Cinq minutes pour jouer - Zoé L-Sirois

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Mois : avril 2020 (page 1 de 4)

Plus ils ont de jouets, moins les enfants jouent ?!? / Le jour où j’ai vidé ma salle de jeu.

Un jour, je me suis sentie envahie par les jouets.

Je vous en parle parce que le 1 mai est le jour 1 du défi 7 jours Épurer pour mieux jouer. Cependant, cette publication est pertinente même si vous ne pensez pas vous y inscrire ;).

Sans m’en rendre compte, au fil du temps, j’avais accumulé des objets comme tout le monde. Un jouet censé être la clé de telle habileté. Un autre pour travailler cela. Un nouvel objet semblait être la solution à chaque situation qui se présentait.

La réponse semblait toujours externe. Il manquait toujours quelque chose.

Au bout d’un moment, ça devient difficile à organiser. Alors je vais au Ikea, j’achète des meubles, des bacs. C’est possible évidemment de garder une maison pleine organisée.

Mais ça prends du temps. Mais ça augmente subtilement ton niveau de stress. Ça devient lourd même.

À un moment, j’ai l’impression que mon ménage quotidien repose essentiellement sur le déplacement des jouets, leur entretien, leur présentation. Remettre à leur place. Faire la rotation. Chaque jour. Constamment. Parce que mes enfants, ils ne jouent pas bien.

La vérité c’est qu’on se perds un peu dans l’abondance. Les enfants éparpillent plutôt que de jouer. Ils vident les bacs. Ils jouent de façon distraite, passant d’un jeu à l’autre.

C’est qu’il y a plusieurs années, j’étais convaincue que mes enfants avaient besoin de plus, toujours plus. Des jouets les plus éducatifs. Des jouets les plus bruyants, lumineux, stimulants. J’étais heureuse quand je réussissais à mettre la main sur un jouet lumineux et sonore qui faisait plein d’affaires.

L’erreur principale que je faisais à ce moment? Croire ce que les fabricants, l’industrie nous laissait croire. Ton bébé a besoin d’une machine complexe qui fait du bruit pour apprendre à mettre dedans (Spoiler: Ton bébé n’as pas besoin de jouets contenant des batteries) . Croire que plus un jouet est animé, plus il a de fonctions, plus il permet le développement de bébé.

Je faisais l’erreur, à cette époque, de négliger le fait que l’enfant est le principal agent de son développement. Que le quotidien est stimulant. Qu’expérimenter, vraiment librement, plutôt que de devoir se limiter à des schémas imposés par des jouets, était la meilleure façon de se développer.

Un jour, j’ai ramassé tout mon plastique, et j’ai fait une annonce sur kijiji: gros lot de jouets à donner. J’ai donné l’exerciseur, en même temps. À cette période, mes lectures sur les pédagogies alternatives m’avaient conduite vers les jouets en bois, et les jouets dits éducatifs. J’ai découvert aussi la motricité libre (la raison du départ de l’exerciseur!)

L’étape suivante, que j’ai vécu, ça as été de tout remplacer par des jouets en bois. C’était un bon départ, assurément, mais ce n’était pas encore la fin de mon cheminement.

Déjà, j’ai vu une différence avec mes enfants: Ils jouaient plus longtemps. Ils se chicanaient moins. Et à ma grande surprise: ils se développaient tout aussi bien, en fait, ils ont connu des bonds au niveau de leur développement dans cette période la.

En observant mes enfants, je me rendis compte de quelque chose qui est souvent raconté de façon anecdotique: Que ce soit un jouet adapté ou une roche et un bol, le bébé va prendre ce qu’il a devant lui pour mettre devant. L’enfant va compter les roches, ses sous ou les jolis oursons à compter. Peu importe.

Nos enfants ont tout ce qu’il faut en eux pour se développer, ils ont surtout besoin d’un adulte présent et intéressé. Et ces jouets en trop sont un obstacle bien souvent. Ils nous volent du temps donc nos enfants ont besoin, alors qu’on les lave, range, et range encore…

Et puis, j’ai traversé une troisième et quatrième phase..

Et dans les mois et années suivantes, chaque jour que mes enfants évoluaient, j’ai appris à me détacher des jouets. J’ai constaté leurs apprentissages, connecté avec leur monde. J’ai appris à les connaître. J’ai presque vidé mon armoire de rotation au complet, ne gardant que les jouets visant des âges variés ou des compétences vraiment ciblés et amusant. Je n’ai pas gardé les jouets “bonne conscience”, comme les dizaines de jeux de société auquel on ne jouait pas, j’ai choisi de garder nos préférés.

En faisant mes choix, je modelais l’identité de notre famille. Nous voilà, nous sommes une famille qui aime jouer aux cartes, partir en promenade, lire des histoires…

Jusqu’à atteindre l’équilibre.
J’aime les jouets. Vous pourriez avoir eu l’impression contraire mais j’aime les beaux jouets, les découvrir, expérimenter, les présenter aux enfants et les voir les utiliser. J’ai découvert aussi au fil du temps que ce qui faisait la qualité d’un jouet était différent de ce que j’avais cru au départ.

Nous avons moins de jouets que la majorité des gens, mais suffisamment de ceux qui intéressent nos enfants. 

J’ai de beaux jouets en bois et des des jouets en plastiques, je ne suis pas tout-un ou tout l’autre.

Ce n’est pas tant la quantité, la qualité, que la relation qu’on a avec ceux-ci.

J’ai une quantité de jouets qui nous convient.

Qui se range assez rapidement pour nous.

