Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Catégorie : enfants (page 1 of 4)

Ce moment où personne ne souhaitait ranger les jouets

C’était une après-midi d’automne, la veille d’une tempête à en croire les prévisions.

Ce fut le moment de ranger les jouets. L’annonce fut accueilli avec une vive opposition, en fait pour tout dire, la réaction des enfants était presque démesuré. Un ” oui mais ma soeur ne range pas! ” fusa, suivi d’un acte de colère.

Ma première réaction ne rentre dans aucun guide du parfait parent bienveillant, disons que mon ton était un peu sec (et ça n’aida en rien ma cause.)

Alors j’ai prit une respiration. J’ai réfléchit en accéléré à pleins d’idées : la gratitude, l’importance accordée à l’ordre dans le rangement et les croyances attachés, le prendre soin, le modèle etc etc.

J’ai d’abord proposé à l’enfant fâché d’utiliser une des méthodes de retour au calme.

Ensuite, j’ai entrepris de ranger les jouets et je me suis mise à chanter… : ” Merci le ballon, de nous permettre de jouer à te faire rouler. Oh merci la mitaine pour Laurent qui aimes te mordre… “

Charlotte, Alice, et Laurent me regardaient.

Je me suis concentrée à ressentir la gratitude pour chaque objet plutôt que la frustration de devoir serrer. Et je souriait en regardant chaque objet dans mes mains. C’est quelque chose que j’essaie de faire régulièrement dernièrement: cultiver la gratitude.

Je n’avais aucune attente envers les enfants. Ranger à ce moment précis était mon besoin et les circonstances ne valaient pas une lutte. D’ailleurs, quand j’y pense de façon neutre, sans le filtre du tout ou rien, elles rangent volontairement 90% du temps.

À un moment, j’ai eu un blanc et j’ai demandé de l’aide pour attribuer une fonction à un jouet. Puis, elles se sont senties interpellées, et j’ai rapidement put voir une des filles m’aider en chantant elle aussi. C’était celle qui s’était d’abord opposé le plus vivement. L’autre observait.

5 minutes dans notre journée.
Que j’avais envie de partager.

Et juste après, j’ai sentit un regain d’énergie, de positivité… C’est l’effet d’aller vers le positif plutôt que le négatif.

(Ma salle de jeu est épuré, ce qui fait que ça ne prends jamais des heures, ça aide à rester zen, aussi.)

Comment perdre des objets prépare mes enfants à apprendre à lire

Ce matin, elle a perdu son pain grillé. Oui, perdre une toast 🤔. Chez nous, depuis plusieurs années, nous avons pris l’habitude de créer des avis de recherche lorsque quelque chose reste introuvable. Souvent, un bouchon de crayon, un toutou, un vêtement..

Alors, je pose des questions :
– de quel couleur? quel forme, grandeur? peux-tu me le dessiner?

Je note le tout et l’affiche sur le mur pour informer tous les membres de la famille de ce qui manque, et d’à qui le remettre.

C’est un bon exemple je crois de quelque chose de très simple dans lequel se cache des notions qu’on pourrait attribuer à la pré-lecture.

– Comprendre que les mots ont un objectif. Faire le lien entre l’écrit et l’objet perdu. C’est là une des grandes motivations à apprendre à lire et écrire qu’on alimente.

– Reconnaître les noms des membres de la famille.

– Utiliser des mots pour décrire quelque chose. On accroît notre vocabulaire ainsi, notre champ lexical.

– Les enfants qui en sont rendu là dans leur développement remarque les lettres, font des liens “T comme tomate!” Recopie le mot pour faire leur propre affiche d’objet perdu.

– On développe ainsi leur sentiment d’appartenance parce que ça fait partie de notre culture de famille, on formule des hypothèses sur ce qui est arrivé à l’objet..

