Cinq minutes pour jouer - Zoé L-Sirois

Une autre façon de vivre la parentalité. Bienveillance, école-maison, éducation alternative au quotidien.

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Test du jeu: En mission chez les dinosaures

J’ai testé une nouveauté Placote et j’avais envie de vous en parler aujourd’hui.

En mission chez les dinosaures est un jeu un peu différent de ceux auxquels nous sommes habitués chez Placote. En fait, c’est que plutôt que de travailler une habileté isolée comme dans leurs autres collections, ce jeu cible plutôt un âge et son développement global. (Ca fait partie d’une nouvelle gamme qu’ils ont développé dans la dernière année si je ne me trompe pas. Bref, Placote offre maintenant un éventail de produits plus grand au-delà des jeux pour le langage, tout en gardant la qualité qu’on lui connaît.)

Ce que j‘ai aimé tout de suite de ce jeu c’est qu’il me proposait un rendez-vous, un moment clé en main avec ma fille de presque 5 ans.

Je vous explique: quatrième d’une famille de cinq, et n’ayant pas encore tout à fait à l’âge scolaire, cette petite fille me demande souvent de “faire l’école” et elle veut, elle aussi avoir son moment!

De mon expérience, c’est souvent difficile de trouver du matériel déjà prêt qui cible bien ce moment entre 4 et 5 ans où l’enfant commence à avoir un intérêt plus poussé pour l’alphabet, les nombres, utiliser un langage plus complexe, etc. On dirait que c’est souvent beaucoup trop facile ou trop difficile, d’un côté le matériel très petite enfance et de l’autre, très scolaire. Ce jeu offre un bon juste milieu.

Avec ses quelques questions sur la reconnaissance de certaines lettres, nombres mais aussi les émotions et leurs causes, et notre préféré : les scènes bizarres, j’ai trouvé que c’était parfaitement dosé pour l’âge cible. Dans la dernière catégorie de carte, l’enfant doit nommer ce qui est bizarre dans la scène imagée. C’est souvent assez drôle.

Quand je l’ai invité à jouer juste nous deux, elle était tout sourire et ses yeux brillait. En jouant avec elle, je pouvais voir son évolution sur plusieurs points: les nombres qu’elle reconnaît par exemple ou sa capacité à décrire ce qu’elle voit et expliquer. Elle était très fière aussi de me montrer justement ce qu’elle arrivait à faire. Bien que je joue souvent avec tous mes enfants, avoir ce jeu juste pour elle, axé exactement sur son niveau, ca lui a fait un gros plaisir.

Points fort
– Éducatif et bien dosé
– Illustrations et qualité du jeu
– Thématique qui suscite l’intérêt

Point faible
– Il a le défaut de sa qualité, il est limité dans le temps puisqu’axé sur un âge précis.
Pour ma famille, ce n’est pas un problème parce qu’il sera réutilisé au fil du temps.

Pour plus d’informations sur le jeu : https://bit.ly/302obq8

Zoé

Transparence: Cette article a été rédigé dans le cadre d’une collaboration. Je l’ai reçu gratuitement. Cependant, mon opinion est la mienne, on y a joué pour vraie (et on continue de le faire 🙂 )

Le panier du matin: pour faciliter la routine.

Je veux vous partager un truc pour simplifier la routine du matin. L’idée est simple: je garde un panier dans la cuisine qui constitue la “maison” de tout ce qui sert à prendre soin, les cheveux, les ongles, la peau, les lèvres… Chaque matin je le sort sur la table et ça me permets d’aider tout le monde à se préparer.

Dans la journée, quand je trouve une barette ou un élastique qui traîne, voir une brosse, je l’apporte dans la cuisine pour le serrer (la cuisine étant l’endroit centrale de ma maison, c’est hyper logique et simple pour moi.)

À côté de ce panier, j’ai le panier de bas. Si on se prépare à sortir, en 10 secondes près de l’entrée j’ai ce qu’il faut pour repeigner au besoin, mettre les chaussettes et voilà !

J’ai cinq enfants alors partir dans la salle de bain pour coiffer c’est peu pratique. Ça me permets de passer des déjeuners aux soins en restant près des premiers pour superviser.

Mettre les choses là où je les utilise logiquement le plus souvent c’est tellement facilitant !

Zoé

L’histoire d’attrape-moi si tu peux

Les enfants ont toute sortes de stratégies pour communiquer, faire savoir leur besoin et y obtenir réponse. Surtout chez les plus jeunes, on pourrait facilement mal percevoir leurs actions..

Cette anecdote se déroule à la toute fin de la collation. L’enfant de 2 ans concerné vient de finir de manger une orange et l’étape suivante souhaité par l’adulte consiste à suivre la fameuse suite collation laver les mains laver la bouche et on joue.

Au moment de sortir de table, il court prendre une autre orange en me fixant du regard. Je lui demande de la déposer dans le panier à fruit et c’est à ce moment qu’il se place en position “nananinanère” (chez nous ça sonne plus lalalala), avec une main qui tiens l’orange, le corps qui se balance.

Sa demande silencieuse c’est : attrape-moi si tu peux.

Ma première pensée c’est : oh, il est reparti, il se moque de moi?!?

