Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Category: enfants

3 raisons de ne pas féliciter ses enfants (et quoi faire plutôt)

La semaine dernière, j’ai partagé une tranche de vie sur ma page facebook dans laquelle j’ai précisé que j’avais fait le choix réfléchis de ne pas féliciter ma fille. Ce passage as soulevé beaucoup de questions, et j’ai eu envie de vous en parler plus longuement. Voici dont le post en question, et ensuite je vous explique pourquoi féliciter n’est pas toujours le bon choix, et par quoi remplacer les “bravo!”

“Mais le problème, c’est que… “

C’est un jour d’été, le début des vacances et deux enfants ont joués tout le matin aux legos. En voyant l’heure du repos approché, une enfant commence à s’agiter: Elle veut continuer à jouer encore et encore. Pour pleins de raisons et la logistique, je sais que maintenir la routine est le meilleur choix. Ce qui signifie qu’elle ne pourra pas jouer aux legos pendant 1 heure ou deux, le temps que sa sœur dorme (parce que leurs legos y sont installés).

Je propose des alternatives, j’écoute, je reformule., tentant de comprendre ce qui pourrait rendre la situation acceptable pour tous:

Je valide ses émotions et ce qu’elle souhaite: 
– Hmm… Tu te sent comme ça, tu voudrais cela, et voilà pourquoi…
Je propose d’écrire:
– Et si je notais vos idées de jeux pour que vous puissiez continuer après le repos ?
Je propose un repère visuel: 
– Dès que le minuteur (time timer) sonne, tu peux rejoindre ta sœur.

Elle me regarde et me déclare alors: “ Mais le problème c’est que, j’ai très envie de jouer tout de suite. “ Je réponds : “ Oh, je vois c’est un réel problème.”

Sauf que malgré l’importance que ça as pour elle, et que je comprends tout à fait, ce n’est pas possible. Pour pleins de raisons, c’est le bon choix dans cette situation.

Alors je maintient la consigne, pleine d’empathie mais ferme.

Et alors que mentalement je me questionne sur la tournure que ça prendra. Elle se lève, fâchée… et elle court vers sa chambre. Elle prends sa poupée et la serre dans ses bras.

Je vérifie: “ Si tu le souhaites, tu peux rester dans la chambre pendant que j’endors les petits et je te berce aussi ? “

Elle hoche la tête que non, alors je pars préparer sa sœur pour la routine de la sieste, la laissant un peu seule dans sa chambre.

Et c’est alors que je la voit. Elle traverse le corridor avec sa doudou, son toutou, sa poupée et va s’installer dans le salon pour le repos.

Je danse(et ce n’est pas une expression) dans le corridor de voir que la situation s’est résolu rapidement, facilement. Tout ce qu’on fait, ça porte fruit !!

Sur le coup, j’ai envie d’aller la voir et de la féliciter, mais je sais que ça n’aurait pas le bon effet. Alors je vais dans ma chambre, je prends ma doudou, je vais la voir et j’exagère mes gestes en disant: “Voilà pleins de bisous pour toi dans ma doudou, smack smack smack smack parce que je t’aime. Si tu as besoin de bisous, cette doudou en est pleine !”

Je souris, elle sourit, la connexion est belle et bien rétablis.

cinq minutes pour jouer

3 raisons de ne pas abuser des félicitations comme encouragement

1. Une question de respect / éviter de provoquer une réponse négative

Dans le contexte ci-haut, un “bravo” n’aurait probablement pas reçu l’accueil souhaité. Féliciter quelqu’un qui se montre vulnérable, qui vient en quelque sorte d’accepter notre limite (même sans être d’accord), ça peut être vu comme un manque de respect, comme une moquerie. Selon la personnalité de l’enfant, il est possible que ça lui donne même envie d’agir de façon négative pour venir “prouver” qu’elle n’a pas “céder”.

On peut facilement imaginer qu’après une discussion corsée sur un sujet avec notre conjoint, qu’il nous félicite ensuite de suivre sa ligne de pensée soit mal reçue… Vraiment, pour moi, c’est une position qui demande beaucoup de respect.

Voici la première raison pour laquelle j’ai choisi de valider notre connexion, d’envoyer de l’amour plutôt que d’utiliser les félicitations.

2. L’importance de la motivation intrinsèque

C’est sa fierté, elle lui appartient. Elle est en train d’apprendre que cette façon d’agir est gagnante: elle avait recommencé à jouer joyeusement. Mon objectif comme mère c’est que ses actions soient motivées par ce que ça lui apporte à elle, plutôt que “pour me faire plaisir”. Elle s’est calmée, et l’issu c’est qu’ensuite elle joue, c’est une conséquence logique positive. En félicitant, je porte un jugement. J’ajoute mon opinion sur ces sentiments, je qualifie si c’est bien ou mal.

