Cinq minutes pour jouer - Zoé L-Sirois

Et s'il était possible de faire différement? bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Catégorie : contesduquotidien (page 1 de 8)

Ma famille est une courtepointe / Le moment où l’assiette pleine tomba au sol.

C’était un jour d’été bien ordinaire, si on peut qualifier ainsi une journée à l’ère covid. Ce qui suit s’est produit lors d’un début de soirée en juillet, alors que ma grande table était entouré d’enfants et que le soleil jaunissait le gazon dehors.

Rien de bien différent des jours précédents, un enfant distribuait les ustenciles, d’autres attendaient le signal pour manger. Une de mes filles, désignée comme serveuse ce soir-là, avait prit l’initiative de dépasser son mandat en proposant de couper la nourriture dans l’assiette d’un plus jeune.

Alors elle coupe avec attention quand dans un mouvement involontaire, l’assiette pleine échoue au sol. La nourriture à peine servie s’éparpille.

Un moment de flottement. Le poids de la honte, du moins de la déception.

Et alors, tout aussi naturellement que le reste, la courtepointe prends places.

-Hey, te rappelles-tu quand j’ai échappé….
– et la fois où….
– Attends ! Encore plus drôle !!!! La vinaigrette !!!

Un mélange d’histoires, certaines datant de bien avant leurs naissances, d’autres qu’elles ont vécus sont nommés une après l’autre : partage d’expérience, normalisation des accidents.

Supporté, porté par par les anecdotes, elle se mets en action : elle part chercher un linge, ramasse ce qui est tombé et ose même l’humour: “Eh ben! Il te reste au moins un morceau hahahahha”

L’enfant donc le repas est au sol est réconfortée de voir son assiette de nouveau pleine.

Tous s’asseoient. Le bonne appétit est lancé, on mange et on part sur de nouveaux sujets.

(….)
Ma famille est cent, milles courtepointes. Chaque jour, elle se tisse au fil des défis et des expériences. S’axer sur la relation c’est choisir le tissus de la courtepointe, pour qu’il soit (le plus souvent possible) supportant et réconfortant, plutôt que lourd et écrasant.

Ce n’est pas une question de perfection, c’est une question que l’ensemble soit suffisament fort et sécurisant pour pouvoir suffir même (malgré) les inévitables carrés plus négatifs.

C’était un jour de soleil ou de pluie.

C’était un jour de soleil ou de pluie.
Ce matin-là, enthousiaste, pendant le déjeuner j’ai dit: “Allons dehors.”
Avant même d’avoir but mon café matinal, j’était là en train de chercher des vestes ou des habits imperméables. J’ai ramassé la table en rappelant :”les souliers sur le tapis !” J’ai ramassé par terre, ramené un enfant chaussé sur le tapis, finis de ramassé un dégât causé lors du repas.

Dans ma tête, j’étais motivé par une image un peu utopique: moi buvant mon café chaud, en écoutant les rires d’enfants.

Mon cerveau est particulièrement doué pour éviter de me rappeler les étapes difficiles. Alors, plus tard, après avoir mis et remis et remis les bottillons du bébé, gérer 1 conflit de “Il détruit mon château !!”, je m’asseoit.

Il y a le bruit des oiseaux ou le bruit causé par l’effet ventouse du bébé qui “colle” dans la bouette. Le soleil chaud ou la pluie douce et fraîche.

Surtout, il y a eux. Leurs fascinations d’enfants, leurs émerveillements face à la nature, leurs jeux.

Je retrouve mon café tiède donc je n’ai pas encore but plus de 2 gorgées, tout en supervisant d’une main le trottinneur en cavale qui veut grimper, grimper, un peu partout.

Et puis ma fille me regarde et s’exclame: ” Quelle beau matin maman!”

J’approuve. Et au prochain matin, je sais déjà que je recommencerai, n’ayant gardé en tête que la conclusion.

Bon samedi ensoleillée !

Zoé

Jouer, prendre soin, en mode économie d’énergie / Miser sur l’ordinaire avec intention.

Aujourd’hui, j’ai une migraine. Depuis ma grossesse de Laurent, j’en ai régulièrement et les conseils sur la noirceur et le repos ne s’appliquent pas vraiment à mon quotidien. 😂

Cette tranche de vie s’applique à toutes les raisons possibles d’avoir moins d’énergie.

Je commence ma matinée tranquillement parce que j’attends l’effet du Tylenol pour être plus fonctionnel.

Et voilà que vers 9 heures, je suis prête à enclencher les routines de préparation, la douche, les dents.

Ça pourrait sembler bien ordinaire comme moment. J’ai choisis d’y mettre de l’intention pour le transformer en moment important, positif, joyeux.

On aurait dit les coulisses d’un événement important dans ma maison alors que chacune prit sa douche l’une après l’autre pour ensuite passer à travers des stations.

J’ai sortit la crème hydrante, le séchoir, la brosse, et même le parfum.

