Cinq minutes pour jouer - Zoé L-Sirois

Et s'il était possible de faire différement? bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

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3 alternatives à “Ne sois pas triste” quand on quitte notre enfant et qu’il pleure.

C’est la période des intégrations / trois phrases à dire à ton enfant lorsque tu quittes la garderie ou l’école.

1.“Je vois / j’entends que tu es triste, tu préférerais rester avec maman! “

Lorsqu’on reconnaît son émotion, l’enfant sait qu’il est compris. On lui confirme que son émotion est valide et on accepte qu’il ait cette réaction (normale) face à notre départ. Nos mots sont cohérents avec comment il se sent à l’intérieur de lui et c’est vraiment aidant puisqu’on l’aide à mettre des mots sur son ressenti.

On évite le : “Ne sois pas triste!” qui semble aidant, mais ne l’est pas vraiment puisqu’il nie l’émotion.

2. “Maman va aller travailler et toi, tu vas jouer/ faire X avec (Nom de l’éducatrice ou du professeur.) ”

On se sent coupable et parfois ça va se traduire par une expression de remords. On va dire : “si seulement je pouvais, je resterais avec toi, mais je n’ai pas le choix d’aller travailler.” Cependant, ça peut envoyer un message confus à l’enfant : “Mon parent n’est pas certain que ce soit une bonne idée… oh c’est inquiétant !.”

C’est pourquoi je pense qu’utiliser un vocabulaire ferme (j’ai choisi, je veux ou tout simplement je vais) est rassurant. On créer une certitude, on lui montre que sa référence, son parent est certain de son choix et en confiance.

3. “Passons une bonne journée et ce soir on se raconte tout! “

On évite encore une fois de projeter nos inquiétudes, notre ennui sur l’enfant. Ce n’est pas malsain de lui mentionner que nous aussi nous avons hâte de le retrouver, mais axons davantage sur le plaisir de se revoir que la dureté de la séparation.

Oh et le soir venu, on le fais. On prends le temps de reconnecter, de s’intéresser, de raconter notre journée et (s’il ne parle pas encore) ce qu’on sait de la sienne.

Bonne rentrée / Intégration pour ceux que ça concerne ! 🙂

(Je sais que pour certains c’est passé, désolé !)

Zoé

Du jeu structuré au jeu libre: Accompagner l’enfant vers le jeu sans directives

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Pourquoi mon enfant n’arrive pas à jouer seul ? Et comment y arriver?

Les enfants intègrent leur quotidien comme référence de ce qu’est la normalité. C’est en observant et expérimentant qu’ils forment leurs attentes, qu’ils intègrent des règles non écrites quant à la façon donc les choses sont censées se produire.  Dans un cadre où un enfant a été habitué à suivre des directives sur ces jeux en grandissant (d’un adulte ou d’un plus vieux que lui), lorsqu’on souhaite passer au jeu libre et simplifié il est possible qu’on se retrouve face à un constat: l’enfant semble ne pas avoir cette capacité de jouer des heures durant avec tout et n’importe quoi.

La plupart du temps, le problème n’est pas que l’enfant ne possède pas cette capacité en lui (il suffit d’observer un jeune bébé s’amuser en regardant autour de lui, en découvrant ses mains et pieds pour voir que c’est souvent inné) mais simplement, qu’il a appris une autre façon de fonctionner. Lorsqu’on place ce dit enfant dans un espace consacré au jeu libre, avec des jouets sans fonctions précises, souvent, on va obtenir une de ces réactions:

– Il va tourner en rond, demander de l’assistance a l’adulte (directement ou indirectement par des comportements “dérangeants”.)
– Il va chercher quelqu’un qui peut lui donner des directions et va suivre (un enfant plus vieux, par exemple.)*
– Il va vider les bacs, les remplir, errer, détruire le matériel (d’une façon non constructive pour son âge, motivé par l’ennui et non l’exploration)
– Il va y avoir plus de chicanes, motivées par l’ennui…
– Il va sembler rester dans l’attente, attendre la prochaine activité dirigée pour jouer.

Etc.

Évidemment, la personnalité de chaque enfant aura une grande influence sur sa façon de réagir.

