Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Category: repenser

Repenser la stimulation au quotidien / Slow life et simplicité, une réponse naturelle aux besoins de l’enfant

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Je lis souvent, les parents, éducatrices, épuisées de leurs journées à force de ne jamais arrêter, et je voulais vous dire qu’il existe une autre façon de faire…

(…)

On a parfois l’impression que pour pouvoir combler tous les besoins des enfants, il faut absolument vivre dans un tourbillon constant, où l’adulte se place en tant qu’animateur de foule toujours prêt à offrir plus.

Plus de choix, plus de jouets, plus d’activités, plus d’animations, puis plus de décorations et ça ne finit plus. Le parent ou l’éducateur est souvent épuisé ou stressé à la fin de sa journée et l’enfant réagit à sa façon (souvent avec des comportements “négatifs”) à ce surplus de stimulis..

Il existe une alternative. Et si intégrer plus de lenteur et de simplicité dans nos journées était la réponse?

-Et si offrir moins avait du sens?-

Les enfants sont facilement émerveillées, et on peut avoir l’impression que c’est un signe qu’on doit constamment offrir de quoi les intéresser. Alors que si les enfants sont facilement émerveillés, intéressés, c’est plutôt le signe clair que peu est suffisant.

En fait, beaucoup de gens vous diraient même que peu, c’est mieux. Quand on offre un peu moins, moins de jouets, moins de “colle ici, dessine par là”, ce qui se produit c’est que l’enfant reprend sa place d’explorateur. Plutôt que de passer d’un jeu à l’autre de façon superficielle, il explore de différentes façons les mêmes blocs; les empiler, les faire tomber dans un bac de métal ou sur le plancher, les cacher, les emballer, les transporter dans ses mains ou un sac, etc…

Lorsqu’on offre moins, ça répond aussi au besoin de sécurité de l’enfant. Il se créer des repères, des habitudes, et ainsi il a l’impression de savoir davantage à quoi s’attendre. Moins de jouets oui, mais ça peut être aussi de varier un peu moins souvent les chansons qu’on chante, et laisser l’enfant se les approprier davantage. Au lieu de chercher sur Pinterest de nouvelles chansons, on peut simplement intégrer une chanson qu’on a entendu X et sa maman chanter lorsqu’on fera la ronde. Quel fierté et bonheur pour lui de reconnaître une partie de ce qui représente son quotidien avec maman, au service de garde…

La répétition est une clé pour l’enfant, c’est ce qui lui permet de vraiment saisir le monde qui l’entoure…

– Le temps n’a pas à passer vite –

Pour pouvoir explorer davantage, l’enfant a besoin de temps et d’un adulte qui ne considère pas qu’il “perd son temps” quand il utilise son énergie à une observation ou un jeu qui peut sembler ‘inutile”. Un adulte prêt à ralentir le rythme plutôt que d’imposer le sien à l’enfant. Prêt à oublier toutes ces croyances adultes sur “l’efficacité” quelques heures par jour…

Le “slow toute”, c’est refuser de se dire ‘je vais le faire ça va être plus rapide” quand l’enfant observe et semble intéressé à essayer. C’est prendre le temps, simplement, et accorder de la valeur aux intérêts de l’enfant. Ça peut être aussi d’attendre le bon moment avant de parler à un bébé concentré sur son jeu. Plutôt que d’interrompre son focus, on attendra une invitation comme un regard vers nous pour commenter ce qu’il fait.

– Offrir la bonne chose au bon moment –

Plutôt que d’être guidé par un thème fixe, je choisis d’être guidée par un intérêt sincère envers les enfants. En observant les enfants, en portant attention à leurs périodes sensibles d’apprentissage et en reconnaissant la valeur de “l’ordinaire”. Passer le balai seul sous sa place après avoir fait une activité salissante est aussi valable que n’importe quelle activité. Jouer dehors, trier les roches, sauter par dessus, passer en dessous, ce n’est pas “que” jouer dehors, et ça ne devrait pas être hiérarchisé moins important que tracer une ligne, au contraire.

L’enfant n’a pas besoin d’un monde de merveilles superficielles, le quotidien et ce qui l’entoure sont déjà merveilleux pour lui. Laissons les enfants s’émerveiller de ce qui est plutôt que de chercher à trouver mieux…

– Intégrer ces principes à la réalité –

Certains liront ceci et imagineront un monde de licornes et papillons où il n’y a pas les stress et contraintes habituels d’un service de garde. C’est faux, ici aussi on gère des pleurs de dents qui percent, des bébés qui s’ennuient de leurs parents et des 3 ans qui apprennent à partager difficilement: la différence c’est qu’on refuse de s’ajouter le stress que ça “brise” notre routine. Quand l’enfant pleure à 10h, c’est quelque chose d’important à gérer, et non un obstacle à faire l’activité à la mode sur Pinterest. Juste ça, ce changement de mindset permets d’être plus en accompagnement plutôt que de voir l’enfant comme un “dérangement” à l’ordre établi.

On prends alors le temps pour vrai, de régler chaque chose de la meilleure façon possible, car ça, c’est notre priorité.

On reconnaît qu’être bien, émotionnellement, physiquement, en sécurité, c’est ça la vraie base d’un développement sain. Ce n’est pas savoir tracer un A à deux ans. C’est plutôt savoir que le monde est bon, que nos besoins sont importants et que ce qui nous intéresse est valable.

De quoi ont besoin les enfants au préscolaire? 

D’avoir acquis des connaissances (sur soi-même, et le monde qui nous entoure) et compétences de base (gérer ses émotions, régler un conflit autant qu’utiliser son corps entier de différentes façons, reconnaître des odeurs, soulever… ). C’est ainsi que l’enfant naturellement va s’ouvrir au monde avec une curiosité, qui deviendra le moteur pour le motiver à apprendre et découvrir le monde qui l’entoure. C’est au travers de grandes périodes de jeu libres que l’enfant acquiert la plupart de ses compétences.