La motivation intrinsèque, c’est ce qui fait qu’on se comporte bien en tout temps parce qu’on y croit, plutôt que de se comporter bien que pour bien paraître. C’est quelque chose d’important, qui nous sert toute notre vie.

3. La perte de signification des mots surutilisée

En félicitant très fréquemment, le bravo perd de la valeur et de la sincérité. Si nos “wow!” sont la réponse standard a chacun des dessins, le jour ou notre enfant montrera un dessin remarquable, nous n’aurons rien pour le signifier. Rien pour le différencier du lot. Habituer notre enfant a ce que chacun de ses gestes, chacune de ses créations reçoivent des félicitations, c’est diminuer l’impact de ce mot, son poids. C’est pourquoi on doit garder ces mots pour les occasions qui le méritent réellement, pour que ça reste spécial. Je ne crois pas qu’il ne faille jamais féliciter notre enfant, il y a des moments ou il nous éblouira réellement et c’est parfait de le signifier.

Une alternative aux félicitations: Voir et connecter plutôt que qualifier

Notre enfant veut être vu. S’il nous montre tous ces dessins, ses prouesses, c’est souvent qu’il souhaite que nous lui confirmions ce que nous voyons en lui. C’est ainsi qu’il bâtit son image de ce qu’il est, son estime de soi. Aussi, ma façon de féliciter est généralement de souligner ce qu’elle fait pour qu’elle sache que j’en ai conscience, ou de lui exprimer l’effet de ses actions.

Devant un dessin ou un oeuvre d’art:

– Je vais décrire ce que je vois que ce soit les procédés (oh, tu as utilisé beaucoup d’orange, ta couleur préférée!), les progrès ( j’ai l’impression que tes points de couture se sont améliorés, ils sont bien droits !), l’avancée : (“Tu as déjà fait la moitié des étapes de ce bricolage.”) etc. Je vais évidemment lancer des wow pour ceux qui se démarquent réellement, mais je les garde précieusement pour mes vrais préférés.

Devant un comportement :

– Je vais décrire ce que je vois (oh, tu aides ta sœur, c’est attentionné de… ” ce que ça me fait ( j’aime être aidée, je me sens… “), décrire les habiletés, caractéristique que ça démontre (tu t’es montrée débrouillarde, il est arrivé x et tu…)

Avec ces remarques, on laisse à l’enfant la responsabilité d’y apposer un jugement, de faire le lien entre ce qu’il fait et la fierté qui en découle. Plutôt que de donner uniquement le résultat à l’enfant (notre appréciation), on lui donne le chemin qui y mène pour qu’il apprenne à voir ce qu’on voit en lui. Souvent, sans s’en rendre compte, notre bravo empêche notre enfant de voir tout l’éventail des qualités qu’il a. Bravo pour ci, bravo pour ça plutôt que de souligner tantôt sa sensibilité, et plus tard sa curiosité..

Finalement, parfois quand c’est une situation plus délicate, rétablir la connexion simplement suffit. Un geste d’amour, un regard, un toucher, tout simplement.


La routine des enfants : tenir compte des parents

Dernièrement, sur mon blog, je vous ai parlé de ma routine quotidienne, hebdomadaire, et aussi de différentes idées à y intégrer. J’ai oublié de vous parler d’un point important: Tenir compte du parent et son unicité. Lorsqu’on met en place une nouvelle routine pour nos enfants, notre focus va généralement être sur ce qu’on pense être le meilleur pour eux. Un élément à considérer (et qu’on oublie bien souvent) c’est que pour qu’une routine soit efficace, il faut avoir envie de la respecter. Ça ne sert à rien qu’elle soit parfaite sur papier, conforme aux standards de tel ou tel pédagogie, si dans la réalité, elle est peu plaisante à vivre. Aujourd’hui donc, j’ai envie de vous inviter
à réfléchir davantage au “être ensemble” et a ce que ça signifie pour votre famille.

De petits ajustements permettent de prévoir des moments dans la journée où le parent fait, ou vit des choses qui lui font du bien. Un parent ayant ses besoins répondus sera plus disponible émotionnellement pour accompagner son enfant. L’enfant grandira avec le modèle d’un adulte sachant prendre soin de lui. Bref, tous en bénéficieront.

