Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Mois : août 2019

J’ai laissé mes enfants choisir les règles

Un des problèmes avec les règles c’est qu’elles ne sont pas toujours significatives pour l’enfant. Elles viennent de l’adulte à l’enfant de façon unidirectionnelle, plutôt que d’être ressentis comme appartenant à tous les membres de la famille.

Depuis plusieurs mois déjà, nous utilisons le concept des conseils de familles. Cette idée vient d’un livre de Jane Nelsen. En lisant ce dernier, j’ai d’ailleurs découvert qu’enfant j’ai été dans une classe testant son approche ;).

Le coeur des conseils de familles c’est que chacun puisse apporter son éclairage sur les situations vécus dans la famille, sans propos de jugements ou d’accusations. L’objectif c’est de nommer les besoins et trouver des solutions pour tous.

C’est avec cette vision en tête que j’ai eu envie d’aborder notre liste de règles. Inspiré par celle de @Teacher Tom (un de mes blogueurs anglais préféré), j’ai décidé d’adapter sa technique à ma famille.

C’est quoi dont une règle au juste?

À la base, c’est un choix commun avec un objectif en tête. On se rends compte que personne n’aime être tapé, on décide d’un commun accord de ne plus se taper les uns les autres. De la même façon que si personne n’aime manger tel plat, on risque de ne plus en faire. On bâtit l’identité de notre famille, une micro-société.

Mon objectif avec cette liste dont, c’est de les placer en position de pouvoir. Elles ont le pouvoir de déterminer ce qu’elles aiment, ce qui est dérangeant ou pas, et de donner leur opinion qui sera écouté.
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Le principe est simple: j’ai placé une feuille sur le tableau magnétique pour y inscrire nos règles. J’ai préparé des papiers permettant aux enfants de proposer des règles (avec aide pour les petits) et on s’est placé en position d’observation.

Quels comportements ne sont pas appréciés? Plutôt que de juste voir les cris et les colères, nous essayons d’identifier les sources.

Un des premiers éléments qui est ressorti: le respect de la bulle. À l’heure du dîner, j’ai sondé les enfants : “Tel règle as été proposé, comment vous sentez-vous par rapport à cette situation?”

Nous avons rapidement constaté que tous les enfants avaient ce besoin de sentir que les autres respectaient leur bulle. Il est intéressant de noter que chacun a sa propre perception de sa bulle. C’est d’un commun accord que la règle a été accepté et noté.

Une autre règle proposé : fermer la porte de dehors pour éviter les mouches. Deux de nos enfants ont peurs de ces insectes volants et ont demandé cet ajout. La fois suivante, quand la porte est resté ouverte, j’ai nommé à Charlotte : ” Oh, tu te rappelles de la règle que nous avons décidé à propos de la porte?” Elle est revenue en courant, souriante pour la fermer.

Nos enfants sont en train de bâtir leur propre code de vie, d’apprendre à vivre ensemble et c’est vraiment intéressant à voir. Nous avons choisis de mettre les règles au fur et à mesures des incidents, la liste reste toujours ouverte. Ainsi, ça devient vraiment significatif parce que chaque règle a une histoire, des émotions exprimés expliquant son choix.

C’est un nous qui parle plutôt qu’un “je”, et l’enfant sent que la règle lui appartient tout autant qu’aux autres membres de la famille.

Bref, ça redonne du pouvoir à l’enfant. Ça redonne du sens aux règles. Gagnant-Gagnant.

Voici pourquoi j’insiste pour que tu déposes ton téléphone.

La réponse courte : pour les enfants. Que ce soit les miens, les tiens, les nôtres…

Je sais que c’est une discussion délicate à avoir en 2019, que c’est dans l’ère du temps et que je ne suis pas parfaite non plus. Qu’il semble que les limites soient encore à définir alors que les possibilités sont de plus en plus nombreuses à partir d’un écran tenant dans notre main.

S’il te plaît, lis moi jusqu’au bout. Je veux te témoigner ce que je vois, ce qui m’inquiète, ce que je vit.

J’ai envie de te parler des fois où tu commences un moment de la routine, qu’il s’éternise et que tu décroches ton téléphone parce que c’est long, longtemps. Pendant qu’ils brossent leurs dents ou finissent leur repas. Tu veux simplement te distraire.

Surtout, de ce qui arrive ensuite : ils partent de la table sans que tu ait remarqué qu’ils n’ont pas mené la routine jusqu’au bout et laissé traîner leur bol. Tu interviens mais déjà un peu trop tard, en réaction plutôt qu’en pro-action. Des reproches plutôt qu’un accompagnement.

Distrait.