Pourquoi vouloir que l’enfant apprenne à jouer plus librement ?? 

Avant tout, pour lui donner une grande liberté, un pouvoir. Celui d’utiliser les jeux pour apprendre à se connaître, d’approfondir ses intérêts, de tester les habiletés qui a du sens pour lui dans le moment présent. Le pouvoir d’utiliser le jeu pour l’aider à mieux comprendre son quotidien (souvent, librement, les jeux des 3-4 ans par exemple vont tourner autour d’une reproduction, d’une exploration de leur quotidien en jouant aux parents, a faire l’épicerie, etc.. )  Ce genre de jeu peut les aider grandement lorsqu’ils vivent de “petites épreuves”, des frustrations, des défis (C’est presque une thérapie autogérer !) … L’enfant libre, va jouer à ce donc il a besoin. Simplement. Il va développer plusieurs habiletés, plusieurs sphères de développement lorsqu’il est motivé par le plaisir de jouer. Rien ne peut équivaloir à la motivation interne.  

Comment accompagner un enfant vers le jeu sans directives?

Voici quelques pistes.

1) Être occupé, comme adulte, à une tâche que l’enfant peut modeler.
On va racler les feuilles, préparer du pain, couper des légumes, creuser un trou, travailler au jardin, faire du yoga. Les enfants sont évidemment libres de venir aider ou imiter, mais on ne les invitera pas nécessairement avant qu’ils en manifestent le désir. On reste disponible pour gérer les petits conflits du quotidien, mais on ne dirige pas le jeu, on se contente de verbaliser ce que l’on fait si ça suscite de l’intérêt. On modèle simplement un humain concentré sur une occupation.

2) S’assurer que le matériel disponible suscite l’action et l’expérience adaptée à l’âge de l’enfant.
Au début, on peut avoir une plus grande quantité de matériel, le temps d’apprendre à connaître davantage les enfants de notre groupe ou nos enfants. On va observer, beaucoup, et découvrir le profil type de chaque enfant, certains enfants vont préférer les grands éléments moteurs pour grimper, d’autres les jeux de constructions, de rôles, les petites pièces, les bacs sensoriels… Lorsqu’un enfant jouera plus longtemps que d’habitude, on notera les circonstances, le jeu, on recueille des informations bref.

3) Offrir des inspirations
Comme une première étape avant le jeu complètement libre, on peut les aider au début.

-En préparant des invitations à créer sans consignes, juste du matériel rassemblé ensemble, pour les aider à s’inspirer…
-On peut offrir des bacs sensoriels avec une variété de matériel  à proximité (figurines pour jeu de rôles, tasses et cuillères pour manipuler, éléments pour trier et voir, la façon donc l’enfant l’utilise).
-On peut mettre des livres de bricolages dans le coin bricolage, de constructions dans le coin constructions, de yoga ou d’exercices dans le coin moteur…
– On peut donner le début d’une idée de projet ouvert, mais inviter les enfants à choisir les détails.
– On peut modeler, encore une fois, en construisant quelque chose, en bricolant (pour décorer la salle de jeu?), sans rendre “enfantin” nécessairement notre oeuvre. On le fait pour de vraie ! 🙂
– Mettre de la musique douce ou mouvementée pour voir la façon donc ça les influences.
– Lire des histoires variées.
– Choisir des activités “semi-dirigés” que les enfants peuvent facilement refaire eux-mêmes sans interventions de l’adulte.

4) Accepter un peu d’ennui.
C’est en s’ennuyant que le besoin d’apprendre à se divertir seul surgira. On peut évidemment accompagner l’enfant en lui reflétant ses émotions, en l’aidant à trouver des solutions ou des idées (sans les trouver a sa place!), en lui fournissant le matériel qui répondra à ses intérêts… Mais c’est à l’enfant que revient la responsabilité de se mettre en action.