Apprendre à se connaître

Bien des livres proposeront des réponses bien différentes à ce qui est sensé faire du bien, supposé vous ancrer dans le quotidien. Méditer silencieusement de longues minutes, ça ne me rejoint pas mais j’ai découvert que dessiner me procure un haut niveau de détente (et ce même si je dessine mal!). J’aime également lire un livre, aller dehors, écouter de la musique québécoise et être dans une pièce où il y a une chandelle parfumée.


Une fois que j’ai une bonne idée de ce qui me ressource et de mes besoins, j’ai réfléchi à comment l’intégrer dans la routine des enfants. Ce n’est pas pour rien que mes enfants associent la chandelle aux moments de calmes, c’est parce que pour moi ça faisait du sens, car ça me fait du bien à moi aussi. Pour vous, ça peut être autre chose. De la même façon, j’ai choisi de faire une grande place a la lecture et à l’art dans nos activités et pas seulement pour les enfants: je prévois une période chaque jour ou je lis un livre a moi pendant que mes enfants lisent leurs livres autour de moi. La musique? C’est devenu un réflexe pour moi d’en mettre le matin pendant qu’ils jouent librement et que je m’active dans mes tâches.

Je vais vous donner un exemple concret de ce processus.
Au troisième trimestre de ma dernière grossesse, j’étais fatiguée. J’ai identifié le besoin de passer du temps allongée (pour me reposer physiquement) et lire (pour me reposer mentalement). Mes enfants avaient besoin de mon attention, et de calme pour se ressourcer parce qu’ils vivaient aussi un peu plus de stress que d’habitude (se faire garder plus souvent entre autres). C’est comme ça que j’ai mis au point une nouvelle période dans notre routine: Lecture et chandelle. Je m’installais, couchée sur le lit d’une de mes filles et je lisais pour elles. Après quelques livres racontées, je leur annonçais que maintenant j’allais lire un livre “d’adulte”. Je lisais donc mon livre alors qu’elles fouillaient dans le bac de livre, m’imitant avec leurs livres imagés, ou jouaient doucement près de moi. J’allumais une chandelle, de la musique douce parfois pour l’ambiance. Nos besoins étaient tous répondus et ça m’aidait beaucoup à traverser la journée (et elles aussi).

Pourquoi le planifier à même la routine des enfants?
Parce que 1, on augmente nos chances de prendre le temps de le faire.
Parce que 2, nos enfants bénéficient de nous voir coudre, dessiner, lire, danser, s’entraîner près d’eux. Ce qui as du sens pour nous, en a souvent pour eux aussi.
Parce que 3, on en vient à créer des associations (et nos enfants aussi) et ça devient naturel.
Parce que 4, on devient un parent plus disponible, parce qu’on peut réfléchir au meilleur moment pour chaque activité, a comment faire pour que ça se déroule plus facilement plutôt que d’être “pris par surprise” par des besoins soudains de nos enfants et risquer de sentir que ce n’est jamais le bon moment.

Parce que ce qu’on lit sur internet ne marchera probablement pas dans notre famille.

En fait oui, mais non, mais oui.
Disons qu’il vaut mieux y aller plus simplement, que de tomber dans la spirale de déception et culpabilité. Parfois, on oublie. On oublie de tenir compte de sa réalité et on vise “le plan parfait”. On se retrouve alors à être déçue. Déçue de nous, de nos enfants, de notre famille. “Ben voyons, peux-tu croire que mes enfants a moi, ils sont pas capable de… ” “Pourquoi moi j’y arrive pas a tenir une routine comme ça ?” Ou pire encore, parfois ça marche, mais personne n’y a vraiment de plaisir.

La vérité, c’est qu’il existe trop de bonnes choses.
J’ai une liste qui me spirale dans la tete de temps en temps, de tout ce qu’il serait bien de faire chaque jour pour mes enfants. Je vous jure, en 2019, cette énumération de “c’est bon pour le développement” n’as pas de fin. C’est ce qui rends 100 fois plus important la capacité de faire une routine centrée sur votre famille et son unicité.

Au rythme de l’enfance : Routine hebdomadaire

Après avoir travaillé sur la routine quotidienne, nous nous sommes penchés sur le rythme des semaines. Naturellement, certaines activités reviennent fréquemment au fil des semaines.

En leur attribuant une journée fixe:
– Nous aidons l’enfant à se repérer dans le temps et à savoir à quoi ressemblera sa journée.
– Nous facilitons l’organisation/planification de nos journées.
– Ça simplifie notre quotidien
– Nous faisons plus régulièrement ce qui fait du bien à notre famille et consolidons le sentiment d’appartenance en donnant des références à l’enfant “dans ma famille nous….”