J’ai envie de te parler des fois où les enfants jouent calmement et tes yeux suivent le fil d’actualité. Soudainement, une chicane éclate, au moment où tu lève ton regard il est déjà trop tard. Bien sûr, tu peux chicaner mais difficile de trouver des solutions quand tu n’as pas suivi le fil de la situation. Qui a commencé? Quels étaient les signe avant-coureurs?

Absorbé.

J’ai envie de te parler des fois où tu regarde Pinterest en t’abreuvant des réussites des autres jusqu’à ce que tes enfants agissent de façon dérangeante pour t’en tirer. De la conclusion trop rapide que ton cerveau tire alors: leur éducation c’est un échec. Faisant fit du bon, que tu n’as pas vu aveuglé par celui des autres. Parce qu’après tout, c’est parce qu’ils jouaient tranquillement que tu as eu l’occasion d’étancher ta soif de l’Internet.

Envieuse.

Oh, et je veux te parler de quelque chose que tu as probablement déjà remarqué. Tes enfants cherchent ton attention. Quand ils ne la trouvent pas dans le format désiré, ils se comportement mal. Et quand ils se comportent mal, je te voit plonger à la recherche de la solution. Sur cette écran des possibilités.

Cercle vicieux.

Tu doutes. C’est ce qui m’inquiète le plus. À force de t’abreuver de tout ce qui se fait, tu oublies ce que tu es. Bien sûr, il y a des idées mais n’oublie pas ton instinct. Quand tu es dans l’agitation, passant de la technique d’une blogueuse à une autre, tes enfants perdent leur repères et s’agitent. Concluant que tu n’as pas trouvé la bonne, tu change encore, ébranlant de nouveau leurs bases.

Trop d’informations.

(….)

Oh, je ne te fait pas la morale. Je voit le bon aussi, la possibilité d’avoir du support 24/24, de t’ouvrir à d’autres personnes comme toi, de découvrir des techniques qui vont réellement aider. Le problème n’est pas la technologie, ce téléphone est merveilleux. C’est l’abondance, le wifi, les données 24/24.

Tout ce que je veux t’expliquer c’est que, mon amie, mon conjoint, ma soeur, je pense que tu devrais lâcher un peu ton cell.

Fais-le pour les enfants.
et pour toi, aussi.

❤️

🌞 Le truc du décompte (10 secondes)

Pour répéter moins et avoir plus de collaboration au quotidien. Très utile avec les 2-5 ans.

L’idée est simple : après une demande, je compte dans ma tête. Je lui laisse 10 secondes pour intégrer ce que je lui ai dit et y répondre/prendre action (ce qui ne signifie pas obéir, la nuance est importante).

Ça m’arrive régulièrement d’avoir l’impression que mon enfant “n’écoute pas”, mais c’est simplement qu’il met un peu plus de temps à se décider. Plus d’une fois, elle restait immobile et à la seconde 5 ou 7, elle était bien joyeuse de répondre à ma demande…

Choisir un chiffre fixe possède plusieurs avantages :

🌞 j’évite d’être dans l’attente négative, plutôt que la pression monte, je compte en respirant calmement. Compter me garde en action et ça évite une escalade.

🌞 j’évite de répéter et répéter ou dire quelque chose sans le mener au bout. Je ne donne pas une consigne pour ensuite partir faire autre chose, je demeure disponible pour accompagner.

🌞 du même coup elle prends l’habitude d’être réactive à ce que je dit (et vice-versa). Elle sait qu’il y a toujours une suite.

🌞 Et à long terme, ça m’amène à réfléchir davantage avant de poser une demande. Pas de demande en l’air, je les garde pour ce qui compte vraiment (et que je vais avoir l’énergie de gérer jusqu’à la fin)

Il n’y a pas de menace, le 10 secondes c’est un outil que j’utilise pour moi, pour me rappeler de lui laisser le temps de procéder l’information. Je compte dans ma tête, pas à voix haute. Pour me donner le temps aussi de ne pas être dans la réaction. Pour réfléchir à ce que je ferai ensuite.

🌞 Qu’est-ce qui se passe à 10?

Je fait un suivi, j’aide, je propose une autre approche, je réponds au besoin qui fait obstacle à sa disponibilité, j’enchaîne avec la conséquence logique (qui n’est pas une punition, la nuance est importante!).. il n’y a pas qu’une réponse parce que ça dépend de la situation.

L’important c’est qu’il se passe quelque chose, que l’échange se fasse plutôt que de lancer des lignes constamment sans suivi. C’est dans ce 10 secondes qu’on peut réellement changer la dynamique avec nos enfants.