5) L’accompagner à acquérir les habiletés qui l’aideront dans ses explorations
Les grilles d’observation devraient être un complément, un outil mais le plus important : répondez aux besoins et intérêts. Un enfant aime les bricolages, aimerait réaliser ses costumes pour ces jeux de rôles? Ok, alors on va l’aider à découper un peu plus efficacement en lui offrant des occasions. La différence ici, ce n’est pas tant la présence ou l’absence d’activités de tel ou tel type, c’est la motivation derrière.

On observe, on répond aux besoins, on donne du pouvoir aux enfants. 

Simplement.
L’objectif devient de redonner son pouvoir a l’enfant. Une grande liberté. Celle d’être celui qu’il est vraiment.

Celui de passer plus de temps à développer les habiletés qui ont le plus de sens pour lui. Le pouvoir d’explorer aussi longtemps qu’il le souhaite, les concepts qui le fascinent. Celui de croire à ses rêves, et d’avoir l’impression de s’en rapprocher.

N’est-ce pas merveilleux ?

Beaucoup d’adultes n’ont même pas ce pouvoir. Ils ont des rêves, des intérêts, qu’ils négligent parce, que la vie ! Mais l’enfance, l’enfance, devrait être une zone protégée, une période où rien n’est plus important.

Laissons les enfants être des enfants, librement.

Grandir avec les enfants, au fil du quotidien

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Ce matin, j’ai eu envie de sortir ma guitare. Je gratouille. Je me donne comme objectif d’apprendre une panoplie de chansons pour enfants parce que j’adore partager mes passions avec eux : ça rend tout le monde heureux. Entre deux chansons, j’ai levé les yeux, attirée par un bruit continu. Mon grand de trois ans m’a pris mon « pick » pour gratouiller à son tour alors j’en ai profité pour écouter et regarder plus attentivement ce qui avait attiré mon attention. Je me suis rappelé que j’avais accroché le boyau d’arrosage en haut du carré de sable et, maintenant, une grande flaque d’eau s’était formée. L’eau continuait de couler tranquillement et ça nous faisait entendre une jolie musique. Juste à côté, une demoiselle de deux ans en profitait, calme, paisible et heureuse. Elle remplissait son petit contenant pour le vider dans un autre. Lavait de temps à autre ses mains. C’était beau. Elle avait encore sa serviette sur le dos et, chaque fois, qu’elle se penchait, sa serviette trempait dans la flaque de boue. Ça n’avait pas l’air de la contrarier du tout. Elle a laissé sa serviette imprimer les souvenirs d’une journée sereine.

Comme quelques enfants étaient attirés par les belles tomates rougies par la pluie et le soleil du long weekend, j’ai abandonné ma guitare et les y ai rejoints. Wow! On était tous impressionnés par l’abondance dont on pouvait profiter! Des belles tomates! « On ne prend que les rouges, les vertes sont pas encore prêtes! ». Évidemment, y’en aura toujours un avec une tomate verte dans la main et qui demandera, une fois cueillie « Elle, est tu prête?? »…ça fait partie de la game. On s’accroche dans les toiles d’araignées, on essaie de ne pas piétiner les plants de fraises des champs. On salue au passage un verre de terre qui ferait mieux de retourner sous terre : « Pourquoi Marianne? ». « Parce que le ver va sécher au soleil et mourir. Il doit vite retourner faire son travail sous terre, à nourrir les plantes ». Le plus jeune du groupe va croquer dans sa tomate cerise (chose qu’on apprend vite à ne jamais faire…à moins qu’on veuille se retrouver aspergés de pépins de tomate ou qu’on ait découvert une technique antifuite!!). La vue de ces beaux pépins gaspillés me rappelle qu’on est l’automne, et qu’il est grand temps de choisir les plus beaux fruits pour en récolter les graines qu’on sèmera au printemps prochain.

À l’automne dernier, on est allé cueillir des courges avec les parents. Il y en avait de toutes les formes et de toutes les couleurs! On s’est régalé pendant l’hiver avec les potages, les purées, les courges spaghettis et les graines de citrouilles grillées! Devant toute cette beauté, j’ai eu l’idée de conserver quelques graines de nos spécimens préférés. Pas bien, bien compliqué : il suffit de prélever les graines de courges en santé, de les faire sécher, de les identifier dans un petit sac et de conserver dans la noirceur d’un contenant et à l’abri de l’humidité. Cette année, c’est dans notre jardin que les enfants pourront cueillir leur citrouille! Ils ont eu l’occasion de mettre la graine dans la terre, de voir le plant pointer son nez, grandir et produire de superbes fleurs oranges! Maintenant que l’automne approche, on peut admirer nos beaux fruits ronds profiter du soleil et attendre qu’on les ramasse. Ici, les enfants grandissent au fil des récoltes.