Le dernier point est important, parce que l’objectif n’est jamais de nous mettre de la pression comme parent. C’est pourquoi nous choisissons des activités que nous faisons déjà et que nous apprécions. Il vaut mieux choisir des activités très simples afin d’être capable de les faire le jour prévu même s’il y a des imprévus. Ce n’est pas le moment de tenter de se convaincre qu’on fera de grands projets chaque jour, de toute façon la simplicité réponds aux besoins de l’enfant.

Bref, vos repères doivent représenter votre famille.

Les repères que nous avons choisis pour notre famille sont ceux-ci. C’est tout simple, j’ai commencé par réfléchir à ce que nous faisions régulièrement et à ce que nous aimerions faire plus régulièrement.

Journée commissions
Pour l’épicerie principalement. C’est une nécessité, alors c’est le premier que j’ai placé dans l’horaire.

Journée ménage et musique
Pourquoi musique? Pour y associer un côté qui nous représente. Nous adorons la musique! Nous créons le matin même une play list contenant les suggestions musicales de chacun et c’est dans cette ambiance joyeuse que chacun aide au ménage hebdomadaire

Journée pyjama
Une journée axée sur le repos où on ne sort pas de la maison/cour. C’est quelque chose que nous faisions déjà mais en le mettant à l’horaire, nous lui accordons plus d’importance.

Journée peinture
J’ai choisit de préciser peinture plutôt qu’art pour ne pas créer des attentes trop élevés de gros bricolage chaque semaine. On peinture, et le reste varie selon les semaines. Les enfants aiment beaucoup la peinture alors ça fait du sens, c’est une activité qu’ils demandent fréquemment. On ne refuse pas qu’ils en fassent les autres jours d’ailleurs ;).

Journée bibliothèque
C’est une activité que j’aime beaucoup, j’adore découvrir de nouveaux livres. Et nos enfants adorent lire. Ça nous permets d’emprunter moins de livres à la fois aussi en y allant souvent, on sait qu’on y retournera bientôt alors pas besoin de tout prendre chaque fois. On profite ainsi davantage des quelques livres que nous choisissons en les relisant plusieurs fois au cour de la semaine.

Journée pain
On y fait du pain pour la semaine. Parfois du pain au raisins. On prépare aussi la pâte à pizza d’avance. Les enfants aiment pétrir le pain, le voir gonfler et cuire.

Journée promenade / aventure
On sort dehors mais plus loin que les autres jours. Cette journée sera consacré aux aventures, aux sentiers de randonnée, et parfois à simplement un tour de la rue. On se laisse une marge de manœuvre pour les jours où partir à l’aventure sera plus difficile.

Une fois nos activités choisis, nous avons réfléchit à la façon logique de leur associer une journée. On fait le grand ménage avant l’épicerie, par exemple.

Ensuite, nous avons illustrés les journées sur le calendrier. Nous avons ajouté un petit dessin dans chaque case pour le mois à venir, permettant de voir l’activité du jour. Chaque matin, nous regardons le calendrier pour mettre un X sur la journée courante et planifier ce qui se passera aujourd’hui.

Voilà donc à quoi ressemble notre rythme hebdomadaire présentement.

Au rythme de l’enfance: notre routine quotidienne

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Dernièrement, nous avons beaucoup travaillé sur les rituels dans notre routine. Nous avons réfléchi davantage certains moments du quotidien pour leur donner une logique et surtout une constance d’un jour à l’autre.

J’avais plusieurs objectifs: Favoriser un déroulement en douceur sans avoir besoin de discipline, permettre aux enfants que ces moments soient prévisibles, utiliser la répétition pour faciliter les apprentissages liés a ces moments, trouver un équilibre dans la journée autant pour les enfants que les parents et rendre plus facile pour nous les adultes aussi de savoir quand telle ou telle chose sera faite et comment.

Je me suis inspirée de différents livres (voir liens à la fin du texte) et aussi de ce que nous faisions déjà et qui marchait bien. La routine au jour le jour est a un point qui me satisfait présentement, et mon prochain objectif est de m’attarder davantage a la routine de la semaine. J’aimerais attribuer des journées aux différentes activités qui reviennent (jour du pain, jour du conseil de famille par exemple) hebdomadairement pour aider les enfants a se situer dans la semaine et pour faciliter notre planification.

Charlotte (4 ans) est dans une phase ou elle s’intéresse beaucoup au temps et/ou avoir des repères dans sa journée est plus important pour elle. Elle a commencé à apprécier qu’on fasse un X sur le calendrier chaque jour et pouvoir voir ce qui s’en vient dans la semaine comme les rendez-vous notamment.