– Offrir moins n’as pas à égaler offrir rien-

Parfois, on a l’impression que choisir la simplicité c’est se contenter de regarder les fourmis 12 heures par jour, mais c’est bien tout le contraire… Si on aime réellement et notre groupe aussi faire de gros bricolages, alors on en fait. Pareille pour toutes les activités, la simplicité n’est pas un jugement sur ce qui est “bon” ou pas.

En fait, offrir moins c’est justement en arriver à avoir plus de temps pour faire plus de ce qu’on aime, de ce qui a du sens.

(……)

(…..)

8h30: mardi matin. Un bébé (plus fatigué ces jours-ci ) s’est endormi en portage dans mon dos, un autre joue par terre à mettre des blocs dans un bol de métal. Toc, Toc, les blocs résonnent au fond du bol, motivant l’enfant à recommencer pendant plusieurs minutes. Je l’observe, attendant une invitation tel un regard vers moi pour commenter ce qu’il fait. En attendant, je prends une note mentale de son intérêt du moment.

11h30: Je prépare le dîner quand une petite fille de 2 ans cherche à attirer mon attention. Je lui détaille ce que je prépare et l’invite à m’aider. Elle grimpe sur une chaise et m’aide à brasser un délicieux curry au lait de coco. Les odeurs sont magnifiques.

(….)

Bref.

Préparer une tourtière de millet et saisir l’occasion de pratiquer le mouvement de “rouler” avec le rouleau à pâte. Simplement.

 

Je lit souvent, les parents, éducatrices, épuisées de leurs journées à force de ne jamais arrêter, et je voulais vous dire qu'il existe une autre façon de faire…(…)Repenser la stimulation au quotidien / Slow life et simplicité, une réponse naturelle aux besoins de l'enfant.On a parfois l'impression que pour pouvoir combler tout les besoins des enfants, il faut absolument vivre dans un tourbillon constant, où l'adulte se place en tant qu'animateur de foule toujours prêt à offrir plus.Plus de choix, plus de jouets, plus d'activités, plus d'animations, puis plus de décorations et ça ne finit plus. Le parent ou l'éducateur est souvent épuisé ou stressé à la fin de sa journée et l'enfant réagit à sa façon (souvent avec des comportements "négatifs") à ce surplus de stimulis.. Il existe une alternative. Et si intégrer plus de lenteur et de simplicité dans nos journées était la réponse? -Et si offrir moins faisait du sens?-Les enfants sont facilement émerveillées, et on peut avoir l'impression que c'est un signe qu'on doit constamment offrir de quoi les intéresser. Alors que si les enfants sont facilement émerveillés, intéressés, c'est plutôt le signe clair que peu est suffisant.En fait, beaucoup de gens vous diraient même que peu, c'est mieux. Quand on offre un peu moins, moins de jouets, moins de "colle ici, dessine par là", ce qui se produit c'est que l'enfant reprends sa place d'explorateurs. Plutôt que de passer d'un jeu à l'autre de façon superficielle, il explore de différentes façons les mêmes blocs; les empiler, les faire tomber dans un bac de métal ou sur le plancher, les cacher, les emballer, les transporter dans ses mains ou un sac, etc… Lorsqu'on offre moins, ça réponds aussi au besoin de sécurité de l'enfant. Il se créer des repères, des habitudes, et ainsi il a l'impression de savoir davantage à quoi s'attendre. Moins de jouets oui, mais ça peut être aussi de varier un peu moins souvent les chansons qu'on chante, et laisser l'enfant se les approprier davantage. Au lieu de chercher sur Pinterest de nouvelles chansons, on peut simplement intégrer une chanson qu'on a entendu X et sa maman chanté lorsqu'on fera la ronde. Quel fierté et bonheur pour lui de reconnaître une partie de ce qui représente son quotidien avec maman, au service de garde…La répétition est une clé pour l'enfant, c'est ce qui lui permets de vraiment saisir le monde qui l'entoure… – Le temps n'as pas à passer vite -Pour pouvoir explorer davantage, l'enfant a besoin de temps et d'un adulte qui ne considère pas qu'il "perds son temps" quand il utilise son énergie à une observation ou un jeu qui peut sembler 'inutile". Un adulte prêt à ralentir le rythme plutôt que d'imposer le sien à l'enfant. À oublier toutes ces croyances adultes sur "l'efficacité" quelques heures par jour…Le "slow toute", c'est refuser de se dire 'je vais le faire ça va être plus rapide" quand l'enfant observe et semble intéressé à essayer. C'est prendre le temps, simplement et accorder de la valeur aux intérêts de l'enfant. Ça peut être aussi d'attendre le bon moment avant de parler à un bébé concentré sur son jeu. Plutôt que d'interrompre son focus, on attendra une invitation comme un regard vers nous pour commenter ce qu'il fait.- Offrir la bonne chose au bon moment -Plutôt que d'être guidé par un thème fixe, je choisit d'être guidée par un intérêt sincère envers les enfants. En observant les enfants, en portant attention à leurs périodes sensibles d'apprentissage et en reconnaissant la valeur de "l'ordinaire". Passer le balais seul sous sa place après avoir fait une activité salissante est aussi valable que n'importe quelle activitée. Jouer dehors, trier les roches, sauter par dessus, passer en dessous, ce n'est pas "que" jouer dehors, et ça ne devrait pas être hiérarchisé moins important que tracer une ligne, au contraire. L'enfant n'as pas besoin d'un monde de merveilles superficielles, le quotidien et ce qui l'entoure est déjà merveilleux pour lui. Laissons les enfants s'émerveiller de ce qui est plutôt que de chercher à trouver mieux…- Intégrer ces principes à la réalité -Certains liront ceci et imagineront un monde de licornes et papillons où il n'y a pas les stress et contraintes habituels d'un service de garde. C'est faux, ici aussi on gère des pleurs de dents qui percent, des bébés qui s'ennuient de leurs parents et des 3 ans qui apprennent à partager difficilement: la différence c'est qu'on refuse de s'ajouter le stress que ça "brise" notre routine. Quand l'enfant pleure à 10h, c'est quelque chose d'important à gérer, et non un obstacle à faire l'activité à la mode sur Pinterest. Juste ça, ce changement de mindset permets d'être plus en accompagnement plutôt que de voir l'enfant comme un "dérangement" à l'ordre établis.On prends alors le temps pour vraie, de régler chaque chose de la meilleure façon possible car ça, c'est notre priorité. On reconnaît qu'être bien, émotionnellement, physiquement, en sécurité, c'est ça la vraie base d'un développement sain. C'est pas savoir tracer un A à deux ans. C'est plutôt savoir que le monde est bon, que nos besoins sont importants et que ce qui nous intéresse est valable. De quoi ont besoins les enfants au préscolaire? D'avoir acquis des connaissances (sur soi-même, et le monde qui nous entoure) et compétences de base (gérer ses émotions, régler un conflit autant qu'utiliser son corps entiers de différentes façons, reconnaître des odeurs, soulever… ). C'est ainsi, que l'enfant naturellement va s'ouvrir au monde avec une curiosité, qui deviendra le moteur pour le motiver à apprendre et découvrir le monde qui l'entoure.- Offrir moins n'as pas à égaler offrir rien-Parfois, on a l'impression que choisir la simplicité c'est d'obliger à se contenter de regarder les fourmis 12 heures par jour mais c'est bien tout le contraire… Si on aime réellement et notre groupe aussi faire de gros bricolages, alors on en fait. Pareille pour toutes les activités, la simplicité n'est pas un jugement sur ce qui est "bon" ou pas. En fait, offrir moins c'est justement en arriver à avoir plus de temps pour faire plus de ce qu'on aime, de ce qui as du sens. (……)(…..)8h30: mardi matin. Un bébé (plus fatigué ces jours-ci ) s'est endormit en portage dans mon dos, un autre joue par terre à mettre des blocs dans un bol de métal. Toc, Toc, les blocs résonnent au fond du bol, motivant l'enfant à recommencer pendant plusieurs minutes. Je l'observe, attendant une invitation tel un regard vers moi pour commenter ce qu'il fait. En attendant, je prends une note mentale de son intérêt du moment. 11h30: Je prépare le dîner quand une petite fille de 2 ans cherche à attirer mon attention. Je lui détaille ce que je prépare et l'invite à m'aider. Elle grimpe sur une chaise et m'aide à brasser un délicieux curry au lait de coco. Les odeurs sont magnifiques.(….)Bref.Préparer une tourtière de millet et saisir l'occasion de pratiquer le mouvement de "rouler" avec le rouleau à pâte. Simplement.