La simplicité du quotidien est ce que je cultive de plus en plus.

J’ai semé de la patience, du lâcher prise. Je me suis permis de donner beaucoup de compost à mes passions et les enfants sont devenus mon engrais. Un peu quétaine comme image, non? Hihi, vous pouvez rire, vous avez le droit. Ici, j’apporte des connaissances aux enfants mais ce sont eux qui m’ont permis de comprendre qu’il n’y a rien à acheter pour être heureux. Pas grand-chose à planifier pour apprendre. Il n’y a qu’à ouvrir grands les yeux et attendre. Sortir dehors, ouvrir les yeux et attendre. Sortir dehors, s’ennuyer, ouvrir les yeux et attendre. On s’assoit, on regarde les enfants au travail et on s’en inspire. Le reste va venir tout seul. Et si, un jour, j’entreprends d’apprendre le nom des insectes aux enfants, ce ne sera pas, en tout cas pas en premier lieu, avec une affiche ou un livre des insectes d’Afrique. Ce sera parce que j’aurai pris un enfant en flagrant délit d’arracher les pattes d’une araignée…et j’en profiterai pour lui dire à quel point son travail est important.

Ce récit d’une journée inspirante nous vient de Marianne St-Pierre, qu’on peut suivre sur le groupe: Mon service de garde vert

Routine d’une journée dans un milieu familial non-traditionnel

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Je me définis comme un milieu plus alternatif que traditionnel, ici il n’y a pas de thématique mensuel entres autres.

On me demande souvent: “Ok, mais à quoi ça ressemble la routine d’une journée chez toi ?”  J’ai décidé de faire donc un exemple d’une routine d’un jour.

7h30-9h30: Jeu libre

Les enfants arrivent graduellement. Ils jouent. Je prends le temps d’accueillir chaque enfant personnellement. Ils jouent généralement ensemble ou seuls alors que je m’affaires à cuisiner, nettoyer la cuisine suite au déjeuner tout en les observant. J’ai remarqué que lorsque nous sommes occupés à une tâche facilement imitable, les enfants jouent plus en profondeurs. Ils sont toujours les bienvenues pour aider.

9h30 +-

C’est l’heure de la collation qui est une occasion de se rassembler..  et de lire ensemble. Parfois nous en profiterons pour des jeux comme les flash cards. Parfois les livres nous mèneront à une activité lié naturellement. Récemment en lisant des livres dont les illustrations étaient en pâte à modeler, nous avons ensuite fabriqué de la pâte à modeler.

Souvent le matin juste avant ou après la collation, c’est un moment parfait pour les projets (faire des semis, réaménager la cour (!!), des bacs sensoriels etc.). De temps en temps, je vais préparer un grand bac sensoriel commun (eau + glaçons , eau + fleurs, pailles de pâques, jouets à nettoyer dans de l’eau savonneuse, riz, etc.) sur le plancher de la cuisine, dans lequel ils vont se précipiter pour jouer en arrivant.

D’autres fois, ça va être des carottes sur la table et des couteaux de bois, une réalisation artistique de groupe déjà entamé à faire librement, un parcours moteur, une chasse aux trésors, créer des olympiades ou une cabane sous la table.

Quand il y a des travaux de construction dans le quartier, on va se déplacer pour aller les voir.

Après la collation, nous avons notre petite routine chantée pour prendre le temps de se nettoyer. Ensuite nous allons dehors soit dans la cour, soit en excursion dans le quartier.

