Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Catégorie : bébé (page 1 of 3)

L’attachement c’est la conversation la plus importante de la vie de nos bébés.

Une conversation faite de gestes, de regards encore plus que de mots. Ce qui compte c’est le rythme: une demande, une perche tendue doit mener à une réponse. Une relation basé sur l’interaction. Sur le “prendre soin”.

Le bébé ne parle pas encore, mais il communique et c’est la capacité de l’adulte donneur de soins d’y répondre qui lui permettra d’entendre la base de son estime de soi: Le monde est bon. Ses besoins sont importants. Et c’est une des raisons pour laquelle il sera confiant de s’éloigner plus tard, d’explorer le monde.

C’est ainsi que la mère et l’enfant entrent dans une danse, une valse. Le bébé regarde sa mère et elle lui parle. Le bébé pleure, et elle le nourrit. La mère parle, et le bébé se retourne pour la regarder. Parfois la danse est imparfaite, mais la perfection n’est pas l’objectif: on vise le suffisamment bien.

Ce rythme de conversation qui peut sembler simple et évident est pourtant menacé par plusieurs facteurs extérieurs. Parce que si l’adulte significatif est sur son téléphone la majorité du temps, il peut manquer le bébé qui cherche son regard. Parce que si les besoins de la mère ne sont pas répondus, elle peut manquer de disponibilité pour répondre à ceux du bébé.

Plein de causes simples et complexes peuvent entraver le dialogue. C’est là qu’il devient important qu’un autre adulte significatif prenne le relais dans certains cas d’ailleurs.

Oh, et il y a aussi cette croyance obsolète qui dicte que les.paroles d’un bébé ne sont “que des pleurs”. Qu’il faut cesser de répondre aux besoins pour qu’il comprenne qu’il ne sert à rien de demander.

Bref. L’essence de mon maternage? La proximité pour faciliter ma disponibilité. Le choix de considérer les besoins de mes bébés comme pertinents et réels.

Il y a des livres entiers sur le sujet et évidemment, je prends des raccourcis ici pour vulgariser, mais j’ai envie de vous inviter à l’imaginer tout simplement comme une conversation au fil du temps.

Un parent, son bébé. Et l’attachement qui se dessine entre les deux.

Voici pourquoi j’insiste pour que tu déposes ton téléphone.

La réponse courte : pour les enfants. Que ce soit les miens, les tiens, les nôtres…

Je sais que c’est une discussion délicate à avoir en 2019, que c’est dans l’ère du temps et que je ne suis pas parfaite non plus. Qu’il semble que les limites soient encore à définir alors que les possibilités sont de plus en plus nombreuses à partir d’un écran tenant dans notre main.

S’il te plaît, lis moi jusqu’au bout. Je veux te témoigner ce que je vois, ce qui m’inquiète, ce que je vit.

J’ai envie de te parler des fois où tu commences un moment de la routine, qu’il s’éternise et que tu décroches ton téléphone parce que c’est long, longtemps. Pendant qu’ils brossent leurs dents ou finissent leur repas. Tu veux simplement te distraire.

Surtout, de ce qui arrive ensuite : ils partent de la table sans que tu ait remarqué qu’ils n’ont pas mené la routine jusqu’au bout et laissé traîner leur bol. Tu interviens mais déjà un peu trop tard, en réaction plutôt qu’en pro-action. Des reproches plutôt qu’un accompagnement.

Distrait.

J’ai envie de te parler des fois où les enfants jouent calmement et tes yeux suivent le fil d’actualité. Soudainement, une chicane éclate, au moment où tu lève ton regard il est déjà trop tard. Bien sûr, tu peux chicaner mais difficile de trouver des solutions quand tu n’as pas suivi le fil de la situation. Qui a commencé? Quels étaient les signe avant-coureurs?

Absorbé.

J’ai envie de te parler des fois où tu regarde Pinterest en t’abreuvant des réussites des autres jusqu’à ce que tes enfants agissent de façon dérangeante pour t’en tirer. De la conclusion trop rapide que ton cerveau tire alors: leur éducation c’est un échec. Faisant fit du bon, que tu n’as pas vu aveuglé par celui des autres. Parce qu’après tout, c’est parce qu’ils jouaient tranquillement que tu as eu l’occasion d’étancher ta soif de l’Internet.