Публикувахте от Cinq minutes pour jouer / Zoé L. Sirois в Неделя, 11 март 2018 г.

Dehors les bébés! 20 expériences extérieures stimulantes 0-2 ans.

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Accompagner le bébé ou le bambin, dans son développement global tout en étant dehors, c’est tout à fait possible. En fait, c’est même souhaitable, car l’extérieur regorge d’occasions de stimulation.. Ces activités sont toutes très simples, et plusieurs seront initiés par le bébé sans aucune intervention de votre part. Vous n’avez qu’à attendre une invitation de sa part (tel qu’un contact visuel) pour y ajouter votre grain de sel, en nommant, expliquant, racontant, chantant…  C’est en expérimentant, que l’enfant se développe.

Observer
– Les animaux, les insectes, les oiseaux, les humains, la vie du quartier (le camion poubelle, la construction). Les observer en mouvement. Associer chacun a l’endroit et la façon donc il se déplace. Faire des liens. Se créer des références.
– Les couleurs, textures, motifs des plantes, des fleurs, des roches.
– Des tissus colorés, un ballon suspendu qui bougent au vent. Attachés au-dessus d’eux, ou plus près du sol.
– Les enfants plus grands qui grimpent, font des culbutes, courent… Être inspiré.
– Des objets qui flottent et qui coulent dans un bac avec un peu d’eau. Découvrir la façon donc les jouets bougent dans l’eau, donc l’eau éclabousse lorsqu’on y dépose un jouet ou qu’on y tape.. Faire des liens de cause a effet, si je tape dans l’eau très fort, je reçois de l’eau au visage.

* Si le bébé ne se déplace pas seul, essayer de changer son point de vue de temps en temps en l’installant a différents endroits de la cour pour qu’il puisse observer de différents angles.

Ressentir
– Chatouiller doucement les pieds, le ventre avec des fleurs, différentes tiges ou petites plantes… Certains sont plus doux, d’autres plus rugueux. Laisser l’enfant nous le faire également.
– L’eau froide, les glaçons (faux glaçons en plastique, sécuritaires 😉 ) , l’eau tiède, la texture du gazon sec ou mouillé, du sable…
– Le vent chaud, froid sur la peau…
– Le poids du sable sur le pied qu’on vient d’enterrer. Aidez-les à cacher et trouver leur pied en jouant dans le sable.
– Marcher en tenant un tissus qui prends dans le vent, ressentir le “poids” du vent.

Entendre
– Les sons de la nature autour de lui. Au fil du temps, faire un lien entre “j’entends un sifflement” et “je vois un animal volant”.
– Suspendre un mobile qui bougera en faisant un son doux au rythme du vent.
– Laisser l’enfant expérimenter avec un bâton et différent type de matériel. Si je tape sur le sol, le son est différent de si je tape sur le dôme en métal.
– Le bruit du sable qui tombe dans un sceau en plastique, une roche dans un bol en métal, le bruit de l’eau lorsqu’elle sort d’un arrosoir vs d’un verre..

Sentir
– Créer un jardin de fines herbes et faire sentir les différentes herbes aux enfants.
– Prendre le temps de sentir les fleurs alors qu’on les nomme.
– Faire un bac d’eau et y mettre des citrons, ou des pelures d’oranges, ou un peu d’huile essentielle sécuritaire pour les enfants..
– L’odeur humide dans l’air juste après la pluie.

