Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Month: February 2019

La naissance de cette relation frère-sœur

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Elle venait d’avoir 4 ans, et pour la première fois elle était consciente de ce qui se préparait. Elle avait déjà une petite sœur oui, mais elle était si petite lors de la grossesse de celle-ci qu’elle n’avait pas vécu vraiment l’attente. Cette fois-ci, c’était différent. Elle savait ce qui s’en venait et ça l’intéressait grandement. Des centaines de fois, elle m’a demandé de lui lire le livre “Attendre un bébé.” Elle aimait comparer l’histoire à sa réalité, elle jugeait la taille de mon ventre, attendant qu’il devienne très très gros comme dépeint dans les illustrations du conte.

Plusieurs fois par jour, elle appuyait sa tête contre mon ventre et s’exclamait : “j’ai hâte de te voir bébé Laurent!” On lui répétait qu’il naîtrait après Noël et avant la fête de papa. Oh, elle l’attendait tellement!

Elle aimait particulièrement reproduire les scènes du livre: m’apporter mon repas au lit par exemple ou remarquer les étapes qu’on franchissait : « Nous aussi, on a une photo de bébé maintenant. ». Elle avait plié et rangé les vêtements destinés à son frère avec moi, avec grande attention d’ailleurs.

Le midi du 1er janvier, je n’étais pas en forme. Elle m’avait apporté mon dîner au lit. Elle et sa sœur me l’avaient apporté “en équipe” pour être précis. C’est comme une danse, un tandem synchronisé hasardeux ou chacune tient un côté d’une assiette et on espère que rien ne tombe. Je n’avais rien réussit à manger et elle l’avait remarqué. Je me souviens que papa lui avait répondu : ” Maman est fatiguée, elle n’as pas faim.”

1 heure plus tard, je quittais pour l’hôpital. Et je ne suis revenue dans la maison que 23 jours plus tard. Un bébé dans les bras.

C’est gros quand même, pour un enfant de 4 ans comme événements dans sa vie. S’adapter au départ, à la vie sans maman pendant trois semaines, puis au retour avec un nouveau membre de la famille en bonus.

Elle a aimé son petit frère dès la première seconde où elle l’as vue. C’était le soir, elle était fatiguée mais ses yeux ont brillés tout de suite « C’est Laurent ! ». Elle l’avait attendue. Et il étais enfin la.

Quelques jours après le début de notre vie à 7, elle a demandé pourquoi dans le livre, le bébé n’avait pas les traces laissés par des prise de sang au talon, et pourquoi il ne pleurait pas.  “Ils ont oubliés!”

(….)

Cinq semaines ont passés, et elle reste toujours aussi attentive à celui-ci. Elle est toujours prête à lui caresser les cheveux, chanter pour lui, et surtout « m’avertir » dès qu’il fait un son : « Maman! Le bébé veut du lait ! » « Maman, le bébé veut toi! »

J’ai surpris cette scène cette semaine, alors que bébé était déposé par terre, et qu’elle l’a collé par elle-même. De l’amour fraternel brut. J’ai tout de suite sentit que cette photo allait être importante: c’est les débuts d’une relation, leur relation, capté sur le vif.

Au rythme de l’enfance: notre routine quotidienne

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Dernièrement, nous avons beaucoup travaillé sur les rituels dans notre routine. Nous avons réfléchi davantage certains moments du quotidien pour leur donner une logique et surtout une constance d’un jour à l’autre.

J’avais plusieurs objectifs: Favoriser un déroulement en douceur sans avoir besoin de discipline, permettre aux enfants que ces moments soient prévisibles, utiliser la répétition pour faciliter les apprentissages liés a ces moments, trouver un équilibre dans la journée autant pour les enfants que les parents et rendre plus facile pour nous les adultes aussi de savoir quand telle ou telle chose sera faite et comment.

Je me suis inspirée de différents livres (voir liens à la fin du texte) et aussi de ce que nous faisions déjà et qui marchait bien. La routine au jour le jour est a un point qui me satisfait présentement, et mon prochain objectif est de m’attarder davantage a la routine de la semaine. J’aimerais attribuer des journées aux différentes activités qui reviennent (jour du pain, jour du conseil de famille par exemple) hebdomadairement pour aider les enfants a se situer dans la semaine et pour faciliter notre planification.

Charlotte (4 ans) est dans une phase ou elle s’intéresse beaucoup au temps et/ou avoir des repères dans sa journée est plus important pour elle. Elle a commencé à apprécier qu’on fasse un X sur le calendrier chaque jour et pouvoir voir ce qui s’en vient dans la semaine comme les rendez-vous notamment.

Bref, voici à quoi ça ressemble présentement une journée de semaine, principalement pour les 2 petites à la maison à temps plein (2 et 4 ans).

(Je parle au JE, mais présentement, papa en fait une grosse partie parce que je m’occupe du nouveau-né. Et il faut voir tout ça comme une version idéalisée du quotidien, dans les faits, on essaie de s’en rapprocher, mais il y a aussi la vraie vie.)