Envieuse.

Oh, et je veux te parler de quelque chose que tu as probablement déjà remarqué. Tes enfants cherchent ton attention. Quand ils ne la trouvent pas dans le format désiré, ils se comportement mal. Et quand ils se comportent mal, je te voit plonger à la recherche de la solution. Sur cette écran des possibilités.

Cercle vicieux.

Tu doutes. C’est ce qui m’inquiète le plus. À force de t’abreuver de tout ce qui se fait, tu oublies ce que tu es. Bien sûr, il y a des idées mais n’oublie pas ton instinct. Quand tu es dans l’agitation, passant de la technique d’une blogueuse à une autre, tes enfants perdent leur repères et s’agitent. Concluant que tu n’as pas trouvé la bonne, tu change encore, ébranlant de nouveau leurs bases.

Trop d’informations.

(….)

Oh, je ne te fait pas la morale. Je voit le bon aussi, la possibilité d’avoir du support 24/24, de t’ouvrir à d’autres personnes comme toi, de découvrir des techniques qui vont réellement aider. Le problème n’est pas la technologie, ce téléphone est merveilleux. C’est l’abondance, le wifi, les données 24/24.

Tout ce que je veux t’expliquer c’est que, mon amie, mon conjoint, ma soeur, je pense que tu devrais lâcher un peu ton cell.

Fais-le pour les enfants.
et pour toi, aussi.

❤️

T’aimer si intensément – 12 jours de vie

Ou plutôt 12 jours à être là, d’une présence parfois sonore, souvent attendrissante pour l’oeil. Parce que ta vie, ta présence à toi, a commencée bien avant pour moi.

Il y a 2 semaines encore, je te parlais à haute voix alors que ta présence n’étais visible que par une rondeur dans mon corps. Chaque fois, papa m’interrogeait “quoi?” Et je répondais que je ne lui parlais pas; c’est avec toi que je communiquait mon bébé. Je commentais tes mouvements,  te promettais de traverser tes hoquets terrestres avec toi, te disait:” oh, je sait que c’est bruyant parfois ici, ne t’inquiète pas c’est la vie qui se déroule.” Depuis que ta place est dans mes bras, papa continue de répondre “quoi?” quand nous sommes seuls tous les trois et que je te murmure quelque chose.
De mon ventre à mes bras, de la chaleur de mon utérus à ta place sur ma poitrine: tout a changé mais rien à la fois.

C’est que pour moi, c’est comme si tu avais toujours été la. Impossible d’imaginer un monde sans toi. Impossible d’imaginer me réveiller le matin et ne pas pouvoir admirer ton petit ventre qui se soulève. L’amour intense doublée de peur. Aujourd’hui j’ai peur parfois que ton souffle s’essouffle; hier j’ai eu peur de ne plus sentir tes mouvements en moi.

C’est que tu as toujours été là mon bébé. Tu as attendu patiemment ton tour; tu est resté au creux de mon ovaire, un rêve dans ma tête, alors que tu as vu tes soeurs naître une par une. Quand j’ai eu mal à la mâchoire à force d’embrasser ta soeur aînée, renversée par l’amour si intense. Tu étais là quand j’ai aimé ton père, un peu tout croche comme aiment les adolescents la première fois. Tu étais la quand nos chemins se sont séparés, et recroisés des années plus tard.

Tu es un merveilleux fruit du destin mon bébé.

Je te regarde dormir, mon seul souhait pour toi serait que je parviennes à te faire ressentir la pureté de cette amour toute ta vie. Que tu saches que je t’aime si fort, maintenant, et surtout, quand tu hurleras à 2 ans, quand tu ne comprendras pas pourquoi je dit non à 4 ans, quand tu auras l’impression que je manque de temps pour écouter tes histoires à 6 ans. Que moi même je soit capable de me rappeler, qu’un jour tu as été ce si petit bébé que j’ai rêvé de mettre dans une bulle pour protéger son sommeil. Je veut me souvenir de cet amour intense, quand la routine un peu chaotique dirigeras nos vies.