Expérimenter
– Remplir et vider un contenant avec du sable, des cocottes, de l’herbe….
Apprendre peu à peu que certains contenus sont plus lourds que d’autres. Qu’ils se renversent différemment.
– Utiliser une pelle de plus en plus efficacement. 
– Remplir un chariot, un bac et le transporter… Avoir un objectif simple et travailler pour l’atteindre (apporter le sable là-bas).
– Marcher sur une surface inégale, grimper, glisser… Apprendre a répartir son poids pour ne pas tomber chaque fois que le sol est en pente.
– Se déplacer dans un grand espace, courir, sauter…
– Ouvrir / fermer la porte de la maisonnette, s’y cacher, se trouver…
– Se promener ou tourner avec un ruban rythmique (fait maison 😉 ) et le voir s’envoler plus haut quand on va plus vite…

 

Quels sont les meilleurs jouets pour bébé? / Penser en terme d’actions et d’expériences

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Lorsqu’on fait notre premier tri pour devenir un milieu “épuré”, on a tendance à garder les jouets qui paraissent bien, qui semblent éducatifs. C’est rempli de bonne volonté évidemment, mais parfois, on se rend vite compte que certains objets choisis ne fonctionnent pas. Je vous partage donc une autre façon de voir les jouets qui vous aidera à mieux les sélectionner pour que les enfants (principalement les poupons) jouent avec eux, pour vraie.

(…)

D’ailleurs, quand on a un blogue sur le jeu, qu’on partage des photos de notre milieu régulièrement, une question qui revient souvent c’est : quel est LE jouet?

La question est simple et complexe à la fois. On ne peut nier qu’il existe des jouets meilleurs que d’autres, mais il existe une variété d’objets offrant la même expérience, et ce n’est pas uniquement des jouets.

Avant même d’offrir un jouet à son bébé, la base de son développement repose sur la possibilité d’avoir un lien affectif significatif avec les adultes (graduellement, ça passera d’un à plusieurs) qui prennent soin de lui.

Je tiens à le souligner ici : aucun jouet n’est meilleur pour le développement d’un jeune bébé que, par exemple, simplement faire partie du quotidien d’un adulte actif et intéressé (en porte bébé, dans les bras, dans une tour d’observation…)

(…)

Quand je prépare mon milieu pour des poupons, voilà les actions que j’essaie de favoriser par ma sélection de jeu. Ce sont toutes des actions que l’enfant cherchera à faire par lui même bien souvent et notre objectif est tout simplement de favoriser ces expériences en rendant le matériel disponible.

– Quelque chose qui fait du bruit quand on le remue.

Comme un simple hochet avec deux grelots. L’avantage ici d’opter pour un bruit naturel vs électronique, c’est de permettre au bébé de saisir les variations dans le son selon la force et vitesse qu’il utilise pour le remuer. Le bruit variera aussi s’il le laisse tomber par terre, par exemple. Chaque variable aidera notre bébé à mieux comprendre le monde qui l’entoure.

– Quelque chose qui permet de mettre dedans

Et éventuellement d’ouvrir et fermer le couvercle, lorsqu’il grandira..

Quelque chose pour se cacher, couvrir
Un tissu, une doudou.. simplement

– Quelque chose qui se transporte, qu’on peut emplir ou vider..

Des pots, paniers, sacs… Ça permet d’exploser des notions (dedans, dehors, vide, plein, à moi, à toi, etc).

– Quelque chose pour grimper dessus ou passer dessous à quatre pattes..

Que ce soit une chaise ou un escalier pour poupons..

– Quelque chose inspiré du quotidien qui a du sens
Des instruments de musique réels si on aime bien chanter, un arrosoir et des pots contenant graines et terre pendant la saison des semis, des tuques et mitaines pendant l’hiver peu importent.. Un objet que le bébé nous voit utiliser au quotidien bref.

– Quelque chose qui roule

Un ballon, bien souvent, simplement, des autos, ou des rouleaux en cartons épais.

– Quelque chose qui s’empile

De petit ou de gros, selon les moments..

– Quelque chose permettant de construire

Des cubes de bois neutres par exemple, parce qu’on peut les utiliser pour construire autant que pour remplir des pots..

– Des pots avec différentes grosseurs d’ouverture, des objets de différents poids

Pour travailler la motricité entre autres, apprendre à adapter notre façon de placer notre main pour saisir et mettre dedans…

– Quelque chose qu’on peut animer 
Des personnages et maisons par exemple: (ça peut être des bouts de bois aussi tsé !) Ici ce qu’on veut, c’est y aller pour des personnages neutres, pas de personnages commerciaux idéalement, puisqu’on veut que les enfants soient libres de jouer sans se sentir “pris dans le scénario” du modèle donné normalement par ledit personnage.– Quelque chose donc on peut prendre soin / reproduire ce qu’on voit
Une poupée ou un toutou, avec une doudou qui peut servir autant à couvrir, que de porte-bébés.. Une boîte ou un panier peut servir de lit.. Les poupons aiment beaucoup reproduire les séquences de “soins aux bébés”.

Etc..

Et surtout, un espace (en temps, en aménagement adapté) pour acquérir de l’autonomie, la vie pratique, dans le quotidien de la maison. Les petits ont besoin que les actions qu’ils posent aient du sens, autant que les adultes. Ils aiment aider pour vraie.

(…)
Ça semble beaucoup, mais selon notre budget, nos envies, tout ça peut être expérimenté avec uniquement des objets du quotidien, ou on peut y aller pour de beaux jouets…  Je vous conseille d’observer, et votre bébé vous montrera probablement les actions qu’il souhaite réaliser…

Déposer le bébé par terre / la motricité libre: Pourquoi c’est important et plus logique que n’importe où ailleurs.

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Ça semble assez simple comme geste : déposer le bébé par terre, idéalement sur le dos. Pourtant, plusieurs oppositions silencieuses risquent de surgir dans notre esprit, dont certaines qui ne reflètent aucunement pourtant les besoins de bébé. “Il va s’ennuyer” ou ‘ça a l’air plate, être couché là à ne rien faire. ” Et puis, il faut se le dire, on se sent un peu coupable parfois, de le laisser là par terre sans être activement en train de le stimuler.