J’ai accueillit les plus jeunes à la sortie de la douche avec un :”Voici votre serviette, mademoiselle.” et j’ai proposé mes services de styliste aux plus grandes pour sélectionner leurs vêtements.

J’ai prit soin de chacune d’elle en peignant, séchant les cheveux tout en leur parlant. Elles ont brossés leurs dents en attendant leur tour.

J’ai regardé dans le mirroir et j’ai sourit. C’était beau. Leurs yeux brillaient.

Ce n’était que la période des douches, vous savez.

Plutôt que de tenter de concilier des tâches en même temps ou de tout faire vite, j’ai choisis de rendre ça important. De voir ce moment comme un espace privilégié dans le quotidien.

Ce n’était que la période des douches, rien d’extraordinaire mais j’en ai profité pour remplir leur réservoir d’attention. J’ai transformé un moment de routine en moment de qualité.

Une clé pour économiser de l’énergie ? Cesser de voir ces deux moments comme nécessairement séparé.
On souhaite évidemment avoir des moments de qualité avec nos enfants, mais on pense que la seule voie possible est le jeu.

Ça fait une grosse charge, cette pression de jouer suffisament tout en ayant cette routine à faire aussi (les nourrir, les laver, etc.) On peut avoir l’impression de ne jamais arrêter.

J’ai envie de vous proposer : Le prendre soin étant nécessaire, et si vous tentiez d’y mettre un peu plus d’intention pour en faire du même coup un moment de “remplissage” de réservoir affectif?

Des sœurs

À un moment, je me questionne sur la façon de gérer ces demandes dites exagérés. Certains diraient caprices. Je cherche l’équilibre entre tolérer la frustration et être reconnu dans ses besoins.

Elles, elles ne se posent pas de questions.

Si elle est triste parce qu’elle pense que sa moitié est moindre que sa soeur, celle-ci déclare :” j’en ai un de trop, je vais lui donner.”
Même chose pour le bol de la bonne couleur ou le plus grand verre.
Si elle échappe son verre de chocolat chaud, sa soeur propose de partager le sien.

Au début je craignais, je ne voulais pas que l’une d’elle donne tout sans recevoir. Ce n’est pas le cas, elles m’ont vite montrer qu’elles savaient tracer la ligne. Et j’ai appris à apprécier l’équilibre qu’elles réussissent à créer entre connaître ses besoins et être attentif à ceux des autres.

En temps de pandémie, quand chacun est un peu plus réactif, c’est une part de soleil dans la tempête.

Des bulles dans le bain et des émotions / mère en pandémie

Au dîner, Charlotte a mentionnée qu’elle s’ennuyais de mamie et qu’elle étais tannée de la maladie. Elle veut la voir en vraie sa mamie, pas juste en vidéo. Malheureusement, pour une fois, je suis bien limitée dans mes possibilités pour répondre à ses besoins.

Elle demande si elle peut prendre un bain, parce que ça lui fais du bien. J’accepte, et je suis soulagée de voir qu’elle sait reconnaître ce qui lui fais du bien: je me dis que nos enfants seront résilients après avoir grandis en temps de pandémie.

Je propose du liquide à bulle (fais maison) dans le bain. Les bulles restent à la surface de l’eau ce qui ajoute une dimension sensorielle vraiment agréable. L’eau c’est son monde imaginaire, la chaleur de l’eau, l’odeur des bombes de bains..

Je ne peut lui donner ce qu’elle veut, mais je peut lui apprendre à prendre soin d’elle, à vivre au travers tout ça.

Au même moment.

Alice pleure, couché sur le plancher. Elle veut prendre son bain, elle aussi.

“Tu aimerais prendre ton bain”: je confirme.

Une fois qu’elle est attentive à moi, connectée, je propose:” Et si j’écrivais sur un papier que tu pourras prendre un bain après ta sieste, pour être sure que je n’oublie pas ?”

Ce n’est pas suffisant.
Je décide de tenter l’imaginaire et papa embarque aussi dans le jeu.
“J’aimerais qu’on aille 2 bains!”, dis-je.
“3!” Renchérit papa.

Elle approuve.

“Où est-ce qu’on mettrais le deuxième bain?”
“Dans ton lit???!!!”
Et on rit un peu, s’imaginant dormir dans l’eau…
“Viens, dans mes bras” dis-je en l’apportant dans son lit.
“Alors c’est ici, qu’on prendrais notre bain…” dis-je en me couchant avec elle dans son lit. Sa tête repose sur mon bras, nous sommes collés et je chantonne…

“Si mon lit était un bain, je ferais dodo dans l’eau…”

Je répète la même phrase constamment en chantant, parce que je veut apaiser et non stimule..

Sa respiration est calme, elle baille.

J’appuie un peu sur son dos doucement pour faire une pression, pour favoriser son sommeil. Je fais des caresses sur son visage. Je chante toujours mais je suis passé au berceuse. Elle tiens ma main.

Et ainsi, elle s’endort.

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