Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Month: January 2019

Au milieu de la tempête, je t’attends.

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Crédit photo: Lisa-Marie Savard

En trois semaines hospitalisée, j’ai souvent été étonnée de la météo montréalaise. Parfois il neige, mais la plupart du temps, ça semble se transformer rapidement en neige fondante même au cœur du mois de janvier.

Aujourd’hui c’est différent, la tempête que je guettais par la fenêtre depuis hier est maintenant la. Enceinte de tes sœurs, c’était l’automne que je surveillais par la fenêtre de ma chambre pendant les dernières semaines de ma grossesse. Je me reposait en fixant l’arbre, remarquant les feuilles au vent, leur changement de couleurs. Je les regardait tomber alors que mon ventre s’arrondissait et que leur naissance approchait, sans savoir quand exactement ça se produirait.

J’ai troqué l’automne pour l’hiver, ma chambre pour une chambre d’hôpital et l’incertitude du moment de l’accouchement pour une date de déclenchement.

Ce flottement entre deux monde par contre, reste le même. Me voila pleine d’un bébé que je ressent connaitre profondément avec la certitude qu’il est exactement ce qu’il dois être, alors que je ne l’ai jamais vu. Je n’ai jamais sentit la douceur de ta peau encore, mais je connais ta réaction a mes caresses, a ma voix. Je ne sait rien sur toi mais je sait tout alors qu’on est connecté ensemble de façon plus profonde que jamais pour quelques heures encore.

Je ferme les yeux, j’essaie d’imprimer dans ma mémoire chacune des sensations, chacun de tes mouvements. Je m’ancre dans le moment présent pour pouvoir mieux me souvenir de ce moment. Apres des mois ou être enceinte de toi fut la normalité, me voila a l’aube de redécouvrir la sensation d’un ventre vide.

Heureusement, il y a ce quatrième trimestre que je laisserai s’allonger, pour toi autant que pour moi. Il y a ces heures, ces semaines plutôt, ou nos corps seront tellement proches qu’on oubliera tout les deux parfois que tu n’es plus vraiment en moi. Mon corps continuera de te fournir les nutriments pour grandir, partager sa chaleur et tu pourras rythmé ton cœur aux battements du mien, jour et nuit.

mon bébé, dehors c’est la tempête, et me voila, qui t’attends.

Crédit photo: Lisa-Marie Savard

J’ai ce rêve pour mes enfants


Vu de l’extérieur, certains peuvent avoir l’impression que je choisit d’élever mes enfants dans une bulle. Effectivement, jour après jour, ils me voient faire des choix différents de la majorité pour mes enfants.

Si je les élèves dans une bulle, alors c’est une bulle de protection, de douceur, de confiance.. Un univers fait de choix réfléchis, refusant d’obéir aux automatismes dictés par la société. Ça peut être surprenant de me voir remettre en question des régles et choisir d’être l’exception, mais je fait ce choix jour après jour avec un seul objectif: favoriser leur épanouissement.

Parce que j’ai un rêve pour mes enfants.

Je choisis d’oser créer cet environnement pour mes enfants où je ne laisse pas pénétrer encore tout ce qui compose ce “monde réel” qui les entoure. Je tente d’offrir un espace de liberté où l’enfant peut évoluer sans ressentir la pression et l’influence des publicités, de la vulgarité, de la violence ordinaire entre autres. Il y a du beau dans notre monde, mais tellement de non-sens aussi.

Différents choix composent notre quotidien: l’absence de télé et autres écrans, le choix de répondre à leurs besoins (incluant la nuit) au-delà des normes établis, le choix d’une alimentation où les aliments commerciaux sont moins présents, ne pas les envoyer en garderie ou garder une horaire simplifié, non chargé etc, etc.

Dans mon rêve, les enfants vivent au gré d’un quotidien simple, joyeux, parfois chaotique, souvent doux. Ils s’essaient a cuisiner, rient pourchassé par un papa qui joue au monstre, écoutent des histoires de fées, passent des heures dans leur imaginaire et jouent avec un rien. Je veut les voir se passionner pour quelque chose et avoir le temps, vraiment. Je veut les voir se développer à leur rythme, en accord avec leur personnalité, leur style d’apprentissage propre, guidé par leur curiosité naturelle.

Ce n’est pas que je refuse totalement que mon enfant vive du stress ou des contraintes, c’est que je juge que celles imposées par le mode de vie proposé comme la normalité ne font pas toujours du sens. Ces normes sont en oppositions avec le rêve que j’ai pour eux.

Mon enfant n’est pas isolé, loin de là et il fait face comme tous les autres à des défis, des non, des peurs normales d’enfants… Il socialise d’ailleurs avec une variété impressionnante de personnes! (En l’espace d’une semaine, avant noël, mes enfants ont vus des personnes âgées à l’hôpital, chanter dans une chœur de noël improvisé avec un prête et d’autres personnes du quartier, en plus de leur cercle d’amis etc, etc.)

Goutte à goutte, alors qu’ils auront de plus en plus d’outils et de sens critique, mes enfants grandiront et découvriront davantage sur le monde qui les entoure. Déjà, mes grandes découvrent les normes sociales, parfois différentes de nos valeurs. Ce n’est pas un problème, je suis là pour les accompagner. Elles ont une bonne base et je suis confiante que c’est une autre étape qu’on franchira en famille, simplement. Mon rêve ne s’arrête pas à leur petite enfance.

Mais pour l’instant, quand je voit mes touts-petits jouer librement et joyeusement dans un petit univers où la bienveillance est la norme; je suis heureuse. Quand mon enfant inquiet me rejoint dans mon lit et se rendort rassuré, ça me gonfle le cœur d’amour. J’aime sincèrement regarder mes filles jouer ensemble pendant des heures, librement, le matin, alors que rien ne presse.

J’ai la chance de pouvoir leur offrir tout ça et ça me comble. C’est tout simple. Oui, vu de l’extérieur, mes enfants semblent parfois vivre dans une bulle, mais c’est une bulle d’amour. Une bulle de protection, pour leur donner la chance de vivre une enfance sans soucis, dans l’innocence. Une bulle de grand bonheur pour moi, d’en être témoin. Ce qu’ils sont m’émerveille chaque jour.

Au milieu d’un monde stressant, qui va trop vite, qui a trop de normes, trop de “listes à cocher”, me voilà, à refuser, remettre en question, questionner, tout ce qu’on dicte comme normalité en petite enfance. Me voila, à repenser l’enfance, pour mes enfants avant tout…

Parce que pour eux, j’ai un rêve…