Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Month: March 2019

Mes livres préférés sur la parentalité bienveillante

J’aime lire. J’aime encore davantage les livres au sujet des enfants, de la parentalité, des pédagogies etc. J’ai dut lire une cinquantaine voir plus de livres sur le sujet, sans exagération. Je réfléchissait depuis longtemps a l’idée de vous parler de mes lectures sur le blog, afin que vous puissiez aussi vous inspirer. Je commence ce mois-ci avec certains de mes titres préférés tournant autour de la parentalité bienveillante, d’autres thématiques suivront chaque mois.


La discipline positive par Jane Nelsen  c’est un des livres de base à lire absolument si on veut bien comprendre la discipline positive. Il explique tout, les besoins, l’importance de miser sur la relation avec l’enfant, l’effet des punitions… Il va en profondeur dans les explications et propose plusieurs outils pour vivre bien en famille.


Ce livre a été une révélation pour moi quand je l’ai lu la première fois. Il est axé davantage sur l’environnement que la bienveillance en tant que telle, mais je crois que les deux vont ensemble. Il propose une approche inspirée de la pédagogie Waldorf, qui prône plusieurs actions pour que le quotidien de nos enfants réponde mieux à leurs besoins. Bref, il nous inspire à aspirer à une vie plus simple pour notre famille. C’est un livre qui parle entre autres de comment simplifier les jouets de nos enfants et c’est clairement LA ressource pour débuter en ce sens.

Ce livre à mi-chemin entre un roman et un guide de discipline nous permets de suivre la quête de mères décidés à appliquer les principes de l’éducation dite positive. Elles suivent des ateliers et font peu a peu des changements dans leur vie de parent.

Ce récit se veut réaliste et les erreurs de parcours et régressions y ont aussi leur place. Certains passages peuvent être choquants d’ailleurs parce qu’ils font référence à des pratiques dépassés. Par contre, c’est encourageant d’avoir un portrait normalisant les difficultés qu’on peut rencontrer lorsqu’on tente de changer notre façon de faire. C’est un livre anti-culpabilité et c’est la raison pourquoi il vaut la peine d’être lut.

Des mêmes auteurs, “Parler pour que les enfants écoutent et écouter pour que les enfants parlent” est un des premiers livres que j’ai lut sur la parentalité. Il existe maintenant plusieurs versions de ce livre. Fait amusant: une version “pour les tout-petits” a été écrite par… les enfants des auteures de la première version.

Ce livre regorge de façons concrètes d’intervenir, et c’est vraiment une bonne base pour le quotidien. Si vous n’avez qu’un livre à lire sur l’éducation des enfants, privilégiez celui-ci. J’utilise des techniques inspiré de celui-ci chaque jour et ça fonctionne vraiment!


Ce livre est axé principalement sur le jeu comme base d’intervention et il m’as émerveillé, simplement. Il révèle a quel point le jeu peut être utile dans toute sortes de situations, et comment l’utiliser comme parent pour répondre aux besoins de nos enfants et mieux les comprendre. (Pour tout dire: j’ai envie de le lire en vous en parlant)

Bonne lecture !

Plus que brasser: Intégrer les enfants dans la préparation des repas

Mes enfants aiment cuisiner. Ils se tirent une chaise près du comptoir et demandent à participer régulièrement.

  • C’est logique que préparer les repas attirent les enfants puisque c’est une action répétée par les parents plusieurs fois par jour devant eux. Et c’est tellement plein de sens pour leur développement que de leur laisser une place à nos côtés. Il m’est arrivé de chercher des façons de les intégrer, mais tout ce que je trouvais se résumait à: les faire brasser. Pourtant, dès 2-3 ans, mes enfants se montrent capables de plusieurs techniques simples pour participer à la préparation des repas. J’avais envie de compiler une liste d’idées d’actions accessibles aux petits, de techniques qu’ils peuvent réaliser avec puis sans aide pour qu’ils sentent qu’ils participent “pour de vraie”.

    Intégrer les enfants dans la préparation des aliments, c’est leur donner accès à:

    – Une activité sensorielle remplie de sensations
    – Une activité qui touche au développement du langage (tant de verbes d’action différents, de qualificatifs, de vocabulaire tournent autour de la cuisine)
    – Une activité permettant d’avoir un objectif clair et de l’atteindre
    – Une activité permettant le sentiment d’appartenance, la fierté, l’estime de soi.. “Tiens, mangeons les carottes que J’AI coupées !”
    etc., etc.