J’admire le miracle que tu représentes. Quatre enfants et j’ai encore du mal à me figurer comment nos corps peuvent créer un être humain aussi unique chaque fois. Chacun de tes étirements me fascinent. Tes bâillements, ta façon de chercher le sein, tes grands yeux curieux qui regardent de gauche à droite.

Mon bébé, ma fille, je t’aime si intensément.

Notre rencontre dans la tempête : la naissance d’Alice.

Il y a quelques mois, alors que je pleure, dépassée par une crise de ta grande sœur; ton papa ne dit rien mais il a un pressentiment. Il n’est pas surpris du test positif quelques jours plus tard. C’est très drôle car tu est apparut dans mon ventre exactement le mois que nous avions prévu en blaguant : tu naîtras dans la même période de l’année que tes trois sœurs.

Les rencontres avec la sage-femme restent courtes et rapides au fil des mois : tu es mon quatrième bébé alors les questionnements sont rares. Nous voulons simplement un accouchement naturel, pour ensuite profiter de notre famille. Lors de la grossesse de ta sœur, ton papa m’avait dit que sa seule peur pour l’accouchement étais que je meurt, j’avait trouvé ça intense, pour moi ce n’étais même pas un risque. Cette fois-ci, il n’étais pas stressé, il espérait seulement ne pas manquer ta naissance parce que j’accouche rapidement.

À l’échographie, nous rions quand on nous annonce que tu es une petite fille. Nous ne sommes pas surpris, après trois filles, il semble que je soit destiné à porter des filles.

Les sages femmes me rappelaient à chaque rendez-vous d’appeler dès le premier doute de travail; elles devaient avoir le temps d’arriver! Mon dernier accouchement a duré moins de 2 heures.

Je prépare ta naissance. La liste de numéros de téléphones d’urgence est affichée. Le piqué en plastique au bruit agaçant pour protéger le matelas. Je fait du yoga. J’utilise beaucoup le ballon pour soulager mon dos. Je dit à tout le monde que tu pèsera plus de 8lbs, je le sent…

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J’ai tracé un grand décompte sur un carton dans la cuisine, chaque semaine nous encerclons le nombre de semaine de grossesse correspondant. Le mardi, nous encerclons le chiffre 40. Nous sommes curieux de savoir quand tu naîtra, sachant que ca arrivera bientôt. Ton papa, avec raison, a prédit le 4 novembre, une suite logique à la naissance de tes 2 dernières sœurs (elles sont nés à 40+2 toutes les deux, et pour toi ça donne 40+3).

Ce matin-là, un peu avant 5h, j’ai été réveillée par une contraction très douloureuse: rien d’anormal, c’etais normalement un signe de vessie trop pleine. D’autres contractions, moins douloureuses ont suivis, avec seulement des 3-4 minutes d’écart. J’ai été prendre un bain rapide pour voir si ça arrêtais le travail: aucun effets.

À 5h tappant, tes soeurs se sont toutes réveillées une après l’autre. Elles se réveillent toujours vers six heures normalement alors ça m’as un peu déstabilisée. Je les ai envoyé déjeuner alors que j’essayais d’évaluer le sérieux ou non de mes contractions.

Vers 5h15, j’appelle la sage-femme, au cas où ce soit le bon moment mais je doute encore un peu, elle me réponds qu’elle viendra m’examiner au cas ou… Puis j’appelle ton papa qui est chargé d’appeler ta mamie afin qu’elle vienne s’occuper de tes sœurs.

Celles-ci déjeunent encore et discutent a table alors que je calcule les contractions dans mon lit en les écoutant parler. C’est la vie normale qui se déroule juste a coté alors que les vagues sont la, régulières. Je suis couchée sur le ventre, sous la robe de chambre de papa.

Vers 5h30, les contractions sont plus douloureuses, et papa me préviens que mamie aura du retard. J’appelle donc mon père qui habite plus près pour venir en attendant. À un moment Charlotte vient demander du lait-lait alors elle s’installe coucher à côté de moi et tête un peu avant de repartir. Pendant qu’elle boit, les contractions sont peu présentes, un cinq minutes de calme.