Alors, pensant lui offrir plus de variétés (et se fiant à une logique d’adulte disant que plus de variétés c’est mieux), on va le promener de station en station. Il passera du temps debout dans l’exerciseur, du temps dans une balançoire, etc., etc. Chaque endroit aura probablement des sons, des lumières différentes, parce que pour le divertir on choisira ce qui semble le plus stimulant.

La normalité des enfants se crée au fil des jours, et sans s’en rendre compte, on conditionne nos bébés et leurs attentes… Évidemment, leurs caractéristiques personnelles influencent grandement le tout (je vous évite le cours de psychologie, mais disons que c’est un jeu de ping-pong bien souvent entre ce qu’on offre et comment il y répond, qui nous amène à offrir différemment), mais à la base, il reste que tout ça a une grande influence. Les bébés nés en 1990 et 2018 sont très semblables, mais ceux des années 90 jouaient à parler au téléphone alors qu’aujourd’hui les bébés cherchent à “swipper”. C’est normal, c’est ce dont ils sont témoins qui devient leur normalité.

Pour un bébé, à la base, tout est intéressant. Regarder longuement des feuilles qui bougent ou une scène quotidienne de la maison, c’est suffisant. C’est à force de se faire présenter ‘mieux” sous la forme de jouets très bruyants et flashs qu’il en fait sa nouvelle référence et se désintéresse un peu du reste. C’est que les feuilles d’arbres n’attirent plus autant son attention lorsqu’il s’est habitué à ce que tous les jouets chantent l’alphabet en projetant des lumières.

C’est la même chose pour la position. Lorsqu’on le fait constamment passer d’une position “imposée” à l’autre, il s’y habitue sans être capable de prendre cette position par lui-même. Parfois, ses muscles voir son corps n’est pas prêt à être dans cette position. Surtout, on le coupe de la possibilité d’évoluer à son rythme et de franchir les étapes selon l’ordre naturel des choses.

Les perceptions d’adulte (le besoin d’être “divertit) sont souvent ce qui nous pousse à leur donner plus que ce qu’ils demandent.

Un bébé posé par terre a une grande liberté. Sa curiosité sera le moteur de son développement. Il regarde autour de lui et les bruits naturels de la maison le pousseront à l’effort de tourner la tête de chaque côté. Tranquillement, au fur et à mesure qu’il évolue, il découvrira de nouveaux points de vue. Et un jour, il roulera, rampera, marchera, grimpera… C’est l’évolution telle qu’elle se produit, instinctivement chez le bébé…

De la même façon, si on a toujours marcher pour aller à l’école et été satisfaits de cet état, il se peut qu’avoir une auto nous rende soudainement insatisfaits du même chemin à pied, et qu’on préfère utiliser chaque jour l’auto même si on est bien capable d’y aller sans celle-ci.. 

Déposer bébé par terre : c’est lui faire confiance, c’est lui donner des possibilités, une liberté, répondre à ses besoins… C’est simplement logique. Les défis vont venir naturellement au fil du temps, selon son développement. Un jour il arrivera à ramper, et ne souhaitera plus rester en place et ça sera parfait puisqu’il sera capable de se déplacer lui-même…

La motricité libre, c’est empêcher le bébé de se créer des attentes qu’il ne peut combler seul. C’est répondre aux besoins de son corps entier en refusant de lui donner une position qu’il ne trouvera pas par lui-même (ce qui est une indice que son corps est prêt pour celle-ci).

Appliquer la motricité libre lorsque bébé a déjà expérimenté autre chose peut être délicat, mais il est possible d’y arriver. C’est important, je crois, de prendre le temps et d’aider les poupons à s’y adapter. Comme on le dit souvent: on fait de notre mieux jusqu’à ce qu’on connaisse une meilleure façon de faire.

La motricité libre et la stimulation ne sont pas des opposés
La différence entre la non-stimulation et la motricité libre réside dans l’intention. Il y a une grande différence entre laisser bébé par terre dans un environnement non favorable au développement,  ne pas lui porter d’attention et choisir de lui offrir un endroit sécuritaire et adapté a son développement. Il ne faut pas faire l’erreur de penser que laisser bébé par terre = laisser bébé par terre. La réflexion derrière le geste est importante.

Pour moi, la motricité libre s’inscrit dans une continuité d’outils que j’utilise avec mes bébés. Ainsi, ils alternent entre périodes en portage (ou ils bénéficient de sentir mes mouvements, renforcent leurs muscles, développe leur attachement), périodes de motricité libre et de jeu “libre” et périodes de stimulation plus classiques (par le massage, les comptines et autres). Par contre, je continue d’appliquer les principes de la motricité libre même lorsque nous sommes en activités, entre autres je ne place pas bébé assis ou debout sans qu’il prenne la position de lui-même.

Concrètement, comment ça prend place?

L’aménagement de l’environnement revêt une grande importance dans la motricité libre. On peut disposer par terre un miroir pour que bébé puisse se découvrir alors qu’il est au sol. J’utilise généralement simplement des doudous que je dispose à différents endroits au fil des jours (pour qu’il soit près de moi et qu’ils observent différents angles). Quand bébé est très petit et qu’il y a beaucoup d’action dans la maison, je préfère un parc par contre, le temps qu’il soit plus solide.  On peut y mettre 1 ou 2 jouets à sa hauteur. J’essaie toujours de placer les mobiles ou autres jouets visuels de façon à ce qu’il puisse détourner le regard s’il n’a pas envie de les regarder.

L’espace prévu pour bébé peut (doit) être aménagé pour favoriser son développement. En observant notre enfant, et en se renseignant sur le développement des différentes sphères, il est possible de mettre en place de petites choses très simples pour se faire. Souvent, on le fait naturellement, pas besoin d’un mini-gym à domicile, ce qui est disponible dans notre maison suffit bien souvent.