    En prime, cuisiner c’est une tâche qu’on doit faire de toute façon, il suffit de faire quelques ajustements pour y intégrer les enfants.
Pour aider un enfant à être plus autonome dans la réalisation d’une recette: On attribue des collants aux différents éléments de mesure.

Des idées pour faire contribuer les enfants au repas:

-Faire un pâté chinois: Les enfants peuvent verser et étendre les différentes couches de mélanges (protéines, légumes, patates pilés).

Retirer les noyaux des cerises pour ensuite en faire une confiture.

Trier des petits fruits pour retirer ceux qui ne sont plus bons, avant la recette.


-Faire une sauce a spaghetti à partir de vraies tomates: Les enfants peuvent “éplucher” les tomates, dès 2-3 ans. (On utilise des tomates congelés entières, on les trempe dans l’eau tiède puis la peau glisse facilement.)


-Pétrir le pain: Mes enfants aiment pétrir le pain, c’est comme de la pâte
à modeler avec un but précis.


-Faire des boulettes: De viande ou végétales, les actions requises pour créer de petites boulettes sont accessible dès 3 ou 4 ans selon l’enfant.


-Faire une soupe, un sauté, une sauce ou des crudités: Les enfants peuvent couper les légumes avec des couteaux adaptés à leur âge.


-Paner: La plupart des enfants peuvent facilement rouler des légumes ou protéines dans la panure.


-Des œufs à la coque: Les enfants peuvent les écailler.


-Des crêpes: C’est un des premiers élément qu’ils apprennent à tourner dans la poêle, vu sa consistance c’est plus facile que bien d’autres choses.

-Assembler son sandwich, sa salade ou son tacos seul


– Préparer une compote ou une croustade aux fruits: l’enfant peut couper les fruits sans avoir à se soucier du format final.


– Pois chiches épicés: Mélanger les pois chiches à l’huile et épices avant de les étendre sur une plaque de cuisson.

-Utilisez le rouleau à pâte pour faire des pâtés ou de la pâte à pizza.


Évidemment, on évite de laisser les enfants manipuler de la viande crue (vive les recettes végé!) et on doit surveiller beaucoup pour le coté “mesures d’hygiènes” mais les petits apprennent vite quand ça les intéresse.

D’autres idées autour de la cuisine:
– Préparer un menu en famille pour une occasion spéciale.
– Inviter les enfants à créer une liste d’épicerie en découpant des images dans le publi-sac, puis demandez-leur de vous décrire leur visite à l’épicerie (et notez-le!)
– Louer des livres de recette pour les regarder ensemble, et choisissez en famille une recette
– Plusieurs idées d’apprentissage dans cet article: https://cinqminutespourjouer.com/2016/09/22/apprendre-naturellement-au-quotidien-dans-la-cuisine/

J’espère que mes idées vous inspireront 🙂

Peinturer avec les enfants: des trucs et des idées


J’en ai parlé dans l’article sur la routine hebdomadaire, nous faisons de la peinture au minimum une fois par semaine.

J’avais envie de vous expliquer comment j’organise la peinture avec des petits, comment se fait l’évolution au fil des années et aussi de vous partager des idées à implanter pendant cette activité.

Introduire la peinture

Mes enfants font généralement leur première peinture un peu avant un an. La première peinture est surtout une expérience de manipulation plus que de l’art. Je les installe par terre, en couche, et je les laisse explorer. Certains enfants vont glisser un doigt et laisser tomber, d’autres vont y patauger avec mains et pieds pendant des heures. C’est toujours intéressant d’y voir déjà des informations sur la personnalité de bébé.

Je propose ensuite de temps en temps de la peinture directement sur la tablette de chaise haute. Pourquoi directement sur la tablette? Parce que 1) le papier va transpercer parce que trop mouillé, ou mal manipulé et 2) ne pas gaspiller du papier, et permettre à l’enfant d’explorer sans devoir penser au nombre de feuilles utilisées. 3) Quand bébé commence à se tanner, je mets du produit naturel non toxique pour nettoyer la chaise haute, et bébé y patauge diluant les couleurs (et commençant à nettoyer ses mains en prime!)