Les projets: Parfois ils proposent, parfois je propose; l’objectif d’un projet proposé par l’adulte est toujours de les aider à acquérir de nouvelles habiletés, des outils leur permettant ensuite de créer ensuite leurs propres projets avec ces connaissances. Apprendre à découper, coller, peinturer, régler un conflit, construire, etc., pour que si l’enfant a envie de faire un déguisement de lion, il ait les outils pour y arriver (ou on l’accompagne en lui donnant au besoin, le cas échéant.) Les projets sont aussi guidés par les saisons.

Nous célébrons la nature et ce qu’elle nous apporte. Souvent, à l’automne, on va prendre une longue marche pour ramasser des trésors (cocottes, etc.). Nous allons créer des traces de feuilles avec du pastel. Nous allons chanter bonne fête à l’été et faire un repas de fête pour célébrer son arrivé.

Le rôle de l’adulte, dans le projet, est un rôle de soutien: on aide l’enfant à trouver des solutions, à se servir du matériel, etc. Beaucoup d’observation aide à proposer les bonnes opportunités au bon moment à chaque enfant

Aussi, mes projets sont énoncées au JE.

Je souhaite faire de la sauce à spaghettis, qui aimerais aider? ”

“J’aimerais essayer ce bricolage, qu’en pensez-vous?”

Les projets sont sincères, destinés à un objectif (s’amuser simplement parfois  aussi!)

hiver

Dîner vers 12h

On mange, on discute, on rit. On parle de nos plans pour le reste de la journée. Parfois on écoute un livre audio.

12h30: On ramasse la cuisine

Les enfants vont parfois mettre au lave-vaisselle leur assiette seuls, parfois je vais le faire. Nous favorisons l’autonomie et tout est adapté à leur taille. Une fois la cuisine ramassée, on va souvent lire une autre histoire, puis chacun va s’installer pour la relaxation.

14h-15h: Réveil, jeux

Très très souvent, la relaxation va apporter de nouveaux projets. En jouant seul, les enfants réfléchissent plus qu’on le pense, c’est leur façon à eux d’organiser leurs pensées. Donc on va jouer, dessiner etc, en attendant 15h et le réveil de tous pour manger la collation.

15h: Collation

On mange la collation ensemble. Généralement des fruits, parfois du gruau, des boules d’énergie, etc..

15h30-17h: Un peu de tout

Jeux extérieurs, jeux libres, finition des projets, cahiers d’activités, chansons… C’est une période qui varie énormément en fonction de l’énergie de chacun et de leurs envies. On peut jouer dehors encore, lire de nouvelles histoires, colorier, faire des fiches d’activités, chanter nos chansons préférées (normalement ou en s’amusant à


faire différentes voix). On s’ajuste selon chacun.

Nous avons 5 intentions qui représentent des activités revenant régulièrement soit:

– Aventure (souvent une fois par semaine, nous allons dehors avec un objectif comme voir des canards, des bateaux, amasser des noisettes, faire un pique-nique. Ça peut être aussi à l’intérieur, un projet imaginaire.)

– Prendre soin de soi ( En alternance: Bain de pieds, yoga, prendre le temps de brosser les cheveux, masser les mains, une chandelle qui sent bon etc..) Ces simples activités régulières favorisent le développement de l’estime de soi, du bien-être général.

– Exploration artistique (peinture, pastel gras, etc.) J’aime beaucoup prendre le temps de dessiner avec eux.

– Cuisine (faire le pain et le pétrir ensemble, cuisiner, participer à la coupe des légumes etc.)

– Musique (Danse, jeux de mouvements, cour d’éveil musical, instruments etc.)

Ces intentions sont aussi présentes dans la routine par le choix de repas réconfortant etc. C’est une régularité dans des façons de faire menés par des intentions bref.