Finalement, dans ma routine quotidienne, il y a des moments où on le place dans cette espace, et il s’y plaît. D’ailleurs, c’est vraiment intéressant de voir l’évolution de son jeu au fil du temps. Il ne faut pas oublier que chaque jour, ses capacités et sa perception du monde changent un tout petit peu, faisant de chaque petite chose, une expérience merveilleuse et valable. Par exemple, depuis quelques semaines, le principal intérêt de Laurent c’était d’attraper et mâchouiller son hochet en bois suspendu. Aujourd’hui son intérêt s’est déplacé, il semble avoir découvert le filet du parc et l’explore avec ses mains.

En espérant vous avoir inspiré à découvrir cette vision du développement des bébés et pourquoi pas, ranger l’exerciseur et sortir une couverture à la place ?

Repenser le quotidien des bébés et touts-petits / Un monde d’alternatives

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Repenser le quotidien des bébés et tout-petits / un monde d’alternatives

C’est le thème de ma prochaine série d’articles. J’ai commencé à les écrire, et ils seront publiés peu à peu sur mon blog.

Le message que j’espère envoyer c’est: il y a une autre façon de faire, et j’ai envie de vous inviter à vous ouvrir à ces alternatives.

D’abord, oubliez les croyances ancrées en vous sur ce que doit être la vie avec un poupon, que ce soit à la maison ou en service de garde. On a souvent des images, avec lesquelles on a grandi, qui fait qu’on associe bébé a “sautille dans un exerciseur, à des jouets bruyants qui hurlent l’alphabet, pleure pour “s’habituer” (à dormir, à être par terre, etc.) ”

Maintenant, plus que jamais, un monde de possibilités, d’alternatives, s’ouvre alors qu’il est de plus en plus facile d’obtenir des informations sur la façon donc les bébés apprennent, s’attachent et se développent..

Bref, je veux vous rappeler, encore une fois, que faire différent c’est possible et accessible. Pis c’est pas mal joyeux, en prime.

Je partagerai donc avec vous sur ce sujet, au cours des prochaines semaines. Le minimaliste, la simplicité, le moment présent, les soins maternants, l’aménagement, les jouets, le jeu, le développement, la motricité libre… tous ces sujets seront abordés en lien avec les 0-2 ans principalement.

 

Endormir sans laisser pleurer, c’est possible en garderie aussi!

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Après 9 ou 12 mois dans les bras de maman, plusieurs bébés se retrouvent en service de garde et doivent faire face à une grosse adaptation : le quotidien loin de leur figure d’attachement principale. Cette adaptation peut prendre des proportions gigantesques si le milieu qui les prends en charge opte pour la politique du laisser-pleurer pour la sieste. Des alternatives sont possibles et je voulais vous les partager afin d’aider les éducatrices à la recherche d’une façon de mieux s’adapter à l’arrivée d’un bébé “materné”.

Pourquoi ne pas fermer la porte et laisser bébé pleurer simplement?

Premièrement, parce que ça ne fait aucun sens. Bébé est en recherche de repères, de sécurité et ce donc il a besoin c’est de créer des liens avec une nouvelle figure d’attachement en douceur. Lui envoyer le message que “ici tes besoins ne sont pas entendus”, c’est risquer d’affecter son sentiment de sécurité, de confiance envers l’adulte, bref les bases de son estime de soi.

Ne pas laisser pleurer, est-ce-que ça signifie avoir bébé dans les bras 8h par jour?

Non. Il y a des façons, des trucs, pour amener bébé à dormir et éventuellement à dormir son 1-2 heure sans interventions de l’adulte une fois endormi. En intégrant l’endormissement à la routine, on peut arriver à un moment où endormir se fera en quelques minutes et même éventuellement sans avoir besoin de la présence de l’adulte.

Des attentes réalistes

Selon le tempérament de bébé, l’adaptation sera plus ou moins longue. Ce n’est pas la faute des parents, et la pire erreur à faire est de demander aux parents de modifier leur façon de faire : si l’adaptation est longue parce que bébé est de tempérament plus anxieux, modifier son quotidien à la maison, donc ses repères, ne fera que rendre la situation plus difficile.

Il est possible qu’on doive modifier la routine temporairement afin de faciliter la sieste au début ou encore qu’on ait l’impression d’avoir une surcharge de travail, mais il ne faut pas oublier que ce sont des petits pas qui nous amènerons à l’objectif finale : une sieste paisible, sans pleurs.

Comment les parents peuvent collaborer?

1. En introduisant bébé à s’endormir de façons variés avant le début de la garderie. On endormira bébé en berçant en poussette, en automobile, en porte bébé, avec mamie, en chantant, dehors, en allaitant, dans la maison, dans un lieu animé etc… Ce qu’on cherche à faire ici, c’est d’éviter que bébé n’ait qu’une référence quant aux conditions pour s’endormir.

2. En acceptant la routine un peu chaotique du début. Parfois bébé s’endormira plus tard que prévu pour la sieste, parfois ça affectera son horaire, vaut mieux être zen et comprendre que c’est temporaire… Souriez et soyez heureux et n’oubliez pas le principe de la hiérarchie des priorités (voir plus bas).

3. En étant positif avec bébé quand ils parlent de la situation de garde.
Si vous êtes incapable de vous imaginer le laisser en service de garde, ne le faites pas. Votre bébé se fit à vous, et s’il sent une réticence, il en sera affecté. Soyez positif, parlez-lui des avantages de la nouvelle situation (et faites-lui vivre). Souvent, les parents en congé sont détendus et au retour du travail, la pression et la routine les rends stressés… Il est difficile pour votre bébé de faire une association positive avec le fait d’aller à la garderie dans ses conditions.

Surtout, n’envoyez jamais votre enfant à un endroit si vous n’êtes pas à l’aise pour une raison ou une autre. Votre enfant le sentira et son comportement en sera affecté.

4. En acceptant que ce soit différent de la maison. Si vous faites confiance à votre éducatrice et qu’il est clairement établis que laisser pleurer bébé n’est pas une option, pour le reste laissez-la choisir sa méthode et faites lui confiance. Vous serez peut être surpris de la façon donc il s’endort, surtout si ça ne marche pas à la maison. C’est simplement que bébé s’adapte à la réalité de chaque endroit.