Et puis, arrive 2 secondes après la deuxième pensée. Mon cerveau me souffle regarde davantage. Qu’est-ce qu’il fait? Qu’est-ce qu’il veut?

Il veut que je le poursuive.
Ce n’est pas à propos de l’orange numéro je ne sais plus quoi.

Il veut jouer. Il sait comment provoquer le jeu, il connaît la suite logique.

Alors, je m’exclame sur un ton joueur:”Tu veux que je t’attrape ? ;)”

Il dit :”oui!”

“Dépose l’orange dans le panier pour que je puisse courrir t’attraper!”

Il la dépose rapidement, l’orange devient un obstacle évident au jeu qu’il souhaite vivre. Il s’élance. Je l’attrape. On recommence quelques fois.

Le besoin est comblé et plus tard dans le jeu, je lui dirai: “Tu peux me demander attrape-moi ! si tu veux jouer à te faire attraper.”

Je garde en vue une meilleure stratégie, une demande plus efficace pour lui, pour l’aider à avoir ce qu’il veut.

Ce qui ressemble à “défier” est un comportement acceptable dans la circonstance du jeu, il a appris à remuer les fesses en faisant lalala en jouant à se poursuivre et à l’ogre avec ses soeurs. Il est important de percevoir le jeu pour ce qu’il est: un jeu hors contexte. Son corps a envie de cette poussée d’adrénaline du jeu de poursuite, il trouve une façon de le provoquer.

Par contre, je ne l’aurais pas attraper avec l’orange dans les mains parce que je voulais vraiment séparer les deux. Range le fruit et ensuite on joue, c’était important pour moi.

D’autres histoires de discipline:

Sortir de la dynamique du faire faire / La poussette parapluie

L’histoire du verre de lait (et de la crème glacée pour déjeuner)

L’histoire d’un verre d’eau 

Zoé

Jouer à jouer aux cartes / Le jeu et l’alzheimer

Cette fois-ci j’ai dans ma poche un jeu de cartes lorsque je vais le voir.

C’est un passe-temps qu’il a longtemps eu donc je sent que ça risque de l’intéresser, de lui parler, de le faire tomber dans les réflexes qu’il a gardé au delà de la mémoire.

Je lui propose le jeu et d’abord il refuse parce qu’une autre idée attire son attention, il demande à marcher. Nous partons marcher et je dépose les cartes sur la petite table. Au bout d’un moment, nous revenons dans sa chambre et voyant les cartes il demande à jouer.

J’avais prévu peut-être un jeu de bataille, mais l’enchaînement des actions (devoir déposer la carte, déterminer laquelle a le plus de valeurs, déterminer si c’est la tienne ou celle de l’autre puis les ramasser ou pas dépendant du résultat.. ) était trop complexe ce soir-là.

Alors j’ai décidé de jouer à jouer aux cartes tout simplement. Vous savez, chacun dépose une carte de façon pas toujours ordonné, puis s’exclame avec des expressions propres à l’action de jouer aux cartes. Aucune attention à la valeur des cartes n’est nécessaire, sauf si ça adonne à un joueur.

Pour un point bonis, accorder votre réaction à celle de l’autre afin de rendre la conversation cohérente.

– oh, celle là est bonne!

– tiens toi, moi j’ai un homme de coeur!

– pfffft attends de voir la mienne.

Dès que nous avons épuisé le paquet de carte, il redemande à jouer. Trois ou quatres parties plus tard, il rayonnait, satisfait. Lorsqu’il parla à sa femme en vidéo, il commence la conservation par lui dire, fier, qu’il avait gagné. À quel jeu donc?

Ça n’avait aucune importance.

(….)

Quand il joue à jouer, ses gestes correspondent à ceux d’une personne qui joue aux cartes. Ses paroles aussi. Il retombe dans des enchaînements confortables, des suites de mots qui viennent facilement en groupe. Le même effet se produit quand on le met dans un contexte familier. Il ne sais pas qu’il sais, il ne pourrais pas l’expliquer mais son corps sait instinctivement. C’est un des aspects les plus intriguants des personnes alzheimer à ce stade. Et c’est un aspect qui demande un grand lâcher prise de la part de la personne qui vit encore dans un monde de règles et de structure.

J’habite une maison citrouille

Je suis arrivée à sa chambre et il pleurait.
“Que se passe-t-il papa?”❤ Il était bouleversé par la mort de sa mère, survenu il y a longtemps mais pour lui ça semblait maintenant.

(…)

Puis j’ai mis des chocolats dans ses poches. Je lui avais préparé une surprise. Le petit plaisir de donner des bonbons aux enfants pour Halloween. Je l’ai aidé à s’habiller pour dehors. À s’orienter pour sortir jusqu’à la cour. À se rappeler où était les bonbons. Main dans la main, nous sommes arrivées face aux enfants.

Son regard lorsqu’il a tendu un chocolat à chacun, c’était magnifique. Il était fier de lui pour un instant, retrouvait un geste déjà réalisé 1000 fois dans sa vie, confortable, normale. Il étais si heureux pour quelques secondes! J’ai mis de la musique d’Halloween. Les enfants ont dansés. Lui aussi. Il aimais beaucoup “J”habite une maison citrouille.”

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