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Ce matin, nous avons passé trois heures dehors à travailler fort dans le but de transformer notre espace sous le toit (normalement vide, utilisé surtout l’hiver) en espace “restaurant et terrasse”. Cette idée nous est venue ce matin en jouant dehors. La maisonnette et tout le reste étaient éparpillés partout dans la cour à la base. Les enfants ont proposé des aménagements, par exemple de faire des tables avec les bacs et d’ajouter un stationnement. Ils ont réfléchi à leurs expériences passées, ont ce que signifiait “un restaurant” pour eux, et se sont servis de leurs connaissances pour trouver des idées. Ils ont travaillé en équipe pour transporter des objets lourds ou gros de façon sécuritaire. Ils ont cherché une idée pour écrire le menu, et ont pensé aux craies. Ils ont fait des jeux de rôles en s’attribuant des rôles dans et autour du restaurant. Ils ont décidés de la meilleure façon d’utiliser la boite aux lettres. À la collation, inspirés par nos jeux du matin, nous avons discuté du nom du restaurant et du menu. Ils se sont approprié l’espace, sont allés par eux-mêmes ranger les véhicules dans le “stationnement” lors des jeux extérieurs cette après-midi. Ils ont proposés que je scie de minces rondelles de bois demain pour faire de la nourriture, quelle bonne idée !

Repenser la stimulation au quotidien / Slow life et simplicité, une réponse naturelle aux besoins de l’enfant

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Je lis souvent, les parents, éducatrices, épuisées de leurs journées à force de ne jamais arrêter, et je voulais vous dire qu’il existe une autre façon de faire…

(…)

On a parfois l’impression que pour pouvoir combler tous les besoins des enfants, il faut absolument vivre dans un tourbillon constant, où l’adulte se place en tant qu’animateur de foule toujours prêt à offrir plus.

Plus de choix, plus de jouets, plus d’activités, plus d’animations, puis plus de décorations et ça ne finit plus. Le parent ou l’éducateur est souvent épuisé ou stressé à la fin de sa journée et l’enfant réagit à sa façon (souvent avec des comportements “négatifs”) à ce surplus de stimulis..

Il existe une alternative. Et si intégrer plus de lenteur et de simplicité dans nos journées était la réponse?

-Et si offrir moins avait du sens?-

Les enfants sont facilement émerveillées, et on peut avoir l’impression que c’est un signe qu’on doit constamment offrir de quoi les intéresser. Alors que si les enfants sont facilement émerveillés, intéressés, c’est plutôt le signe clair que peu est suffisant.

En fait, beaucoup de gens vous diraient même que peu, c’est mieux. Quand on offre un peu moins, moins de jouets, moins de “colle ici, dessine par là”, ce qui se produit c’est que l’enfant reprend sa place d’explorateur. Plutôt que de passer d’un jeu à l’autre de façon superficielle, il explore de différentes façons les mêmes blocs; les empiler, les faire tomber dans un bac de métal ou sur le plancher, les cacher, les emballer, les transporter dans ses mains ou un sac, etc…

Lorsqu’on offre moins, ça répond aussi au besoin de sécurité de l’enfant. Il se créer des repères, des habitudes, et ainsi il a l’impression de savoir davantage à quoi s’attendre. Moins de jouets oui, mais ça peut être aussi de varier un peu moins souvent les chansons qu’on chante, et laisser l’enfant se les approprier davantage. Au lieu de chercher sur Pinterest de nouvelles chansons, on peut simplement intégrer une chanson qu’on a entendu X et sa maman chanter lorsqu’on fera la ronde. Quel fierté et bonheur pour lui de reconnaître une partie de ce qui représente son quotidien avec maman, au service de garde…

La répétition est une clé pour l’enfant, c’est ce qui lui permet de vraiment saisir le monde qui l’entoure…

– Le temps n’a pas à passer vite –

Pour pouvoir explorer davantage, l’enfant a besoin de temps et d’un adulte qui ne considère pas qu’il “perd son temps” quand il utilise son énergie à une observation ou un jeu qui peut sembler ‘inutile”. Un adulte prêt à ralentir le rythme plutôt que d’imposer le sien à l’enfant. Prêt à oublier toutes ces croyances adultes sur “l’efficacité” quelques heures par jour…

Le “slow toute”, c’est refuser de se dire ‘je vais le faire ça va être plus rapide” quand l’enfant observe et semble intéressé à essayer. C’est prendre le temps, simplement, et accorder de la valeur aux intérêts de l’enfant. Ça peut être aussi d’attendre le bon moment avant de parler à un bébé concentré sur son jeu. Plutôt que d’interrompre son focus, on attendra une invitation comme un regard vers nous pour commenter ce qu’il fait.