Le principe de la hiérarchie des priorités et le sommeil

Qu’est-ce qui est le plus important, dans votre situation? L’heure à laquelle bébé dort ou l’endroit? La rapidité d’endormissement puisque vous avez un groupe de poupons et avez besoin de trouver une solution qui fonctionnera pour avoir le temps de les endormir tous?

La première priorité sera probablement que bébé dorme suffisamment pour être en forme. Pour le reste, ça dépends de votre réalité, de votre groupe, de vos attentes et celles des parents. Prenez le temps d’y penser car cette hiérarchie sera importante pour choisir votre méthode.

Il serait irréaliste de s’attendre à ce que bébé intègre tout dès le premier jour, c’est pourquoi savoir ce qu’on veut en premier aide beaucoup.

Trouver la balance entre constance et flexibilité

Bébé arrive avec un bagage : il sait comment s’endormir fonctionne chez maman, chez mamie aussi peut-être ou en sortie mais n’as aucune idée de ce qui l’attends chez vous. C’est un avantage qu’il ne faut pas gaspiller en faisant l’erreur de vouloir absolument reproduire ce qui se passe chez les parents, si ce n’est pas réaliste dans le contexte de votre milieu.

Dès le premier jour, vous avez la possibilité de poser les bases de ce qu’il verra comme étant la normalité de la garderie. C’est ici que le deuxième point de votre hiérarchie est important : ce point sera respecté dès le jour 1. Donc admettons que pour vous c’est l’heure, dès le jour 1, vous allez travailler pour qu’il s’endorme à la bonne heure.

Il faut également faire preuve de flexibilité évidemment : respecter les besoins du bébé en intégration. C’est une balance difficile à trouver mais vous pouvez y arriver. Suivez votre intuition, et observez bébé pour arriver a trouver le meilleur compromis.

Des trucs à intégrer tout au long de la journée
-Habituer l’enfant a des mots-clés qui seront réutilisés au besoin lors du sommeil, par exemple: “Je reviens, reste ici” pour l’habituer a ce que vous quittiez momentanément sans qu’il en soit inquiet.
– Jouer à coucou, favoriser la permanence de l’objet
– Répondre à ses pleurs rapidement de façon rassurante.
– Faire du portage pour renforcer le lien d’attachement
– Le rassurer à distance avec votre voix: Utilisez toujours la même chanson pour le faire patienter lorsque vous êtes occupés a changer une couche par exemple, lorsque cette chanson le calme le jour, intégrez-la au besoin à la sieste.

L’ambiance autour du moment de la sieste

Avoir une routine fixe, un moment plus calme (lumière tamisée, histoire, odeurs calmantes) vont aider évidemment. Aussi, vous assurer que bébé bouge et dépense de l’énergie juste avant le dîner vous aidera. Le sommeil d’un enfant est le reflet de sa journée, on ne peut pas s’attendre a ce qu’il dorme s’il ne vit que des moments négatifs dans les heures précédents la sieste.

Fatigue physique + bedon plein + ambiance apaisante = bébé prêt à dormir.

Une musique douce, du white noise, peuvent également aider pendant l’endormissement. On conseille d’arrêter la musique une fois que les enfants sont endormis. Une doudou avec laquelle les parents ont dormis est également un bon truc..

Ok, et je l’endort comment?

Le matin? Réponse facile: dans la poussette pendant une sortie dehors. Il s’habituera ainsi à s’endormir au milieu du bruit des autres enfants.

L’après-midi?

-Couché sur un matelas à côté de vous pendant que vous flatter les cheveux en chantonnant.

– Couché sur vos jambes (en indien) alors que vous êtes assises entre les matelas des autres enfants.

– En portage simple ou double sur un ballon d’exercice.

– En faisant une légère pression sur son dos, comme un massage doux, pour l’aider à s’endormir…

Pour un bébé qui refuse complètement le parc/matelas:
Vous pouvez commencez avec vous sur le divan pour tranquillement aller en transition vers le matelas dans une progression constante ressemblant à ceci: dans vos bras, puis 4 jours plus tard, accoté sur vous, puis 4 jours plus tard, à coté de vous, puis 4 jours plus tard on ré-introduit le matelas ou le parc.. Ici la clé, c’est de ne pas laisser s’installer les habitudes mais de constamment progresser…

Pour plusieurs poupons
En le mettant dans la chaise haute pendant la routine des autres, puis en le berçant.
Vous pouvez préparer des bacs de jouets spéciaux réservés pour les bébés attendant leur tour…

Vous pouvez également décaler les intégrations ou simplement, les habituer un à un en utilisant une poussette ou coquille balancé avec le pied le temps d’habituer le premier, puis le deuxième.. Vous pouvez ensuite les transférer sur le matelas/parc une fois tous les bébés endormis. Comme la plupart des bébés ont déjà dormit en poussette en plus d’une autre façon, ce n’est pas une association qui sera très difficile à défaire.

etc.

La clé ici, c’est vraiment de décider de prendre le temps, de se donner la peine d’analyser pour trouver une solution plutôt que d’aller vers le laisser pleurer. Oui, pendant une semaine, un mois peut-être, votre horaire sera chamboulé, mais un jour, il sera 13h et tous les enfants dormiront paisiblement en sachant que leurs besoins sont importants, qu’ils sont importants pour vous.

Bon travail !

 

 

Et si les enfants n’avaient pas besoin d’autant d’activités?

Le courant populaire semble être de remplir le quotidien de nos enfants d’activités, et les parents, les éducatrices sont souvent découragés devant ces standards de plus en plus contraignants…

On s’attends à ce qu’un enfant de 3 ans fasse du yoga, des activités structurés sur les couleurs, les formes, le tour du monde, les chiffres, les lettres, les habiletés sociales, oh et la gestion émotive, puis aussi telle ou telle activité à la mode… tout ça la même journée !

D’un autre côté, de plus en plus de nouvelles pédagogies recommencent à valoriser le jeu libre… Voici mon point de vue.