La sage femme arrive et salue tes soeurs, leur demandant si elles ont hâte de te voir. Elles ont effectivement très hâte !

Je suis encore couchée, dans ma bulle. Elle me demande où est le café et je répond un peu n’importe quoi, je suis là mais ailleurs. Je suis au milieu des vagues, dans mon cocon de chaleur.

Dès son arrivée, je mets mon téléphone de côté, je n’ai plus besoin de calculer les contractions, tu sera bientôt la, je le sais…

Elle avait parlée de m’examiner au téléphone, mais finalement elle opte pour tout installer tout de suite… Elle est probablement consciente que ça risque d’aller vite.

Papi arrive juste après la sage-femme. Celle-ci s’occupe de tout installer alors que je continue de vivre dans les contractions presque constantes.

Mamie arrive, elle fait du café et je les entends discuter de tout et de rien. C’est un souvenir très important pour moi, je t’attends, on t’attends, dans le calme et le bonheur. La douleur est là, oui, mais dans le reste de la maison, la routine matinale continue.

Ta mamie prépare aussi un café pour la sage femme qui a été réveillée tôt.

Celle-ci m’examine finalement et je suis à 9cm, tu sera bientôt la! Il est environ 6h30. À un moment, j’entends ta mamie demander à la sage-femme si elle pense que tu naîtras ce matin, ce à quoi elle réponds que ce sera dans la prochaine heure.

Papa arrive enfin! Les contractions sont maintenant très intenses. Je demande à ce qu’on éloigne les enfants, alors comme prévue elles sont installés dans le sous-sol avec un film, coupé du son et de ce qui arrive en haut. Les points de pression me soulage énormément, je les exige à chaque contractions.

La douleur est très forte, ça me rapelle mon dernier accouchement, ce moment où seul la poche des eaux retient la tête. J’ai l’impression que je n’y arriverai pas, je tombe un peu en mode panique, la douleur est trop forte et je n’en peut plus. La sage-femme m’examine, tu es prête à sortir. À la prochaine contraction elle crèvera les eaux. La deuxième sage femme va chercher ton papa, qui est en train d’aider à installer les grandes en bas, elle lui dit de venir maintenant pour ne pas rater ta naissance.

Elle crève les eaux, je pousse, je sent ta tête descendre puis je la touche de mes doigts. Je pousse encore, ta tête est sortie, il ne reste que les épaules à passer. Tu pousses ton premier cri alors que j’attends la prochaine contraction pour pousser encore, et que ton corps est encore en moi…

6h45*: on te dépose sur moi. Mon bébé est là !

J’ai passé des mois à préparer la suite; nous avons acheté des draps remplis de douceur pour nos premiers jours ensemble, du jus en boîte (celui que j’ai eu de la difficulté à résister à boire en entier enceinte) est dans la table de chevet, le congélateur contient des repas rapides. J’imaginais ton arrivée dans mes bras rimer avec la fin de la douleur et le début du bonheur. Je te voyais ramper jusqu’à mon sein, tes sœurs venant te rencontrer…

Mais voilà, 6h46*, l’orage éclate. Tu es en parfaite santé mon bébé, mais dans la minute suivant ta naissance, ma santé à moi commence à décliner.

Je perds (trop) de sang, la sage femme tombe en mode protocole. Elle coupe rapidement le cordon et dit à papa de se préparer à te recevoir en peau à peau.

Tu as une minute de vie et tout ce qui étais prévue pour la suite vient de s’écrouler.

On me donne une piqûre, un médicament sous la langue, puis un autre, puis un soluté. On m’aide à faire sortir le placenta espérant que ça fonctionne. Encore du sang.

On demande à ton papa, collé à toi, d’appeler le 911 “juste par prévention”, elles espèrent encore reprendre le contrôle. Le répartiteur est surpris que ce soit papa qui appelle, il lui demande pourquoi ce n’est pas les sage-femmes qui font l’appel et papa lui réponds qu’elles sont trop occupés.

Je voulais pour toi une naissance dans le calme, et tu vit tes premiers moments dans le stress ambiant.