Bref, voici à quoi ça ressemble présentement une journée de semaine, principalement pour les 2 petites à la maison à temps plein (2 et 4 ans).

(Je parle au JE, mais présentement, papa en fait une grosse partie parce que je m’occupe du nouveau-né. Et il faut voir tout ça comme une version idéalisée du quotidien, dans les faits, on essaie de s’en rapprocher, mais il y a aussi la vraie vie.)

Les rituels tournent beaucoup autour des repas, comme ce sont des moments réguliers et déjà ancrés dans le quotidien, c’était logique de broder le reste autour de ceux-ci. C’est plus facile que d’essayer d’insérer des rituels dans la journée sans qu’ils aient de moment déjà routinier attaché à eux.

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Collation du matin
Au début de la collation, je récite une comptine qui inclus des gestes avec les doigts, la même chaque fois pendant quelque temps.  Étonnamment, ils ne se tannent pas de la répétition, ils sont fiers de le maîtriser de plus en plus. Ça les calme aussi d’avoir cette petite activité au début de la collation.

Théoriquement, on passe de la collation au jeu extérieur directement. Cet hiver on a dut réduire la fréquence de nos sorties vu les températures. J’aime bien, pendant qu’elles finissent leur collation, aller faire semblant d’habiller des enfants imaginaires en disposant leurs effets d’hiver sur le plancher comme si c’était sur des enfants. Ça les fait rire chaque fois.

Du dîner à la sieste
Juste avant le dîner, on va ranger un peu les jouets sortis pendant la matinée. Puis elles dînent, routine d’hygiène, et elles vont dans la chambre d’Alice avec un parent. Nous allumons une chandelle, et il y a une période de lecture. Notre façon de fonctionner ressemble à celle-ci: l’adulte lit quelques livres aux enfants, puis l’adulte lit un livre d’adulte qui l’intéresse en silence pendant que les enfants peuvent regarder leurs propres livres. En modelant le comportement de lire, ça les inspire habituellement à lire calmement. Je trouve ça vraiment agréable aussi, ça me donne un moment pour prendre le temps de lire. Et je trouve ça beau les voir calmes. Ensuite, on tombe dans la routine de sieste. Ma 4 ans va dans sa chambre faire des activités tranquilles, ma 2 ans dort.

Collation d’après-midi
Encore la même comptine, suivie généralement du bain cette fois-ci. Je trouve que donner le bain l’après-midi avant l’heure du souper aide vraiment beaucoup a avoir moins de stress rendu au soir.

Du souper au dodo
Après le souper, chaque enfant a une tâche (elles sont effectuées en rotations, j’ai une roue au mur pour déterminer la tâche du jour de chacun) qui tourne autour du repas. Bref, on ramasse la cuisine en famille. Les enfants vont se mettre en pyjama, brosser les dents. Elles peuvent jouer librement, faire un projet artistique ou un jeu en famille (elles aiment bien jouer à l’ogre, un jeu de poursuite avec un adulte qui fait l’ogre). Par contre, 45 minutes avant l’heure du dodo, on tombe aux jeux calmes. On allume une chandelle (j’aime les chandelles, ça transparaît dans ma journée ? :p), on tamise les lumières, on met de la musique plus douce et on s’installe au salon tous ensemble.. Les enfants peuvent alors lire, dessiner, jouer, mais on leur demande de choisir des jeux plus calmes pour ralentir le rythme doucement pendant +- 30 minutes. Ensuite, période de lecture dans la chambre et dodo.

Et sur un horaire plus “heure par heure” (bien qu’on suit davantage l’ordre que les heures)

Horaire d’un jour de semaine
(2 et 4 ans ont la maison)

6h30: Réveil et déjeuner, hygiène, habillement des petites et tournée des chambres en même temps.
7h30 – 9h: Jeux libres c’est le moment de la journée ou elles jouent naturellement le mieux ensemble sans conflits. Pendant ce temps, on fait les taches de la journée. Parfois elles aident.
9h-9h30: Jeu, livres, projet, art ou cuisine.
9h30: Routine de la collation – jeux extérieurs
11h: Jeu libre ou avec nous, livres, dessins ou préparation du dîner
12h: Routine du dîner et sieste
14h30: Réveil de la sieste, des câlins et souvent encore un livre.
15h: Routine de la collation d’après-midi
16h: Jeux, bricolages, livres ou jeu libre, préparation du souper.
17h: Routine du souper
19h30: Dodo

Les périodes de jeux varient selon leurs intérêts du moment, les saisons, etc.
Présentement, a 2 et 4 ans, il y a beaucoup de chansons, de comptines, d’histoires avec ou sans livres, de peinture, d’activités sensorielles et de jeux imaginaires. Charlotte apprécie certains cahiers d’activités et on a introduit raconte-moi les sons récemment a sa demande..