Je pense qu’il faut prendre conscience qu’on fait parfois des activités pour répondre à notre besoin à nous, pour se sentir bien et avoir l’impression de travailler activement pour le développement de notre enfant. Nous exigeons la même chose des éducatrices en garderie d’ailleurs parce qu’on se sent coupable de les faire garder et l’on réussit à se convaincre que chaque bricolage est une preuve que le développement de notre enfant est important pour celle-ci.

C’est à nous que ça fait du bien, on se sent bon parent quand notre enfant vit un quotidien remplit d’activités variées et éducatives, touchant tous les sujets possibles.

Nous avons dû mal à faire confiance à l’enfant, à croire que si on est assis à l’observer pendant qu’il joue seul, il est activement en train de se développer aussi…  Le jeu libre est stimulant et éducatif. 

Parce qu’à force de se faire répéter de les stimuler, on en est arrivé à se convaincre du besoin de remplir leurs petites têtes d’informations, d’expériences, parfois sans aucun sens pour eux. Parce qu’on se convainc que si une activité est éducative ou intéressante, ça signifie que notre enfant doit absolument la vivre la tout de suite. On a du mal a attendre que notre enfant nous démontre (par ses jeux, ses intérêts) que c’est le bon moment.  On veut qu’il expérimente tout ce qui se fait !

Naître et grandir sensibilise les parents à nommer les fruits et légumes devant leurs enfants et les parents Pinterest en concluent qu’ilsdoivent faire 5 activités par jour pour faire apprendre le nom latin des dits aliments à leurs 2 ans.

(…)

– STOP –

Votre 2 ans n’a probablement pas besoin d’apprendre l’alphabet, et si jamais il fait partie des enfants particulièrement attirés par ce type d’apprentissage (j’en ai eu une comme ça), il vous le fera savoir.

Parlez-leur de sujets qui ont du sens pour eux, qui leur permettront de faire des rapprochements avec leur quotidien. Permettez-leur d’être libre de suivre leur imagination et soyez les spectateurs fascinés de voir comment chacun utilisera ce temps libre différemment.

One size fit all en petite enfance ça ne fait aucun sens.

Je ne suis pas contre les thématiques d’activités mensuels, il m’arrive même d’en utiliser. Le problème c’est que nous nous sommes tellement convaincue qu’ils ont besoin de variétés, qu’on préfère imposer des thèmes sans se questionner, plutôt que leur faire confiance et répondre à leur curiosité naturelle juste pour être sûre qu’ils soient “assez stimulés”.

….

Je suis la première à dire que stimuler son enfant est vitale. Mais stimuler son enfant, ce n’est pas le faire peindre avec une drill pour pouvoir cocher une liste montrant qu’on lui a fait vivre toutes les expériences.

Revenons à la base. Parlez-leur. Jouer aux cartes, aux jeux de mémoires, lisez des livres…

Plutôt que de vous coucher à minuit pour préparer 100 activités, couchez-vous plus tôt pour être émotionnellement disponible. C’est ce dont votre enfant a besoin.

Faire des activités c’est génial. Surtout pour le parent ou l’éducatrice, avouons-le. Ça fait changement, ça désennuie de manger 50 fois une soupe aux carottes imaginaires en faisant hmmm alors que sans le savoir, on travaille le langage, le cognitif, l’affectif…

Les enfants ont besoin de rituels, de pouvoir de décision, d’expérimenter… Faites des activités oui, mais soyez sûre qu’elles aient un sens pour eux. Faites des activités, mais ne cherchez pas à rendre tout spécial. Faites des activités centrées sur vos enfants, leurs intérêts plutôt que ce qu’il est “bien vue” de dire qu’on a appris à nos enfants.

Le développement de vos enfants, ça se passe en tout temps. C’est du 24/7. Jouer dehors librement. Faire semblant d’aller à l’épicerie 20 fois d’affilée. Passer le balai ou aider à préparer le repas. C’est s’arrêter en plein milieu d’une marche pour vérifier dans notre livre de quel espèce est cet arbre surprenant.

Le problème avec la thématique chaque semaine incluant 50 nouveaux jeux et un bricolage où il ne font que coller sans comprendre le but? Ils font diversion aux réels apprentissages. Ils font parfois peu de sens pour l’enfant; on voit parfois des pouponnière (0-18 mois) devoir suivre une thématique sur des sujets tellement éloignés de la réalité des bébés que ça en est risible…

Les enfants ont besoin de temps, de répétitions pour s’approprier le matériel, les jouets, et en exploiter toutes les possibilités. Quand ils sont constamment dans la nouveauté, ils restent en surface, dans le superficiel… “L’enfance c’est fait pour jouer “

Aussi, du côté de la dimension affective : ces activités créent des attentes, et qui dit attente dit frustrations, déceptions.. Nos enfants moins intéressés peuvent être perçus négativement (j’ai mis 3 heures et 60$ à préparer ce thème et il refuse de le faire!) et d’autres enfants vont se forcer à faire nos activités pour nous faire plaisir (alors qu’on se force à les faire pour la même raison.)

Bref, faites des thèmes si ça vous apporte du bonheur, car les enfants bénéficient d’être avec des adultes heureux, mais réfléchissez davantage. Prenez le temps d’adapter la trousse aux enfants de votre groupe, vraiment. Étirez un peu plus longtemps la thématique plutôt que de changer chaque semaine… Choisissez des sujets qui ont du sens pour les enfants plutôt que des thèmes à la mode.

Et surtout, ne vous sentez pas coupable les jours sans thématiques, nos enfants apprennent tout le temps, être présent, disponible et intéressé, c’est tout ce dont vous avez réellement besoin.

Le reste? Vous pouvez probablement le faire vous-même. Papiers, crayons, ciseaux, quelques images, des objets à manipuler, des livres, la nature.

Stimuler c’est important oui, mais stimuler ce n’est pas remplir notre enfant d’informations, de variétés à tout prix… épurer les jouets c’est bien, mais épurer le quotidien est aussi essentiel.

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