Bref, nous avons retrouvé la toast. Dans le frigo. 🤔🤔🤔

Comment j’ai changé ma vision sur les systèmes de récompenses / Réflexions des derniers mois

Dans l’univers des pédagogies alternatives, bienveillantes, etc., un des éléments qu’on entend souvent, c’est qu’il est important que la motivation vienne de l’enfant lui-même. De premier abord donc, les systèmes de récompenses ne sont pas appropriés (certains les qualifient même de violences éducatives ordinaires.) Je ne crois pas qu’il faille tout récompenser, mais mon opinion a évolué suite a une réflexion que j’ai envie de vous partager.

La première chose qui me vient c’est que, croire qu’on ne récompense pas ses enfants, c’est erroné. On le fait presque tout, consciemment ou non. On n’y met pas de mots, ça vient naturellement, mais notre comportement change selon le leur. S’ils sont agréables, il est probable qu’on dise plus souvent oui. Qu’on soit plus amusants nous-mêmes, plus souriants qu’on chante, qu’on danse avec eux…
Oh, et c’est comme ça dans tous les contextes. Certains comportements sociaux favorisent des réponses naturelles des autres. Pour plusieurs enfants, c’est quelque chose qu’ils vont rapidement comprendre. Le verbaliser : « J’ai découvert que comme je faisais moins de crises que mon frère, maman me disait plus souvent oui. » Qu’on en pense du bien et du mal, c’est une conséquence logique inévitable qui va suivre nos enfants toute leur vie. Notre rôle d’adulte, c’est de s’assurer que les contextes restent adaptés à nos enfants. Que ce qui se présente à eux soit proportionnel à leur capacité. Favoriser le succès.

Un problème, c’est que certains enfants ne feront pas le lien. Certains enfants ont besoin de support pour comprendre ce genre de subtilité. C’est exactement la vision que j’ai décidé d’avoir du système de récompense. Une façon d’illustrer ce qui se passe déjà, pour leur donner un pouvoir, un contrôle, sur tout ceci. Je n’invente rien, ne manipule rien. Je ne fais que donner accès à mon enfant, à une version adaptée à son âge, ses capacités, de la façon donc ses actions influence la vie dans notre famille / microsociété.

J’ai choisi d’offrir des récompenses qui suivent la même ligne de pensée : naturellement, quand mes enfants sont dans une « bonne » vibe, je suis une maman plus le fun, qui autorise plus de choses. C’est juste que maintenant, c’est illustré, c’est sur papier, c’est un choix conscient pour eux relié directement à leurs actions. Pour moi, c’est la même logique que d’illustrer n’importe quel aspect du quotidien pour aider la compréhension.

Je tiens à expliquer, préciser, quelque chose de délicat. Pour moi, la ligne du bon comportement est quelque chose auquel il faut faire attention. Il ne faut pas tomber dans la vision noir et blanc : les enfants qui sont « bons » et les « mauvais » J’ai choisi des mots, des choses que j’avais envie de remarquer chez eux. Pis je vais vous dire un secret, ça me pousse à chercher le positif en eux encore davantage que je le faisais déjà. C’est souple, flexible, joyeux.

Oh et je voulais ajouter également: Il est important selon moi que ça se fasse dans un contexte de supplément, pas comme la seule possibilité d’entendre un oui, de développer l’appartenance etc..

Ce matin, j’ai choisi de ne pas me dépêcher

Ce matin, je me suis réveillée vers 6h, j’ai allaité le bébé qui s’est endormi de nouveau, satisfait d’avoir but.

J’aurais pu me dépêcher et ne pas le rendormir mais protéger le sommeil de mes enfants c’est une des raisons clés pour lesquelles je reste à la maison.

Puis, les autres petits se sont réveillés.

À 6h30, je suis assise à la table et je supervise la préparation du déjeuner des moyens, tout en préparant celui du bébé.

Sous mon regard, Charlotte prends une tranche de pain, la place méticuleusement dans le grille pain, vérifie le niveau de cuisson désiré. Alice beurre son pain avec un zèle impressionnant, il y en aura sur chaque millimètre.