Aussi, elles vont beaucoup participer aux préparations des repas et autres activités du quotidien parce qu’elles aiment vraiment ça.

Bref, voilà où ça en est présentement. J’aimera ajouter différentes comptines à des endroits stratégiques dans la maison pour les lier à certains moments de la routine aussi, un jour 🙂

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Des livres qui m’ont inspirés

La Pédagogie Steiner-Waldorf à la maison

Heaven on Earth: A Handbook for Parents of Young Children

You Are Your Child’s First Teacher

Parents Tout Simplement !

Le principe des prérequis, une alternative logique aux punitions

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“Ça fait cent fois qu’elle va dans sa chambre pour ça et pourtant, elle semble incapable de réfléchir avant d’agir et recommence chaque fois!!!”

Et si on changeait de vision? Si au lieu de réfléchir à comment “lui faire regretter” un comportement, on réfléchissait plutôt aux avantages que lui apporte le comportement souhaité?

Je vais vous parler de ma façon de voir les conséquences dites logiques comme des prérequis plutôt.

C’est beaucoup plus motivant d’atteindre un but, et ça permets au parent d’avoir un rôle d’accompagnement, d’encouragement, d’aide plutôt que le rôle de punir. Toute sa vie, notre enfant devra faire face à des prérequis. Ceux-ci sont généralement basés sur des faits, et non des jugements. “Pour aller dans le manège, voilà la grandeur minimum. Oups! Peut-être l’an prochain!”

Il y a des prérequis sur lesquels nous n’avons pas de pouvoir ( comme la grandeur, l’âge…) mais pour beaucoup, nous pouvons poser des gestes concrets pour les atteindre (s’entraîner à nager pour réussir le test donnant droit à la nage sans flotter, par exemple.)

Imaginons que notre enfant souhaite vraiment atteindre le droit de nager seul cette année, nous poserons des gestes pour l’accompagner : l’apporter à la piscine, l’encourager en soulignant ses progrès, voir pour des cours privés en cas de difficultés. Notre rôle sera d’accompagner. S’il ne se pratique pas suffisamment nous ne le punirons pas, il aura à vivre avec la conséquence logique : il devra garder son équipement de flottaison. Nous lui donnons le pouvoir. Ce sont ses comportements qui l’apportent ou non vers l’objectif fixé.

Ce principe de prérequis peut s’appliquer à beaucoup de comportements vus comme dérangeants au quotidien. Ça peut-être aussi simple que pour déjeuner tu dois être habillé. Il n’y a pas de jugements, pas de menaces. C’est un fait. La marche à suivre est logique.

Lorsqu’on fonctionne de cette façon, les événements récurrents deviennent des motivations puissantes. Pour aller à la bibliothèque et choisir tes propres livres ou pour aller à l’épicerie, je m’attends à ce que tu démontres que 1) tu comprends le comportement attendu en chemin 2) tu respectes les limites qu’on s’est fixées dans un lieu public.

Si dernièrement, chaque sortie est difficile parce que l’enfant ne respecte pas des attentes claires, adapté à son âge, eh bien, il restera à la maison la fois d’après. Ensuite, on pourrait y aller graduellement. Une sortie agréable au parc du coin pendant 30 minutes peut mener à 1h ensuite à un endroit plus stimulant encore.

Tout est dans la façon donc l’adulte le présente à l’enfant, ce n’est pas un “Si tu n’arrêtes pas, la prochaine fois tu restes à la maison! Allez, arrête! Tu pleures??? Ta chambre!!” Ça ressemble davantage à : “Nous allons à la bibliothèque et tu ne viens pas, tu sais pourquoi.” ” Hmm, tu aimerais vraiment venir ! Tu es fâché! À mon retour, nous discuterons ensemble du comportement attendu en public pour les prochaines fois. ” Et ainsi de suite….

Un enfant qui fait mal à répétition aux autres n’est pas prêt à jouer sans surveillance rapprochée. Ça peut impliquer qu’il devra rester près de maman/papa le temps du souper plutôt qu’aller au salon avec les autres.

Un enfant qui laisse traîner ses traces de bricolages n’est pas prêt à entreprendre de gros bricolages seul. Il se pourrait qu’il doive se contenter de papier et crayons quand maman/papa n’est pas disponible.