La sage femme tente d’arrêter le saignement en maintenant une pression interne et externe sur l’utérus. À la seconde qu’elle retire sa main, de gros caillots passent. Elle remets ses mains en place pour contrôler le saignement. Les ambulanciers arrivent, elle les informe qu’elle ne peut pas retirer ses mains tant qu’elle n’est pas devant le gynécologue prêt à réagir. Ils m’installent dans un brancard sans jamais qu’elle retire ses mains. Ton papa les voit partir, leur demande quoi faire avec toi, la sage-femme réponds de venir les rejoindre à l’hôpital. Elle est avec moi sur le brancard alors qu’on embarque dans l’ambulance. Parfois l’autre sage femme prends le relais pour la pression externe: sa main est engourdis. Elle essais de me rassurer: peut-être que le saignement est déjà finit, elle ne veut prendre aucun risque. Quatre petites filles ont besoin de moi.

À l’arrivé à l’hôpital, ça semble un peu mieux. Elle retire sa main. Les saignements se calment légèrement bien qu’ils restent présents. Pendant ce temps, tu rencontres tes sœurs puis papa t’habille rapidement, tu feras ton premier trajet en auto à moins d’une heure de vie. Il vient nous rejoindre. Notre première rencontre ne dure pas longtemps; tu prends le sein quelques courtes minutes puis je dois te retirer: le bloc opératoire m’attends. Même si moins intenses, les saignements restent constants et personne ne comprends pourquoi : j’ai pourtant reçu plusieurs médicaments et ça devrait être complètement arrêté. En attendant le bloc, tu es pesé. Depuis des semaines, je dit que je sent que tu dépassera le 8lbs, et j’ai raison. Tu pèse 8lbs 1 once.

Vers 10 heure. Je pleure en attendant mon tour au bloc, tu va avoir soif et tu as besoin de moi. Le médecin me rassure, une révision utérine et peut-être un curetage, c’est rapide. 45 minutes et nous serons ensemble mon bébé. 45 minutes et enfin nous serons tranquille, à se coller.

Je suis endormie.

[….]

2 heures passent. Papa n’as pas de nouvelles encore. Peut-être un délais à cause d’une chirurgie plus urgente?

[…]

La gynécologue vient rencontrer papa et toi, qui m’attendez encore… Elle lui explique que ça ne va pas bien. Mon état est critique, je perds énormément de sang, et ni le curetage ni le ballonet n’ont fonctionné. Ils m’envoient en radiologie subir une embolisation (en résumé : obstruer l’artère en passant par l’aine, afin de couper le flux sanguin vers l’utérus). Si ça ne fonctionne pas, ils vont enlever l’utérus. J’ai perdu 2 litres de sang, le saignement doit absolument arrêter.

Papa a peur, il pleure avec toi dans ses bras, en te nourrissant à la seringue (il évite le biberon pour préserver mon allaitement). C’est dur à admettre encore aujourd’hui mais il y a eu un moment où ils ont craints qu’on ne se rencontre jamais, mon bébé.

J’ai reçu quatre transfusions de sang et deux de plasmas. C’est en grande partie ce qui m’as sauvé mon bébé, on me l’as répété plusieurs fois.

Papa se couche avec toi en peau à peau.

De la chance dans la tempête : ma cousine travaille justement à l’hôpital ce jour-là et veillera à le supporter et l’aider à avoir tout le nécessaire pour prendre soin de toi.

[….]

Je me réveille vers l’heure du souper, j’ai soif. Je ne me rends pas compte des fils tout de suite, ni que je suis aux soins intensifs. J’ai juste soif et je ne peut pas boire. Je demande à te voir, ma gorge est douloureuse quand je parle.

On m’explique que je dois rester coucher absolument, de toute façon mon corps est trop faible.

Papa et toi arrivez, je suis presque incapable de bouger. Je ne peut pas te prendre ni t’avoir sur moi; l’infirmière prends le temps de t’installer à côté de moi…

Tu es belle mon amour.

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Tranquillement je prends conscience de ce qui est autour de moi. La sensation des bas compressions sur mes jambes qui gonflent à un rythme constant. Mes 2 bras qui ont des solutés, la voie artérielle, les moniteurs, la sonde urinaire, la morphine libre-service. j’interroge constamment les infirmières sur tout, chaque bonne nouvelle sur mon état me rapproche de toi et moi collé dans mon lit.

