Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Catégorie : contesduquotidien (page 1 de 7)

Des bulles dans le bain et des émotions / mère en pandémie

Au dîner, Charlotte a mentionnée qu’elle s’ennuyais de mamie et qu’elle étais tannée de la maladie. Elle veut la voir en vraie sa mamie, pas juste en vidéo. Malheureusement, pour une fois, je suis bien limitée dans mes possibilités pour répondre à ses besoins.

Elle demande si elle peut prendre un bain, parce que ça lui fais du bien. J’accepte, et je suis soulagée de voir qu’elle sait reconnaître ce qui lui fais du bien: je me dis que nos enfants seront résilients après avoir grandis en temps de pandémie.

Je propose du liquide à bulle (fais maison) dans le bain. Les bulles restent à la surface de l’eau ce qui ajoute une dimension sensorielle vraiment agréable. L’eau c’est son monde imaginaire, la chaleur de l’eau, l’odeur des bombes de bains..

Je ne peut lui donner ce qu’elle veut, mais je peut lui apprendre à prendre soin d’elle, à vivre au travers tout ça.

Au même moment.

Alice pleure, couché sur le plancher. Elle veut prendre son bain, elle aussi.

“Tu aimerais prendre ton bain”: je confirme.

Une fois qu’elle est attentive à moi, connectée, je propose:” Et si j’écrivais sur un papier que tu pourras prendre un bain après ta sieste, pour être sure que je n’oublie pas ?”

Ce n’est pas suffisant.
Je décide de tenter l’imaginaire et papa embarque aussi dans le jeu.
“J’aimerais qu’on aille 2 bains!”, dis-je.
“3!” Renchérit papa.

Elle approuve.

“Où est-ce qu’on mettrais le deuxième bain?”
“Dans ton lit???!!!”
Et on rit un peu, s’imaginant dormir dans l’eau…
“Viens, dans mes bras” dis-je en l’apportant dans son lit.
“Alors c’est ici, qu’on prendrais notre bain…” dis-je en me couchant avec elle dans son lit. Sa tête repose sur mon bras, nous sommes collés et je chantonne…

“Si mon lit était un bain, je ferais dodo dans l’eau…”

Je répète la même phrase constamment en chantant, parce que je veut apaiser et non stimule..

Sa respiration est calme, elle baille.

J’appuie un peu sur son dos doucement pour faire une pression, pour favoriser son sommeil. Je fais des caresses sur son visage. Je chante toujours mais je suis passé au berceuse. Elle tiens ma main.

Et ainsi, elle s’endort.

Reconnexion

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La grande conversation sur les petites soeurs / Faire fâcher les grands

Dernièrement, j’étais avec les enfants quand une situation survient: rien d’exceptionnelle, ma fille de 3 ans expérimente comment provoquer des réactions dans sa fratrie. Ça m’as rappelé qu’il était temps que ma 5 ans rejoigne le club des grands qui savent.

Je l’interpelle : “Charlotte, j’aimerais t’expliquer les règles du jeu je vais faire fâcher ma soeur….:

Je n’ai pas finis ma phrase que j’entends ma 10 ans s’exclamer à sa soeur de 8 ans :” oh!!! Ce jeu-là, tu l’as utilisé souvent à 3 ans, je m’en souviens !”

Il semble qu’il y a des choses qui ne changent pas, comme le plaisir de faire fâcher sa soeur :p.

Ce que j’explique à mes enfants, c’est que certains comportements légèrement dérangeants de leur petite soeur ont pour objectif de provoquer une réaction. Qu’on peut les désamorcer en restant de bonne humeur, que nous faire fâcher c’est un peu sa façon de “gagner” son jeu. Après tout, nous avons le pouvoir de choisir nos réactions et de laisser l’autre les influencer ou pas.

Parfois, je vais le nommer à l’enfant en situation: “oh, (clin d’oeil), on dirait que… “

Ça n’enlève pas le fait qu’ils peuvent mettre leur limites, que je vais les aider, que je vais continuer à travailler les habiletés sociales avec la 3 ans. Le seul objectif c’est qu’ils ne tombent pas dans les cris/lirage etc.