Un enfant qui a du mal a complété sa routine du matin parce qu’il a du mal à retourner à ces tâches une fois qu’il joue, pourrait se voir demander de finir toute sa routine avant de jouer. Il aura beaucoup ou peu de temps pour jouer selon sa vitesse.

Évidemment, il reste important que les attentes soient réalistes. Personnellement, j’aime prendre le temps de fouiner dans les livres à la bibliothèque. Certains de mes enfants ne sont tout simplement pas rendus suffisamment matures pour rester tranquille le temps que le fasse, ça dépasse l’attente réaliste. Je trouve une solution alternative pour répondre à mon besoin: j’y vais seule ou avec les grands quand les petits dorment.

Deuxièmement, notre demande doit être claire et facilement “mesurable” . “Je m’attends à ce que tu sois gentille au magasin” , c’est flou, et c’est difficile à juger. Une directive comme ” Je m’attends à ce que tu tiennes le panier “, c’est déjà plus clair, ça appelle à des faits plutôt qu’un jugement.

Troisièmement, il faut passer à l’action. Une conséquence logique ne fonctionne que si on laisse l’enfant la vivre, plutôt que de chercher a lui éviter pour toutes sortes de raisons. Reprenons l’exemple du cours de natation, nous n’irions pas quémander a l’instructeur de faire une exception même si l’enfant n’atteint pas le minimum parce que pauvre petit, c’est triste d’être le seul avec un flotteur ! On peut accepter le sentiment de l’enfant, l’accompagner dans son vécu, mais on doit absolument le laisser vivre cette conséquence. L’enfant pourrait plutôt après avoir raté le test, décidé de s’entraîner davantage et le repasse 1 mois après avec succès. Il se pourrait aussi qu’on se rende compte que cet objectif n’est pas réaliste tout court pour notre enfant, ou qu’il n’a juste pas envie de l’atteindre vraiment.. On pourrait l’aider à s’orienter vers un autre objectif, un compromis acceptable pour tous (Hmm, quand maman ne sera pas la, tu devras effectivement porter l’aide a la flottaison, mais quand maman sera avec toi, tu pourras te pratiquer sous ma surveillance).

Finalement, dans la vie il y a des obligations qu’on ne peut éviter. On ne peut pas ne plus faire l’épicerie parce que notre enfant y fait une crise chaque fois. Par contre, l’expérience peut être complètement différente selon son attitude. Du parent super enthousiasme qui a préparé une chasse aux items dans l’épicerie, au parent beaucoup moins enthousiasme voir un peu “robot” dans ses consignes, on peut adapter notre attitude pour refléter notre émotion. Le parent n’a pas à se mettre un masque constamment, c’est sain de nommer ses émotions et oui, pleurer pour avoir des bonbons pendant 30 minutes peut avoir comme conséquence logique un parent qui a moins envie d’être le fun, d’arrêter au parc ou d’écouter ensuite l’enfant parler de barbies avec enthousiasme. Encore une fois, ça dépend de l’âge du dit-enfant bien sure et de la façon de le nommer. On ne cherche pas a se venger, on respecte notre besoin à nous de se calmer après une période émotive.

Comme il est important de passer à l’action “négativement”, il est également important de passer à l’action positivement. On peut décrire les comportements de l’enfant lorsqu’il est dans la bonne voie. On peut également lui nommer concrètement les avantages qu’il obtient, en plus de lui faire vivre.

Mes livres préférés sur le sujet:

Parler pour que les enfants écoutent, et écouter pour que les enfants parlent
Parents épanouis, enfants épanouis 

Repenser la stimulation au quotidien / Slow life et simplicité, une réponse naturelle aux besoins de l’enfant

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Je lis souvent, les parents, éducatrices, épuisées de leurs journées à force de ne jamais arrêter, et je voulais vous dire qu’il existe une autre façon de faire…

(…)

On a parfois l’impression que pour pouvoir combler tous les besoins des enfants, il faut absolument vivre dans un tourbillon constant, où l’adulte se place en tant qu’animateur de foule toujours prêt à offrir plus.

Plus de choix, plus de jouets, plus d’activités, plus d’animations, puis plus de décorations et ça ne finit plus. Le parent ou l’éducateur est souvent épuisé ou stressé à la fin de sa journée et l’enfant réagit à sa façon (souvent avec des comportements “négatifs”) à ce surplus de stimulis..

Il existe une alternative. Et si intégrer plus de lenteur et de simplicité dans nos journées était la réponse?

-Et si offrir moins avait du sens?-

Les enfants sont facilement émerveillées, et on peut avoir l’impression que c’est un signe qu’on doit constamment offrir de quoi les intéresser. Alors que si les enfants sont facilement émerveillés, intéressés, c’est plutôt le signe clair que peu est suffisant.