– Offrir la bonne chose au bon moment –

Plutôt que d’être guidé par un thème fixe, je choisis d’être guidée par un intérêt sincère envers les enfants. En observant les enfants, en portant attention à leurs périodes sensibles d’apprentissage et en reconnaissant la valeur de “l’ordinaire”. Passer le balai seul sous sa place après avoir fait une activité salissante est aussi valable que n’importe quelle activité. Jouer dehors, trier les roches, sauter par dessus, passer en dessous, ce n’est pas “que” jouer dehors, et ça ne devrait pas être hiérarchisé moins important que tracer une ligne, au contraire.

L’enfant n’a pas besoin d’un monde de merveilles superficielles, le quotidien et ce qui l’entoure sont déjà merveilleux pour lui. Laissons les enfants s’émerveiller de ce qui est plutôt que de chercher à trouver mieux…

– Intégrer ces principes à la réalité –

Certains liront ceci et imagineront un monde de licornes et papillons où il n’y a pas les stress et contraintes habituels d’un service de garde. C’est faux, ici aussi on gère des pleurs de dents qui percent, des bébés qui s’ennuient de leurs parents et des 3 ans qui apprennent à partager difficilement: la différence c’est qu’on refuse de s’ajouter le stress que ça “brise” notre routine. Quand l’enfant pleure à 10h, c’est quelque chose d’important à gérer, et non un obstacle à faire l’activité à la mode sur Pinterest. Juste ça, ce changement de mindset permets d’être plus en accompagnement plutôt que de voir l’enfant comme un “dérangement” à l’ordre établi.

On prends alors le temps pour vrai, de régler chaque chose de la meilleure façon possible, car ça, c’est notre priorité.

On reconnaît qu’être bien, émotionnellement, physiquement, en sécurité, c’est ça la vraie base d’un développement sain. Ce n’est pas savoir tracer un A à deux ans. C’est plutôt savoir que le monde est bon, que nos besoins sont importants et que ce qui nous intéresse est valable.

De quoi ont besoin les enfants au préscolaire? 

D’avoir acquis des connaissances (sur soi-même, et le monde qui nous entoure) et compétences de base (gérer ses émotions, régler un conflit autant qu’utiliser son corps entier de différentes façons, reconnaître des odeurs, soulever… ). C’est ainsi que l’enfant naturellement va s’ouvrir au monde avec une curiosité, qui deviendra le moteur pour le motiver à apprendre et découvrir le monde qui l’entoure. C’est au travers de grandes périodes de jeu libres que l’enfant acquiert la plupart de ses compétences.

– Offrir moins n’as pas à égaler offrir rien-

Parfois, on a l’impression que choisir la simplicité c’est se contenter de regarder les fourmis 12 heures par jour, mais c’est bien tout le contraire… Si on aime réellement et notre groupe aussi faire de gros bricolages, alors on en fait. Pareille pour toutes les activités, la simplicité n’est pas un jugement sur ce qui est “bon” ou pas.

En fait, offrir moins c’est justement en arriver à avoir plus de temps pour faire plus de ce qu’on aime, de ce qui a du sens.

(……)

(…..)

8h30: mardi matin. Un bébé (plus fatigué ces jours-ci ) s’est endormi en portage dans mon dos, un autre joue par terre à mettre des blocs dans un bol de métal. Toc, Toc, les blocs résonnent au fond du bol, motivant l’enfant à recommencer pendant plusieurs minutes. Je l’observe, attendant une invitation tel un regard vers moi pour commenter ce qu’il fait. En attendant, je prends une note mentale de son intérêt du moment.

11h30: Je prépare le dîner quand une petite fille de 2 ans cherche à attirer mon attention. Je lui détaille ce que je prépare et l’invite à m’aider. Elle grimpe sur une chaise et m’aide à brasser un délicieux curry au lait de coco. Les odeurs sont magnifiques.

(….)

Bref.

Préparer une tourtière de millet et saisir l’occasion de pratiquer le mouvement de “rouler” avec le rouleau à pâte. Simplement.

 

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