Nous sommes ensemble mais je ne peut que te regarder. Regarder les autres te manipuler. J’ai droit à presque 2 heures avec toi, puis tu doit me quitter. Tu va dormir à la maison avec papa. Ta mamie va rester avec vous pour la nuit, afin que ton papa puisse revenir à l’hôpital en cas d’urgence.

Après ton départ, j’ai droit à un premier essais assis. Je mange du jello. Je dort. Je rencontre le radiologiste qui s’est occupé de moi. Il dit que j’ai été chanceuse, un timing parfait, il sortait d’une opération quand ils ont eu besoin de lui pour moi.

[….]
3 heures du matin.

Le responsable des soins intensifs vient me voir. Mon état va beaucoup mieux, ma pression a remonté, mon hémoglobine semble stabilisé. J’aurai mon congé des soins intensifs le lendemain matin. Il m’explique ce qui s’est passé: j’ai fait peur à beaucoup de gens. Il est merveilleux; il autorise dès maintenant l’allaitement et le retrait de certains moniteurs et d’un soluté pour que ce soit possible.

J’appelle ton papa, qui te prépare pour venir me rejoindre. Je suis très heureuse; enfin mon bébé nous serons ensemble !

On me met une poche de soluté qui brûle en pénétrant dans mes veines. Je t’attends.

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21 heures après ta naissance, tu es enfin déposée à côté de moi, sans rien pour nous séparer. Papa doit m’aider à te mettre au sein mais nous sommes ensemble.

Quelques heures plus tard, ta tante prends le relais une deuxième fois de papa. Hors de question de nous séparer maintenant qu’on est ensemble, mais mes mouvements sont encore limités.

Le deuxième jour est difficile. Tu hurles quand j’essaie de te mettre en peau à peau. Tu refuses le sein. J’ai peur de ne jamais arriver à ce moment espéré : toi collé contre moi qui s’endort paisiblement en tetouillant.

Pour toi, j’ai une odeur de tempête, on dois prendre le temps de s’adapter ensemble, de te rassurer. Tout va bien mon bébé, maman est là.

Les levés sont atroces, j’ai mal, j’ai peur de saigner…J’ai besoin de quitter l’hôpital pour qu’on soit au calme toutes les deux mais je me rends compte que je n’aurai pas mon congé si je n’arrive pas à me déplacer seule. Je passe ainsi la soirée à forcer mon corps douloureux à se mouvoir. Le lendemain je convaint le médecin de me laisser quitter plus tôt..

La sortie d’hôpital est remplis de rires.. ton papa et moi sommes tellement heureux.

Notre petit nid dans mon lit. Puis doucement on y arrive. On dort collé une première fois alors que tu es bien emmailloté. Puis un autre jour tu prends le sein sans pleurs.

Et nous voilà à jour 7, collées ensemble dans les draps super doux, tu te réveilles, tête un peu, te rendort collée contre moi…

Le bonheur après la tempête…

(…)

Le premier mois est difficile. Mon corps est faible. Je suis étourdie facilement, limitée dans mon énergie. Mon hémoglobine est basse et je le ressent. Je passe une grande partie de mes journées à dormir avec toi et t’allaiter. J’installe la chaise berçante dans la cuisine et j’y passe de plus en plus de temps au fil des jours. Je suis heureuse, collée sur toi, à profiter de la vie de famille de ma chaise.

Noël approche, je t’installe en portage sous mon manteau et je vais prendre une première marche. Ta sœur est fascinée par les décorations, elle s’asseoit pour les admirer.

En janvier, je vais mieux. Physiquement, je suis remise; j’ai gagné contre l’anémie.

Puis, après le corps, j’ai dut guérir mon esprit. Écrire, parler, t’aimer, pour faire le deuil, accepter…

J’ai fait un journal, j’y ai écrit tout ce que j’avais manqué, ce qui me rendait triste. Et de l’autre l’autre côté de la page, j’ai écrit tout ce que j’était heureuse d’avoir vécue. Au fil des jours, la colonne positive s’est agrandit et à dépassé le négatif.