Les rituels tournent beaucoup autour des repas, comme ce sont des moments réguliers et déjà ancrés dans le quotidien, c’était logique de broder le reste autour de ceux-ci. C’est plus facile que d’essayer d’insérer des rituels dans la journée sans qu’ils aient de moment déjà routinier attaché à eux.

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Collation du matin
Au début de la collation, je récite une comptine qui inclus des gestes avec les doigts, la même chaque fois pendant quelque temps.  Étonnamment, ils ne se tannent pas de la répétition, ils sont fiers de le maîtriser de plus en plus. Ça les calme aussi d’avoir cette petite activité au début de la collation.

Théoriquement, on passe de la collation au jeu extérieur directement. Cet hiver on a dut réduire la fréquence de nos sorties vu les températures. J’aime bien, pendant qu’elles finissent leur collation, aller faire semblant d’habiller des enfants imaginaires en disposant leurs effets d’hiver sur le plancher comme si c’était sur des enfants. Ça les fait rire chaque fois.

Du dîner à la sieste
Juste avant le dîner, on va ranger un peu les jouets sortis pendant la matinée. Puis elles dînent, routine d’hygiène, et elles vont dans la chambre d’Alice avec un parent. Nous allumons une chandelle, et il y a une période de lecture. Notre façon de fonctionner ressemble à celle-ci: l’adulte lit quelques livres aux enfants, puis l’adulte lit un livre d’adulte qui l’intéresse en silence pendant que les enfants peuvent regarder leurs propres livres. En modelant le comportement de lire, ça les inspire habituellement à lire calmement. Je trouve ça vraiment agréable aussi, ça me donne un moment pour prendre le temps de lire. Et je trouve ça beau les voir calmes. Ensuite, on tombe dans la routine de sieste. Ma 4 ans va dans sa chambre faire des activités tranquilles, ma 2 ans dort.

Collation d’après-midi
Encore la même comptine, suivie généralement du bain cette fois-ci. Je trouve que donner le bain l’après-midi avant l’heure du souper aide vraiment beaucoup a avoir moins de stress rendu au soir.

Du souper au dodo
Après le souper, chaque enfant a une tâche (elles sont effectuées en rotations, j’ai une roue au mur pour déterminer la tâche du jour de chacun) qui tourne autour du repas. Bref, on ramasse la cuisine en famille. Les enfants vont se mettre en pyjama, brosser les dents. Elles peuvent jouer librement, faire un projet artistique ou un jeu en famille (elles aiment bien jouer à l’ogre, un jeu de poursuite avec un adulte qui fait l’ogre). Par contre, 45 minutes avant l’heure du dodo, on tombe aux jeux calmes. On allume une chandelle (j’aime les chandelles, ça transparaît dans ma journée ? :p), on tamise les lumières, on met de la musique plus douce et on s’installe au salon tous ensemble.. Les enfants peuvent alors lire, dessiner, jouer, mais on leur demande de choisir des jeux plus calmes pour ralentir le rythme doucement pendant +- 30 minutes. Ensuite, période de lecture dans la chambre et dodo.

Et sur un horaire plus “heure par heure” (bien qu’on suit davantage l’ordre que les heures)

Horaire d’un jour de semaine
(2 et 4 ans ont la maison)

6h30: Réveil et déjeuner, hygiène, habillement des petites et tournée des chambres en même temps.
7h30 – 9h: Jeux libres c’est le moment de la journée ou elles jouent naturellement le mieux ensemble sans conflits. Pendant ce temps, on fait les taches de la journée. Parfois elles aident.
9h-9h30: Jeu, livres, projet, art ou cuisine.
9h30: Routine de la collation – jeux extérieurs
11h: Jeu libre ou avec nous, livres, dessins ou préparation du dîner
12h: Routine du dîner et sieste
14h30: Réveil de la sieste, des câlins et souvent encore un livre.
15h: Routine de la collation d’après-midi
16h: Jeux, bricolages, livres ou jeu libre, préparation du souper.
17h: Routine du souper
19h30: Dodo

Les périodes de jeux varient selon leurs intérêts du moment, les saisons, etc.
Présentement, a 2 et 4 ans, il y a beaucoup de chansons, de comptines, d’histoires avec ou sans livres, de peinture, d’activités sensorielles et de jeux imaginaires. Charlotte apprécie certains cahiers d’activités et on a introduit raconte-moi les sons récemment a sa demande..

Aussi, elles vont beaucoup participer aux préparations des repas et autres activités du quotidien parce qu’elles aiment vraiment ça.

Bref, voilà où ça en est présentement. J’aimera ajouter différentes comptines à des endroits stratégiques dans la maison pour les lier à certains moments de la routine aussi, un jour 🙂

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Voici pourquoi je n’achèterai aucun jouet en 2019.

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Je suis la mère de cinq enfants entre 0 et 9 ans et
en 2019 je n’achèterai aucun jouet.

Précisions : J’offrirai des cadeaux à noël et à leurs anniversaires comme d’habitude. Par contre, tout au long de l’année, je m’abstiendrai d’acheter des nouveaux jeux “sans raison”.

Vous savez ces achats de jeux et jouets pour nos enfants qu’on fait tout au long de l’année pour un éventail de raisons? C’est ce que je veut arrêter.