Qui permet à mes enfants de rester concentré sur leur jeu, sans papillonner d’un à l’autre.

Qui leur permet d’être disponibles pour jouer joyeusement (parfois, après la période de Noël, quand la quantité de jouets augmente un peu trop, je vois des comportements réapparaître, ils jouent moins, sont plus agités, etc.).

Aucun jouet n’est plus extraordinaire que l’enfant qui l’utilise. Je sais qu’ils ne sont qu’un outil, et non pas le moteur. Le moteur de ses apprentissages reste mon enfant.

Pourquoi est-ce qu’avoir moins de jouets (et surtout, mieux choisir le matériel) fonctionne?

Bref, comme spécifié au début de la publication, le 1 mai, la troisième édition du défi 7 jours épurer pour mieux jouer aura lieu. Pour être encadré dans tes premiers pas vers l’épuration ou découvrir un peu plus en profondeur le concept des jouets “libres”, c’est un excellent départ pour ton cheminement.

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Voici pourquoi mes enfants n’ont pas à partager.

Je fais partie des parents qui ne croient pas au partage obligé.

Ça peut sembler surprenant à première vue: mes enfants ne sont jamais incités à “partager parce qu’on doit partager”.

  • Ils peuvent partager par choix parce qu’ils ressentent de l’empathie pour l’envie d’avoir de l’autre enfant.
  • Ils peuvent partager par choix parce qu’ils ont envie de jouer ensemble.
  • Ils peuvent se mettre d’accord sur le fait de séparer un jeu moitié-moitié ou utiliser une minuterie pour déterminer le rythme des tours parce qu’ils veulent jouer au même jeu.
  • Ils peuvent soumettre un problème au conseil familial s’ils sentent une injustice.
  • Ils peuvent avoir à gérer la déception qu’un jouet soit déjà prit (et je les aide à y faire face. )
  • Ils peuvent choisir de jouer pendant 1 heure avec un jeu, et refuser de partager si d’autres enfants veulent le même jeu. Ils ont le droit d’affirmer: “Présentement, j’aimerais jouer seul avec ce jeu.”

Pourquoi? Parce que je considère qu’il y a deux gros défauts au partage absolu.

1) Il limite le jeu
Plus l’enfant a du temps, plus le jeu devient profond et significatif. Si on demande toujours de changer après 5 minutes parce qu’un autre enfant veut le jouet, on entrave le déroulement du jeu; à long terme on l’habitue à limiter son attention à quelques minutes. Il reste en surface plutôt que d’aller au bout de ses idées.

2) On empêche l’enfant d’accéder à un partage plus significatif, choisi de plein gré.

Il partage parce qu’il n’a pas le choix et non par empathie, compréhension du désir de l’autre, envie de partager etc. On tombe dans la discipline de l’adulte vers l’enfant plutôt que de le laisser expérimenter les conséquences naturelles de ses gestes. On lui refuse le droit d’affirmer ses besoins, ses limites.

Aussi, partager par choix et recevoir la conséquence naturelle du plaisir de l’autre, du plaisir avec l’autre, c’est une richesse. Pour se faire, il faut absolument laisser le pouvoir de décider aux enfants.

De l’importance de gérer ses frustrations, de bâtir sa résilience.
Aussi, le partage forcé possède un défaut pour l’enfant qui reçoit. Pourquoi les adultes forcent le partage? Pour plein de bonnes raisons donc le désir d’ouvrir leur enfant à de belles valeurs, mais, aussi, pour ne pas gérer de déceptions. C’est vrai; nous n’avons pas envie que le petit pleure parce qu’il n’a pas son camion. Accepter que l’autre ait quelque chose qu’on n’ait pas, c’est difficile. Cependant, c’est nécessaire d’accueillir ses émotions et de les laisser être plutôt que de toujours chercher une solution.

Malgré tout, à force de modeler, de respecter aussi leurs désirs, le partage vient naturellement chez les enfants. Ils ont envie de partager lorsqu’on leur laisse la possibilité de choisir de le faire, ou non. Le rôle de l’adulte ici est d’accompagner. De nommer, possiblement, ce qui semble dériver un peu du cours normal des choses: “Je vois que…” “Je me demande.. ” De mettre en place une structure comme le conseil de famille ou de groupe pour que les enfants puissent discuter ensemble, trouver des règles qui leur conviennent.

Et c’est précieux, un partage qui vient du cœur. Le partage d’un enfant qui choisis de le faire parce qu’il souhaite réellement le faire. Parce qu’il en as expérimenté le bonheur.

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Des sœurs

À un moment, je me questionne sur la façon de gérer ces demandes dites exagérés. Certains diraient caprices. Je cherche l’équilibre entre tolérer la frustration et être reconnu dans ses besoins.

Elles, elles ne se posent pas de questions.

Si elle est triste parce qu’elle pense que sa moitié est moindre que sa soeur, celle-ci déclare :” j’en ai un de trop, je vais lui donner.”
Même chose pour le bol de la bonne couleur ou le plus grand verre.
Si elle échappe son verre de chocolat chaud, sa soeur propose de partager le sien.

Au début je craignais, je ne voulais pas que l’une d’elle donne tout sans recevoir. Ce n’est pas le cas, elles m’ont vite montrer qu’elles savaient tracer la ligne. Et j’ai appris à apprécier l’équilibre qu’elles réussissent à créer entre connaître ses besoins et être attentif à ceux des autres.

En temps de pandémie, quand chacun est un peu plus réactif, c’est une part de soleil dans la tempête.

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