Quelques mois après, j’ai revu le gynécologue, j’avais besoin de parler du futur. Il m’as regardé droit dans les yeux et m’as dit: ” si tu veux un autre enfant, je ne te laisserai pas mourrir, ne t’inquiète pas de ça…”

….

J’ai écrit plusieurs articles sur le sujet sur différents blogs, magasines, sur notre allaitement aussi. J’ai raconté, raconté, raconté, aux autres et a moi-même aussi. Je suis allée à des rencontres pour mamans. Je pense que j’avais besoin de raconter pour accepter que c’était vraiment arrivé. Et tranquillement, j’ai commencé à moins ressentir le besoin d’en parler.

Et nous voilà à quelques jours de tes un an. Tu es mon bébé le plus calme, mais aussi la plus colleuse. J’aime être près de toi et toi de moi. Tu as une personnalité fascinante. Il y a quelques jours, tu t’es levé au milieu du salon et tu as marché, juste comme ça.

Un jour tu vieillira et tu découvrira la tempête qui a entouré ta naissance. Sache que c’est ok. Ca valait la peine: tu valais la peine, je n’en ai jamais douté.

Rayonnes mon bébé, car tu es né tel un soleil lumineux au cœur d’une tempête.

*Je ne connais pas l’heure exacte de sa naissance. Personne n’as eu le temps de regarder.

Endormez votre bébé comme une photographe en 13 trucs

SVP ne pas copier, donner le lien plutôt 🙂

5h30 du matin, je viens de me faire un thé pour profiter de ma matinée après avoir rendormis bébé dans son lit.. et j’ai pensé vous faire une version 2016 d’un article publié il y a quelques années sur mon ancien blog… J’ai ajouté des trucs pour les bébés plus vieux vers la fin…



Chaque bébé est unique, et c’est dans cette optique que je donne chaque truc et son contraire 🙂
Avec le temps, vous parviendrez à déchiffrer plus facilement la personnalité de votre nouveau-né afin de pouvoir utiliser les trucs qui fonctionne le mieux.

1. Avoir confiance en vous. Être certaine que ça fonctionneras.
C’est un peu cliché mais c’est vraie. Un bébé sent votre hésitation et votre stress. Prendre de grandes respirations pour vous calmer le calmera aussi.

2. Ne pas lui faire de faux-espoirs
Un nouveau-né âgé de quelques jours as le réflexe de chercher à boire, donc j’essaie de ne jamais le tenir dans une position semblable à celle prise pour boire lorsque je veut l’endormir.

3. Être endormit ou pas.
Je rencontre deux types de bébés, ceux qui vont s’endormir en étant bercer, emmailloté etc, et certains bébés vont s’endormir mieux seul par eux-mêmes, sans notre intervention direct. On a souvent tendance à vouloir garder un bébé de quelques jours dans nos bras pour l’endormir, mais pour certains, les déposer sur une surface sécuritaire où ils pourront bouger un peu et doucement se laisser tomber dans les bras de Morphée est plus efficace.

4. La respiration de bébé
Celui-là est un peu plus compliqué, mais je le fait souvent remarqué aux parents pendant une séance. Pour moi c’est une façon de savoir quand déposer le bébé ou le changer de position. Lorsque bébé se rendort, sa respiration va changer, souvent il va respirer quelques fois plus rapidement avant de respirer doucement une fois profondément endormis. La meilleure façon de le savoir est de porter attention a`sa respiration.

5. Les conditions idéales
Un petit truc simple consiste à donner l’environnement idéal à bébé. Vérifier que la température de la pièce est parfaite par exemple, qu’il a bien but, fait son rôt…Ce sont des trucs de bases mais c’est important que tout soit optimal. Dans une séance nouveau-né, une grande partie du temps de séance est alloué uniquement à ce que bébé soit dans ces conditions optimales.