Parce que, si l’enfant de trois ans découvre que, sur commande, elle peut faire crier sa soeur; elle va le faire. Elle va le tester à fond avec toutes les variables possibles. Oh.

Si on parvient à outiller les plus grands pour qu’ils ne soient pas étonnés, et soient même fiers de ne pas réagir (parce que hey, ils voient le jeu venir), on réduit de beaucoup le renforcement, la motivation du plus petit. Ça devient plus facile à gérer.

C’est également une façon d’introduire le concept du pouvoir qu’on as toujours, comme humain, sur notre façon de réagir.

Une fenêtre d’opportunités / la force de l’intrinsèque

Pendant le repas du soir, les enfants se sont mis à parler de manèges. Ils racontaient leurs expériences passés, et tentait d’imager verbalement un de ces manèges qu’ils avaient déjà vu. “Ça serait plus facile si je pouvais te le dessiner.”

Après le souper, j’ai imprimé quelques photos de manèges avec l’intention de les mettre dans les coins blocs et dessins. Nous avons ramassé la cuisine et j’ai mis crayons, cartons, ciseaux, colle sur la table. J’ai proposé aux enfants de construire des manèges (et j’avais prévu plus tard leur proposer de raconter une aventure sur le sujet. À suivre). Ce n’était pas une proposition très complexe et c’était le but, je sentais que ça répondrais parfaitement à un mercredi soir ordinaire.

Ce qui est le plus intéressant par contre, c’est ce qui s’est passé ensuite.

Charlotte a dessiné un manège puis a rapidement bifurqué vers l’écriture des lettres de l’alphabet. Elle en as écris plusieurs de mémoire puis est allée voir l’affiche pour se remémorer les autres.

Alice a découpé du papier avec passion pendant que les autres créaient leurs projets.

Je trouve ça renversant, beau, fort, riche. C’est absolument tout ce pourquoi je fais ce que je fais.

Peu importe le “projet”, elles retournent naturellement vers là où leur développement les amène. On appelera ça des périodes sensibles, des expériences clés selon la pédagogie.

Ça va sembler très simple mais créer un environnement où elles ont (1) la liberté de suivre leurs pulsions créatrices (2) suffisament confiance pour essayer, prendre des risques (3) suffisament de simulation pour développer ces périodes et les explorer. (4) le bon matériel disponible au bon moment.

Ça là, ce n’est pas rien.
C’est tout là le travail invisible qui se cache derrière le “jeu libre.”

Ps: Charlotte as commencé enquête au village des sons, elle est prête, c’est vraiment excitant !

Donner la main / le jeu du robot

Je ne suis pas une grande convaincue du besoin que mes enfants me tiennent la main en tout temps. Je préfère plutôt les habituer avec des consignes de sécurité et globalement ça suffit la majorité du temps.

Je leur ai appris en jouant des mots qui signifient d’arrêter de marcher ou le contraire, et régulièrement je vérifie qu’elles s’en souviennent. Ça me permets de m’assurer à distance qu’en une syllabe, je peux les faire s’immobiliser si c’est nécessaire. Ça leur donne la liberté de marcher, courrir parfois sur le trottoir en toute sécurité. Je les incite aussi à être attentives aux stationnements et autres dangers possibles.

Elles donnent la main dans deux occasions précises :
– traverser la rue
– dans un endroit public bondé

Avec le temps, nous avons créer un petit jeu qui reprends le principe des pré-requis. Je suis un robot activé uniquement lorsqu’on tiens mes mains. Si on lâche ma main, j’arrête de marcher.

Charlotte et Alice aiment beaucoup ce jeu, où elles ont la responsabilité de me tenir la main pour que je puisse marcher. Je vais faire des bruits de robots parfois pour ajouter au contexte. C’est agréable !

Ça fonctionne aussi parce que dans notre famille, la conséquence prévu lorsqu’on ne tiens pas la main est qu’on ne traverse pas la rue. C’est relié et logique.

L’autre chose que j’ai implanté, et j’en avais déjà parlé, c’est que j’ai une petite chanson associé à la traverse de la rue. Je chante dès que mes pieds touchent la rue et mes enfants ont associé cette air à tenir la main et traverser. Ça devient automatique : je chante et ils prennent ma main.

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