Je vois plusieurs avantages à ce choix principalement pour mes enfants et notre famille.
Pour moi, c’est la suite logique dans mon cheminement comme mère minimaliste
.

Premièrement, je veut leur permettre de vivre un noël encore plus magique. Je me souviens enfant de la frénésie à l’approche du seul moment de l’année où je recevais un cadeau. En donnant des cadeaux tout au long de l’année, on rends un peu moins spécial chaque fois l’effet de recevoir. En réduisant la fréquence des cadeaux, ils deviennent plus spéciaux, plus anticipés, plus appréciés.

Ensuite, posséder moins de jouets favorise le jeu. Plutôt que de passer d’un jouet à l’autre, les enfants jouent plus longuement et peuvent explorer toutes les possibilités d’un même jouet. Ils s’attachent davantage à leurs jouets et font plus attention à ceux-ci. 

Aussi, un des mauvais côté des nouveautés, c’est qu’on les pousse à délaisser du matériel avec lequel ils avaient pourtant encore du plaisir. Ils vont mettre de côté leurs jouets pour jouer avec la nouveauté, et ainsi de suite chaque fois… C’est un peu un mauvais pattern qu’on en vient à créer involontairement: ils se mettent a délaisser rapidement les jouets en attente de la prochaine nouveauté.. Je préfère les habituer à apprécier et profiter de matériel durable.

Ça permets également de réduire notre impact écologique. Pourquoi acheter alors qu’on possède déjà suffisamment? Ne pas acheter de jouet pendant an ne signifie pas que mes enfants n’auront plus de jouets du tout, mais plutôt que nous cultiverons davantage l’art de l’appréciation. Tout ce que nous avons déjà possède de la valeur. Tout ce que nous avons déjà est suffisant. Nous n’avons pas besoin d’acheter davantage. C’est une valeur importante pour moi à transmettre à mes enfants. 

J’ai été surprise de constater que ce n’est pas nécessairement facile de se défaire de l’habitude d’acheter. Comme parent, souvent, acheter devient une façon de prendre soin de son enfant. On peut reconnaître dans les jouets une réponse aux “faiblesses” autant qu’aux intérêts de nos enfants. 

Depuis janvier, il m’est déjà arrivé plusieurs fois de voir un jeu intéressant et de devoir me rappeler: je n’achète pas de jouets présentement. C’est même apaisant comme décision, je m’empêche de tomber dans des questionnements sur la valeur de tel ou tel jouet à la mode. La décision est déjà prise avant même qu’il tombe sous mes yeux.
Mes enfants n’ont besoin de rien. Le quotidien est suffisant et j’y crois profondément. J’en voit les résultats au quotidien d’ailleurs. Chaque fois qu’on a réduit la quantité de jouets, mes enfants ont joués plus calmement, plus profondément. 

Pourtant, j’ai encore ce réflexe de me demander si tel ou tel jouet est le bon. LE jouet qui changerait tout, qui est la clé d’un développement fabuleux, la réponse aux comportements “problématiques”. C’est une vieille croyance sur laquelle je dois encore travailler, celle d’accorder autant de valeurs aux jouets (surtout ceux dit “éducatifs”)

Rationnellement, au travers mon cheminement d’épuration sur plusieurs années, j’ai vu, compris, été témoin, que le développement de mes enfants ne nécessitait pas LE jouet mais que la différence se situait plutôt dans l’accompagnement. Malgré tout, chaque fois qu’un jouet est proposé sur mon fil d’actualité, j’ai encore cette sonnette d’alarme dans mon cerveau qui s’active : regarde comme c’est merveilleux, et si??

Comme avec les émotions, j’essaie de simplement reconnaître, puis laisser partir les réflexions que provoquent cette croyance. Je regarde le jouet, je me permets d’apprécier ses qualités, puis, je le laisse partir en me répétant que je n’ai besoin de rien. C’est d’autant plus facile de se créer des besoins en explorant différentes pédagogies qui donnent parfois envie de tout changer dans la salle de jeu!

Plutôt que de magasiner et choisir le bon jouet pour eux, j’ai envie de concentrer sur mon énergie à simplement être comme famille.  À notre dernier conseil de famille, nous avons d’ailleurs décidés d’acheter une nouvelle machine à coudre. Les grandes (et moi!) avons déjà pleins d’idées pour réutiliser du tissus pour fabriquer nos propres items zéro déchet.

Ah et, cette année, en osant repousser les “besoins” de quelques mois, j’aurai probablement de la facilité à trouver des jouets réellement appréciés comme cadeaux. Quand on y pense, c’est assez rare qu’un nouveau jouet soit réellement nécessaire immédiatement. Elles recevront des cadeaux sélectionnés, désirés spécialement pour elles tout au long de l’année plutôt que de ceux trouvés en décembre juste “parce que”.

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Bref, je suis la mère de cinq enfants et cette année je n’achèterai pas de jouets. Ni de livres d’ailleurs (vive la bibliothèque). Ni de cahiers de jeux (il faudrait bien finit ceux qu’on possède déjà!) Et je suis convaincue que ce sera bénéfique pour notre famille.

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