Cinq minutes pour jouer - Zoé L-Sirois

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Le principe des prérequis, une alternative logique aux punitions

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“Ça fait cent fois qu’elle va dans sa chambre pour ça et pourtant, elle semble incapable de réfléchir avant d’agir et recommence chaque fois!!!”

Et si on changeait de vision? Si au lieu de réfléchir à comment “lui faire regretter” un comportement, on réfléchissait plutôt aux avantages que lui apporte le comportement souhaité?

Je vais vous parler de ma façon de voir les conséquences dites logiques comme des prérequis plutôt.

C’est beaucoup plus motivant d’atteindre un but, et ça permets au parent d’avoir un rôle d’accompagnement, d’encouragement, d’aide plutôt que le rôle de punir. Toute sa vie, notre enfant devra faire face à des prérequis. Ceux-ci sont généralement basés sur des faits, et non des jugements. “Pour aller dans le manège, voilà la grandeur minimum. Oups! Peut-être l’an prochain!”

Il y a des prérequis sur lesquels nous n’avons pas de pouvoir ( comme la grandeur, l’âge…) mais pour beaucoup, nous pouvons poser des gestes concrets pour les atteindre (s’entraîner à nager pour réussir le test donnant droit à la nage sans flotter, par exemple.)

Imaginons que notre enfant souhaite vraiment atteindre le droit de nager seul cette année, nous poserons des gestes pour l’accompagner : l’apporter à la piscine, l’encourager en soulignant ses progrès, voir pour des cours privés en cas de difficultés. Notre rôle sera d’accompagner. S’il ne se pratique pas suffisamment nous ne le punirons pas, il aura à vivre avec la conséquence logique : il devra garder son équipement de flottaison. Nous lui donnons le pouvoir. Ce sont ses comportements qui l’apportent ou non vers l’objectif fixé.

Ce principe de prérequis peut s’appliquer à beaucoup de comportements vus comme dérangeants au quotidien. Ça peut-être aussi simple que pour déjeuner tu dois être habillé. Il n’y a pas de jugements, pas de menaces. C’est un fait. La marche à suivre est logique.

Lorsqu’on fonctionne de cette façon, les événements récurrents deviennent des motivations puissantes. Pour aller à la bibliothèque et choisir tes propres livres ou pour aller à l’épicerie, je m’attends à ce que tu démontres que 1) tu comprends le comportement attendu en chemin 2) tu respectes les limites qu’on s’est fixées dans un lieu public.

Si dernièrement, chaque sortie est difficile parce que l’enfant ne respecte pas des attentes claires, adapté à son âge, eh bien, il restera à la maison la fois d’après. Ensuite, on pourrait y aller graduellement. Une sortie agréable au parc du coin pendant 30 minutes peut mener à 1h ensuite à un endroit plus stimulant encore.

Tout est dans la façon donc l’adulte le présente à l’enfant, ce n’est pas un “Si tu n’arrêtes pas, la prochaine fois tu restes à la maison! Allez, arrête! Tu pleures??? Ta chambre!!” Ça ressemble davantage à : “Nous allons à la bibliothèque et tu ne viens pas, tu sais pourquoi.” ” Hmm, tu aimerais vraiment venir ! Tu es fâché! À mon retour, nous discuterons ensemble du comportement attendu en public pour les prochaines fois. ” Et ainsi de suite….

Un enfant qui fait mal à répétition aux autres n’est pas prêt à jouer sans surveillance rapprochée. Ça peut impliquer qu’il devra rester près de maman/papa le temps du souper plutôt qu’aller au salon avec les autres.

Un enfant qui laisse traîner ses traces de bricolages n’est pas prêt à entreprendre de gros bricolages seul. Il se pourrait qu’il doive se contenter de papier et crayons quand maman/papa n’est pas disponible.

Un enfant qui a du mal a complété sa routine du matin parce qu’il a du mal à retourner à ces tâches une fois qu’il joue, pourrait se voir demander de finir toute sa routine avant de jouer. Il aura beaucoup ou peu de temps pour jouer selon sa vitesse.

Évidemment, il reste important que les attentes soient réalistes. Personnellement, j’aime prendre le temps de fouiner dans les livres à la bibliothèque. Certains de mes enfants ne sont tout simplement pas rendus suffisamment matures pour rester tranquille le temps que le fasse, ça dépasse l’attente réaliste. Je trouve une solution alternative pour répondre à mon besoin: j’y vais seule ou avec les grands quand les petits dorment.

Deuxièmement, notre demande doit être claire et facilement “mesurable” . “Je m’attends à ce que tu sois gentille au magasin” , c’est flou, et c’est difficile à juger. Une directive comme ” Je m’attends à ce que tu tiennes le panier “, c’est déjà plus clair, ça appelle à des faits plutôt qu’un jugement.

Troisièmement, il faut passer à l’action. Une conséquence logique ne fonctionne que si on laisse l’enfant la vivre, plutôt que de chercher a lui éviter pour toutes sortes de raisons. Reprenons l’exemple du cours de natation, nous n’irions pas quémander a l’instructeur de faire une exception même si l’enfant n’atteint pas le minimum parce que pauvre petit, c’est triste d’être le seul avec un flotteur ! On peut accepter le sentiment de l’enfant, l’accompagner dans son vécu, mais on doit absolument le laisser vivre cette conséquence. L’enfant pourrait plutôt après avoir raté le test, décidé de s’entraîner davantage et le repasse 1 mois après avec succès. Il se pourrait aussi qu’on se rende compte que cet objectif n’est pas réaliste tout court pour notre enfant, ou qu’il n’a juste pas envie de l’atteindre vraiment.. On pourrait l’aider à s’orienter vers un autre objectif, un compromis acceptable pour tous (Hmm, quand maman ne sera pas la, tu devras effectivement porter l’aide a la flottaison, mais quand maman sera avec toi, tu pourras te pratiquer sous ma surveillance).

Finalement, dans la vie il y a des obligations qu’on ne peut éviter. On ne peut pas ne plus faire l’épicerie parce que notre enfant y fait une crise chaque fois. Par contre, l’expérience peut être complètement différente selon son attitude. Du parent super enthousiasme qui a préparé une chasse aux items dans l’épicerie, au parent beaucoup moins enthousiasme voir un peu “robot” dans ses consignes, on peut adapter notre attitude pour refléter notre émotion. Le parent n’a pas à se mettre un masque constamment, c’est sain de nommer ses émotions et oui, pleurer pour avoir des bonbons pendant 30 minutes peut avoir comme conséquence logique un parent qui a moins envie d’être le fun, d’arrêter au parc ou d’écouter ensuite l’enfant parler de barbies avec enthousiasme. Encore une fois, ça dépend de l’âge du dit-enfant bien sure et de la façon de le nommer. On ne cherche pas a se venger, on respecte notre besoin à nous de se calmer après une période émotive.

Comme il est important de passer à l’action “négativement”, il est également important de passer à l’action positivement. On peut décrire les comportements de l’enfant lorsqu’il est dans la bonne voie. On peut également lui nommer concrètement les avantages qu’il obtient, en plus de lui faire vivre.

Mes livres préférés sur le sujet:

Parler pour que les enfants écoutent, et écouter pour que les enfants parlent
Parents épanouis, enfants épanouis 

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Zoé
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1 commentaire

  1. Juste tellement logique merci! Maintenant on fait attention aux vieux réflexes!

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