré.

Je dois l’admettre ici: je suis privilégiée. J’ai étudié en développement de l’enfant, je peux vous pondre un plan de stimulation complet de toutes les sphères avec une branche et trois roches. Mais savez-vous quoi ? Je n’en ai pas besoin, la plupart du temps. Parce que mes enfants semblent savoir de façon innée ce dont ils ont besoin.

Que ce soit un jouet adapté ou une roche et un bol, le bébé va prendre ce qu’il a devant lui pour mettre devant. L’enfant va compter les roches, ses sous ou les jolis oursons à compter. Peu importe.

Nos enfants ont tout ce qu’il faut en eux pour se développer, ils ont surtout besoin d’un adulte présent et intéressé. Et ces jouets en trop sont un obstacle bien souvent. Ils nous volent du temps donc nos enfants ont besoin, alors qu’on les lave, range, et range encore…

J’ai constaté que oui, les jouets devant moi dans mes armoires étaient merveilleux, éducatifs, etc., mais que tant qu’on les laissait ici, loin des mains d’enfants, ils ne pouvaient pas accomplir leur mission. Je les ai tous donnés, pour qu’ils puissent servir à des enfants qui en avaient besoin.

J’ai constaté que beaucoup de jouets dits éducatifs étaient peu intéressants pour les enfants. Qu’ils y jouaient pour nous faire plaisir, davantage a la recherche d’une connexion avec nous que de ce jeu-là en particulier.

La troisième phase
Et dans les mois, années suivantes, chaque jour que mes enfants évoluaient, j’ai appris à me détacher des jouets. J’ai constaté leurs apprentissages, connecté avec leur monde. J’ai appris à les connaître. J’ai presque vidé mon rangement au sous-sol au complet, ne gardant que les jouets visant des âges variés ou des compétences vraiment ciblés ET amusant. Je n’ai pas gardé les jouets “bonne conscience”, comme les dizaines de jeux de société auquel on ne jouait pas, j’ai choisi de garder nos préférés.

En faisant mes choix, je modelais l’identité de notre famille. Nous voilà, nous sommes une famille qui aime jouer aux cartes, partir en promenade, lire des histoires…

J’ai fait la même chose avec les livres. J’ai gardé ceux qui signifiaient quelque chose pour notre famille, qui deviendraient les souvenirs de mes filles devenus adultes, ainsi que des livres utiles de références qu’on aime consulter. Et les autres, je les ai laissé partir… Pour le reste, nous allons a la bibliothèque…

J’ai laissé partir les jouets qui ne nous rejoignaient pas, qui ne suscitaient pas l’envie de jouer. Qui ne donnadonn pas envie à mes enfants de partir quelques heures dans un monde inventé.
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La quatrième phase: l’équilibreIMG_7768.jpg
J’ai maintenant, plus de jouets qu’a la phase 3. En fait, une fois toutes ces étapes franchies, j’ai l’impression d’avoir retrouvé l’équilibre. Nous avons moins de jouets que la majorité des gens, mais suffisamment de ceux qui intéressent nos enfants.  J’ai des jouets en bois géniaux, pis j’ai des jouets en plastiques qui rendent mes enfants heureux. Leur jouet préféré reste les tissus de soie d’ailleurs 😛

Ce n’est pas tant la quantité, la qualité, que la relation qu’on a avec ceux-ci.

J’ai une quantité de jouets qui nous convient.

Qui se range assez rapidement pour nous.

Qui permet à mes enfants de rester concentré sur leur jeu, sans papillonner d’un à l’autre.

Qui leur permet d’être disponibles pour jouer joyeusement (parfois, après la période de Noël, quand la quantité de jouets augmente un peu trop, je vois des comportements réapparaître, ils jouent moins, sont plus agités, etc.).

Aucun jouet n’est plus extraordinaire que l’enfant qui l’utilise. Je sais qu’ils ne sont qu’un outil, et non pas le moteur. Le moteur de ses apprentissages reste mon enfant.

Si vous avez envie d’en jaser, je vous invite sur mon groupe facebook: Épurer pour mieux jouer, vie de famille simplifiée 

 

 

4 Comments

  1. angiebabyplanet

    August 23, 2018 at 1:39 pm

    Très bon article.
    J ai commencé a épuré tout mon appartement. Les chambres de mes enfants y compris.
    Encore beaucoup de jouets chez mon grand, mais il y a une place a chaque chose et il y joue mieux depuis le tri.
    Ce n est que le début de notre cheminement.
    La prochaine étape : faire comprendre a notre entourage que la quantité ne vaut pas la peine, car à chaque fête c est à celui qui fera la plus. Et c est nous qui sommes surchargés après.

  2. Excellent article. Merci 😃

  3. Super article. Merci ! Je tente cela dans chez moi dans mon milieu familial et je crois que j’ai encore du travail à faire pour y arriver pleinement.

  4. J’aime beaucoup ce que tu dis ici “Aucun jouet n’est plus extraordinaire que l’enfant qui l’utilise.”
    Ma fille qui a une trisomie 21 a besoin d’un peu plus de stimulation pour la faire progresser, mais un jouet traditionnel dit éducatif n’a aucun succès avec elle . Par contre, donne-lui un bloc en bois ou une boîte de petit tissus et la voilà partie!

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