6. L’environnement sonore
Il existe un son, appelé “white noise” ou ces oursons en peluche reproduisant les bruits foetals.
Je les utilise parfois, mais pas toujours. Ces bruits fonctionnent très bien sur bébé parce qu’ils sont continus et rassurants, mais je pense que la voix est aussi très importante. On pourrait penser qu’une séance nouveau-né n’est que silence avec un fond sonore adapté, au contraire. Dans la plupart des séances, je parle constamment à bébé, pour lui rappeler que c’est moi qui le manipule et ne pas le surprendre. Qu’est-ce-que je lui dit? Pleins de choses ! 🙂 Souvent je vais l’avertir quand je le manipule ou parler quand je vois qu’il s’agite parce que je le déplace avec un ” Oui je sait, c’est encore moi qui te dérange, tu es bien comme ça, mais moi je veux ta petite main ici pour qu’on voit ton petit visage, tu est tellement beau.”

Aussi, je fait des chhhhhhh avec ma bouche quand je l’endort dans mes bras.

Pour ma fille d’un an, j’ai reçu un ourson qui fait des bruits blancs, qu’on peut accrocher à la poignée de porte (coupant donc les sons extérieures à la chambre).. génial !

7. Les bras, ou pas.
On a le réflexe d’essayer d’endormir bébé dans nos bras, mais honnêtement, nos jambes sont souvent tellement plus efficaces au tout début parce qu’ils l’enveloppent dans un petit cocon ! Assis par terre, en indien, avec bébé dans le creux de nos jambes, c’est souvent magique !



8. Osez tester pleins de positions !
Je ne les décrirai pas, pour la simple raison que certaines nécessitent un certain niveau de confort avec bébé et que je pense qu’il vaut mieux trouver nous-mêmes nos façons. Osez essayer des positions à la verticale, coller sur votre poitrine ou installé sur votre bras 🙂

9. Vos mains
Il y a plusieurs façons d’utiliser vos mains.
1) Caresser le front/nez du bébé, en descendant à partir du front jusque sur le nez, l’incitant à fermer les yeux 🙂
2) Tapoter ses fesses
3) L’entourer avec vos mains, mettre vos mains sur sa tête et sur ses fesses, pour qu’il se sente en sécurité. Vous pouvez doucement tapoter ses fesses en même temps. Souvent pour le transférer (dans son lit par exemple), une fois dans son lit, vous pouvez mettre vos mains chaque côté de lui le temps qu’il se rendorme profondément.

10. Être réceptifs à ses réactions….. et patient !
J’aurais pu nommer au moins 10 autres trucs (emmailloter bébé, certaines types de balancements etc.) mais le meilleur est de savoir qu’il est possible que ne rien marche. C’est le temps qui permets d’apprendre à connaître sa personnalité. Observer comment il réagit lorsqu’il est emmailloté vs coucher librement sur votre lit, s’il préfère vos bras ou le creux de vos jambes, être bercé doucement ou promener….

11. Le porte-bébé en mouvement
Installez bébé dans un porte-bébé ergonomique et promenez-vous, simplement ou faites le ménage. Le bébé s’endort rapidement en mouvement collé sur sa maman.


12. Le peau à peau
Dans le porte-bébé ou dans vos bras, être collé contre votre peau directement pourra rassurer le bébé également plus rapidement.


13. Respirez avant de transférer bébé dans son lit

C’est un truc que j’utilise encore avec ma fille d’un an. Une fois endormis, j’y vais en plusieurs étapes.
1. la placer dans la position que je vais la déposer, dans mes bras. Soit avec une doudou autour d’elle ou pas.
2. prendre 10 respirations pour être sur d’être détendue

3. la déposer dans son lit (elle préfère être déposé sur le côté maintenant à un an)
4. tapoter ses fesses le temps de 10 respirations
5. Si elle semble endormis, c’est gagné !!!



14. Couchez-le avec un objet rassurant
Une doudou avec votre odeur par exemple 🙂 Évidemment il faut que l’objet soit sécuritaire et ne permette pas à l’enfant de grimper dessus.



-Respecter ses limites, et oser demander de l’aide 🙂


Zoé Leblanc, Photographe spécialisée en nouveau-né.
www.facebook.com/zlphotos


ps: Vous devez toujours vous fiez à votre instinct et votre pédiatre en cas de doute, si un truc est bon ou pas pour vous.

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