J’aurais pu me dépêcher et faire le déjeuner à leur place mais j’essaie de favoriser leur autonomie en les laissant prendre des initiatives.

Je bois mon café, on déjeune en discutant. Je fait une démonstration pour leur rappeler le truc pour équeuter les fraises. Les trois petits sont dans le même mètre carré que moi, elles ont rapprochées leurs chaises.

J’aurais pu me dépêcher mais, j’avais des réservoirs d’amour à remplir. Un investissement pour le reste de la journée.

J’ai donné une débarbouillette à Laurent pour l’amuser le temps que je ramasse la table rapidement. J’ai encouragé Alice à ramasser sa place en la prenant dans mes bras et en chantant (elle s’est sauvé à ma première tentative). J’ai sortit des vêtements pour elle, qu’elle a refusé de mettre.

J’aurais pu me dépêcher mais ajouter un facteur stress et pressée à cette situation l’aurait rendu bien anxiogène et pas plus efficace.

Ensuite, j’ai constaté que Laurent était sale, oh tellement sale. Sa couche était imbibée de fraises. Ses pieds et ses cuisses et son torse aussi. J’ai réalisé qu’il serait plus simple de lui donner un bain. Alice m’as entendu l’annoncer et est venu m’aider à mettre le bouchon. Elle a trouvé le savon pour moi, et me l’as donné. Elle était assise sur moi pendant que je nettoyais Laurent. Il gigotait des pieds et des mains, bien heureux. J’ai attendu qu’il démontre qu’il avait finit de jouer dans l’eau pour le sortir.

J’aurais pu me dépêcher mais plutôt que d’interrompre un moment positif pour tous, j’ai arrêté une seconde pour en prendre conscience, j’ai sourit et respirer en regardant mes deux petits comblés.

Laurent a eu une couche propre, je l’ai allaité. Il avait besoin de moi encore alors je l’ai mis en portage pour avancer ma “to-do list”. J’ai vidé le lave-vaisselle avec Alice, une autre chanson pour travailler sur le tri d’ustensiles. “Oh, les papa cuillères vont à droites!!”

Puis, elle est partie jouer.

J’ai balayé et lavé le plancher de la cuisine parce que, c’est impressionnant comment le déjeuner le salit. J’ai plié rapidement une brassée dans ma chambre.

À ce moment-là, j’entendais régulièrement des “et si on…” et des “ok, on va dire que…” venant du jeu des enfants. C’est exactement ce que je veux entendre.

J’aurais pu me dépêcher mais, mes enfants étaient exactement dans le bon “vibe” dans leur jeu libre créatif et je n’aurais pas voulu affecter ça.

De plus, en mettant la maison propre le matin, j’investis dans ma disponibilité émotionnelle. Plus tard aujourd’hui, j’aurai besoin à un moment de temps tranquille dans ma chambre et je ne veux pas y trouver un tas de linge propre.

À ce moment-là, il est 8h50. Je prends le temps de déjeuner. Je commence à avoir hâte de m’asseoir pour lire un livre avec elles. Pour jouer.

Je t’écris pour t’en parler aujourd’hui mon amie car je me rends compte que nos réalités sont bien différentes. Tu es dans une phase de ta vie où le matin est plus rapide, plus facile peut-être. Je dis ça et je suis consciente de ma chance de ne pas être pressée.

J’ai eu à vivre des 6 à 8h dans le passé où j’étais pressée d’arriver à temps à la garderie et au travail, et parfois je finissait en pleurs. Je me disais:” Ben voyons! Comment font les autres pour y arriver?? “

J’étais face à un enfant qui s’oppose sans choix autre que continuer, continuer, pour essayer d’avoir le moins de retard possible. Cette publication n’est pas un affront, un concours de qui y arrive le mieux.

Ce que je souhaite, c’est te rappeler, chère personne que j’aime et qui l’oublie peut-être, que j’ai trois enfants de quatre ans et moins. Même en congé de maternité, même à la maison, même en mode slow. C’est du temps. C’est ça ma réalité dans cette saison de ma vie.