Lorsque bébé grandit et commence à s’intéresser davantage à “laisser des traces*, je propose une feuille. Au début, je colle la feuille à la table avec du papier collant vert pour que ce soit plus facile pour lui, que la feuille n’ait pas tendance à bouger.

Tranquillement, je vais introduire aussi les séquences d’action liées à la peinture. Plutôt que de me préoccuper d’un résultat, je me concentre sur les techniques. On introduit l’eau pour tremper le pinceau, puis le tissu pour l’essuyer. Au début je n’utilise que de la gouache liquide puis plus tard la gouache en pain. Les premières fois ça prend énormément d’accompagnement mais c’est surprenant comment ils peuvent apprendre vite.


Une retaille de tissus coller pour faire le pot de fleur… On aime mélanger les éléments.

Des idées pour enrichir l’activité

  • Oubliez les dessins, peinturez avec une seule couleur et essayez plutôt de remplir la feuille sans laisser de blanc. En bonus: ça leur permet d’avoir un objectif, et de l’atteindre.
  • Introduire des pochoirs (fait maison en carton?)
  • Lire un livre pendant qu’ils peinturent. J’essaie d’avoir un lien entre l’histoire et la peinture en choisissant un conte utilisant beaucoup de mots liés aux couleurs, de verbes de mouvement ou de qualificatifs.
  • Écouter différents styles de musique en peinturant
  • Peinturer coucher sur le ventre par terre
  • Peinturer en tentant de reproduire un objet réel devant soi
  • Faire une peinture collective. L’utiliser ensuite comme fond pour un collage collectif
  • Peinturer en faisant des points avec des q-tips, ou faire des étampes avec bouchons de liège ou des moitiés de patates sculptées.
  • Peinturer sur un miroir
  • Peinturer une grande feuille pour en faire un décor pour jouer avec des figurines
  • Peinturer une boîte en carton ou autre 3d
  • Utilisez des éponges ou des rouleaux pour introduire de nouveaux mouvements.
  • Peinturer près d’eux en leur demandant de respecter votre feuille, pour les aider à apprendre à respecter la feuille de l’autre. Parfois j’accepte qu’ils peinturent avec moi (souvent!) mais parfois non, et je modèle la façon de faire.
  • Peinturer par dessus des feuilles d’automne ou autres éléments de la nature placés sur la feuille, puis les retirer pour observer la forme que ça laisse.
Cette banderole a été faite en peinturant avec de la glace sur de grandes feuilles récupérées, puis nous avons collé les feuilles ensemble pour ensuite y découper une banderole.

Je donne beaucoup d’idées, mais il ne faut pas faire l’erreur de toujours vouloir rendre ça spécial. Parfois on peinture juste. Parfois on teste des choses. En vieillissant. ils en viennent à faire des projets et à utiliser la peinture pour créer des résultats plus tangibles.

Le processus de l’enfant va souvent l’amener à mélanger, mélanger sur sa feuille, et finir avec du brun partout. Certains appellent ça le “brun préscolaire.” N’essayez pas de faire cadrer l’exploration de votre enfant dans un résultat. L’adulte ressent parfois le besoin que ça soit beau, que ça “vaille la peine” mais l’enfant vit dans le moment présent, il est occupé à être étonné de ce que chaque coup de pinceau supplémentaire va apporter. Ayez du plaisir et oubliez les modèles parfaits de Pinterest 🙂

La meilleure façon de faire pour que tranquillement, un jour, l’enfant converge vers un résultat plus travaillé? Montrer l’exemple. Plutôt que de donner rapidement 2-3 coups de peintures négligemment, parfois, prenez le temps de vous appliquer. Si vous n’aimez pas peinturer, ce n’est pas grave. Parfois c’est sa grande sœur douée en art qui va servir de modèle. Parfois c’est des images qu’il verra dans des livres.

Faites ce que vous aimez devant lui, ou des projets qui font du sens pour vous également. Vous pouvez peinturer en verbalisant, partageant vos projections, vos ressentis. Donnez leur accès à votre petite voix intérieur. Vous pouvez la faire dans le cadre de “vraies” projets aussi comme peinturer la galerie, ne vous limitez pas aux soleils et bonhommes, faites-le parce que ça vous tente et pas juste “parce qu’il faut.”

Finalement, plutôt que d’utiliser toutes les variations de “c’est beau!” comme compliment, vous pouvez tenter le compliment descriptif. Décrivez ce que vous voyez, percevez, l’enfant en sera souvent aussi ravi. “Wow! Tu as utilisé beaucoup d’orange!”