C’est à la fois simple et complexe. C’est mon ordinaire, qui est invisible peut-être mais est présent. C’est le prérequis à mes enfants propres et heureux avant même que la journée commence “pour de vraie”.

Bien sûr, que je pourrais me dépêcher mais j’ai choisi pour mes enfants une autre façon de faire. J’ai la chance d’avoir cette possibilité pour le moment et je sent que les bénéfices sur mes enfants sont grandioses.

J’ai laissé mes enfants choisir les règles

Un des problèmes avec les règles c’est qu’elles ne sont pas toujours significatives pour l’enfant. Elles viennent de l’adulte à l’enfant de façon unidirectionnelle, plutôt que d’être ressentis comme appartenant à tous les membres de la famille.

Depuis plusieurs mois déjà, nous utilisons le concept des conseils de familles. Cette idée vient d’un livre de Jane Nelsen. En lisant ce dernier, j’ai d’ailleurs découvert qu’enfant j’ai été dans une classe testant son approche ;).

Le coeur des conseils de familles c’est que chacun puisse apporter son éclairage sur les situations vécus dans la famille, sans propos de jugements ou d’accusations. L’objectif c’est de nommer les besoins et trouver des solutions pour tous.

C’est avec cette vision en tête que j’ai eu envie d’aborder notre liste de règles. Inspiré par celle de @Teacher Tom (un de mes blogueurs anglais préféré), j’ai décidé d’adapter sa technique à ma famille.

C’est quoi dont une règle au juste?

À la base, c’est un choix commun avec un objectif en tête. On se rends compte que personne n’aime être tapé, on décide d’un commun accord de ne plus se taper les uns les autres. De la même façon que si personne n’aime manger tel plat, on risque de ne plus en faire. On bâtit l’identité de notre famille, une micro-société.

Mon objectif avec cette liste dont, c’est de les placer en position de pouvoir. Elles ont le pouvoir de déterminer ce qu’elles aiment, ce qui est dérangeant ou pas, et de donner leur opinion qui sera écouté.
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Le principe est simple: j’ai placé une feuille sur le tableau magnétique pour y inscrire nos règles. J’ai préparé des papiers permettant aux enfants de proposer des règles (avec aide pour les petits) et on s’est placé en position d’observation.

Quels comportements ne sont pas appréciés? Plutôt que de juste voir les cris et les colères, nous essayons d’identifier les sources.

Un des premiers éléments qui est ressorti: le respect de la bulle. À l’heure du dîner, j’ai sondé les enfants : “Tel règle as été proposé, comment vous sentez-vous par rapport à cette situation?”

Nous avons rapidement constaté que tous les enfants avaient ce besoin de sentir que les autres respectaient leur bulle. Il est intéressant de noter que chacun a sa propre perception de sa bulle. C’est d’un commun accord que la règle a été accepté et noté.

Une autre règle proposé : fermer la porte de dehors pour éviter les mouches. Deux de nos enfants ont peurs de ces insectes volants et ont demandé cet ajout. La fois suivante, quand la porte est resté ouverte, j’ai nommé à Charlotte : ” Oh, tu te rappelles de la règle que nous avons décidé à propos de la porte?” Elle est revenue en courant, souriante pour la fermer.

Nos enfants sont en train de bâtir leur propre code de vie, d’apprendre à vivre ensemble et c’est vraiment intéressant à voir. Nous avons choisis de mettre les règles au fur et à mesures des incidents, la liste reste toujours ouverte. Ainsi, ça devient vraiment significatif parce que chaque règle a une histoire, des émotions exprimés expliquant son choix.

C’est un nous qui parle plutôt qu’un “je”, et l’enfant sent que la règle lui appartient tout autant qu’aux autres membres de la famille.

Bref, ça redonne du pouvoir à l’enfant. Ça redonne du sens aux règles. Gagnant-Gagnant.

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