Bonne peinture!

Une peinture recouverte de “Mac Tac” pour ensuite y coller collectivement différents éléments…
Partagé avec sa permission: Cette idée viens de Marianne St-pierre qui a un groupe “Mon service de garde vert”. Elle fait bouillir des pelures d’oignons pour créer une peinture naturel, sans déchets..

Un article pour savoir comment réutiliser des crayons en fin de vie pour “peinturer”

Un article sur la peinture sur neige

Au rythme de l’enfance : Routine hebdomadaire

Après avoir travaillé sur la routine quotidienne, nous nous sommes penchés sur le rythme des semaines. Naturellement, certaines activités reviennent fréquemment au fil des semaines.

En leur attribuant une journée fixe:
– Nous aidons l’enfant à se repérer dans le temps et à savoir à quoi ressemblera sa journée.
– Nous facilitons l’organisation/planification de nos journées.
– Ça simplifie notre quotidien
– Nous faisons plus régulièrement ce qui fait du bien à notre famille et consolidons le sentiment d’appartenance en donnant des références à l’enfant “dans ma famille nous….”

Le dernier point est important, parce que l’objectif n’est jamais de nous mettre de la pression comme parent. C’est pourquoi nous choisissons des activités que nous faisons déjà et que nous apprécions. Il vaut mieux choisir des activités très simples afin d’être capable de les faire le jour prévu même s’il y a des imprévus. Ce n’est pas le moment de tenter de se convaincre qu’on fera de grands projets chaque jour, de toute façon la simplicité réponds aux besoins de l’enfant.

Bref, vos repères doivent représenter votre famille.

Les repères que nous avons choisis pour notre famille sont ceux-ci. C’est tout simple, j’ai commencé par réfléchir à ce que nous faisions régulièrement et à ce que nous aimerions faire plus régulièrement.

Journée commissions
Pour l’épicerie principalement. C’est une nécessité, alors c’est le premier que j’ai placé dans l’horaire.

Journée ménage et musique
Pourquoi musique? Pour y associer un côté qui nous représente. Nous adorons la musique! Nous créons le matin même une play list contenant les suggestions musicales de chacun et c’est dans cette ambiance joyeuse que chacun aide au ménage hebdomadaire

Journée pyjama
Une journée axée sur le repos où on ne sort pas de la maison/cour. C’est quelque chose que nous faisions déjà mais en le mettant à l’horaire, nous lui accordons plus d’importance.

Journée peinture
J’ai choisit de préciser peinture plutôt qu’art pour ne pas créer des attentes trop élevés de gros bricolage chaque semaine. On peinture, et le reste varie selon les semaines. Les enfants aiment beaucoup la peinture alors ça fait du sens, c’est une activité qu’ils demandent fréquemment. On ne refuse pas qu’ils en fassent les autres jours d’ailleurs ;).

Journée bibliothèque
C’est une activité que j’aime beaucoup, j’adore découvrir de nouveaux livres. Et nos enfants adorent lire. Ça nous permets d’emprunter moins de livres à la fois aussi en y allant souvent, on sait qu’on y retournera bientôt alors pas besoin de tout prendre chaque fois. On profite ainsi davantage des quelques livres que nous choisissons en les relisant plusieurs fois au cour de la semaine.

Journée pain
On y fait du pain pour la semaine. Parfois du pain au raisins. On prépare aussi la pâte à pizza d’avance. Les enfants aiment pétrir le pain, le voir gonfler et cuire.

Journée promenade / aventure
On sort dehors mais plus loin que les autres jours. Cette journée sera consacré aux aventures, aux sentiers de randonnée, et parfois à simplement un tour de la rue. On se laisse une marge de manœuvre pour les jours où partir à l’aventure sera plus difficile.

Une fois nos activités choisis, nous avons réfléchit à la façon logique de leur associer une journée. On fait le grand ménage avant l’épicerie, par exemple.

Ensuite, nous avons illustrés les journées sur le calendrier. Nous avons ajouté un petit dessin dans chaque case pour le mois à venir, permettant de voir l’activité du jour. Chaque matin, nous regardons le calendrier pour mettre un X sur la journée courante et planifier ce qui se passera aujourd’hui.

Voilà donc à quoi ressemble notre rythme hebdomadaire présentement.