En fait, beaucoup de gens vous diraient même que peu, c’est mieux. Quand on offre un peu moins, moins de jouets, moins de “colle ici, dessine par là”, ce qui se produit c’est que l’enfant reprend sa place d’explorateur. Plutôt que de passer d’un jeu à l’autre de façon superficielle, il explore de différentes façons les mêmes blocs; les empiler, les faire tomber dans un bac de métal ou sur le plancher, les cacher, les emballer, les transporter dans ses mains ou un sac, etc…

Lorsqu’on offre moins, ça répond aussi au besoin de sécurité de l’enfant. Il se créer des repères, des habitudes, et ainsi il a l’impression de savoir davantage à quoi s’attendre. Moins de jouets oui, mais ça peut être aussi de varier un peu moins souvent les chansons qu’on chante, et laisser l’enfant se les approprier davantage. Au lieu de chercher sur Pinterest de nouvelles chansons, on peut simplement intégrer une chanson qu’on a entendu X et sa maman chanter lorsqu’on fera la ronde. Quel fierté et bonheur pour lui de reconnaître une partie de ce qui représente son quotidien avec maman, au service de garde…

La répétition est une clé pour l’enfant, c’est ce qui lui permet de vraiment saisir le monde qui l’entoure…

– Le temps n’a pas à passer vite –

Pour pouvoir explorer davantage, l’enfant a besoin de temps et d’un adulte qui ne considère pas qu’il “perd son temps” quand il utilise son énergie à une observation ou un jeu qui peut sembler ‘inutile”. Un adulte prêt à ralentir le rythme plutôt que d’imposer le sien à l’enfant. Prêt à oublier toutes ces croyances adultes sur “l’efficacité” quelques heures par jour…

Le “slow toute”, c’est refuser de se dire ‘je vais le faire ça va être plus rapide” quand l’enfant observe et semble intéressé à essayer. C’est prendre le temps, simplement, et accorder de la valeur aux intérêts de l’enfant. Ça peut être aussi d’attendre le bon moment avant de parler à un bébé concentré sur son jeu. Plutôt que d’interrompre son focus, on attendra une invitation comme un regard vers nous pour commenter ce qu’il fait.

– Offrir la bonne chose au bon moment –

Plutôt que d’être guidé par un thème fixe, je choisis d’être guidée par un intérêt sincère envers les enfants. En observant les enfants, en portant attention à leurs périodes sensibles d’apprentissage et en reconnaissant la valeur de “l’ordinaire”. Passer le balai seul sous sa place après avoir fait une activité salissante est aussi valable que n’importe quelle activité. Jouer dehors, trier les roches, sauter par dessus, passer en dessous, ce n’est pas “que” jouer dehors, et ça ne devrait pas être hiérarchisé moins important que tracer une ligne, au contraire.

L’enfant n’a pas besoin d’un monde de merveilles superficielles, le quotidien et ce qui l’entoure sont déjà merveilleux pour lui. Laissons les enfants s’émerveiller de ce qui est plutôt que de chercher à trouver mieux…

– Intégrer ces principes à la réalité –

Certains liront ceci et imagineront un monde de licornes et papillons où il n’y a pas les stress et contraintes habituels d’un service de garde. C’est faux, ici aussi on gère des pleurs de dents qui percent, des bébés qui s’ennuient de leurs parents et des 3 ans qui apprennent à partager difficilement: la différence c’est qu’on refuse de s’ajouter le stress que ça “brise” notre routine. Quand l’enfant pleure à 10h, c’est quelque chose d’important à gérer, et non un obstacle à faire l’activité à la mode sur Pinterest. Juste ça, ce changement de mindset permets d’être plus en accompagnement plutôt que de voir l’enfant comme un “dérangement” à l’ordre établi.

On prends alors le temps pour vrai, de régler chaque chose de la meilleure façon possible, car ça, c’est notre priorité.

On reconnaît qu’être bien, émotionnellement, physiquement, en sécurité, c’est ça la vraie base d’un développement sain. Ce n’est pas savoir tracer un A à deux ans. C’est plutôt savoir que le monde est bon, que nos besoins sont importants et que ce qui nous intéresse est valable.

De quoi ont besoin les enfants au préscolaire? 

D’avoir acquis des connaissances (sur soi-même, et le monde qui nous entoure) et compétences de base (gérer ses émotions, régler un conflit autant qu’utiliser son corps entier de différentes façons, reconnaître des odeurs, soulever… ). C’est ainsi que l’enfant naturellement va s’ouvrir au monde avec une curiosité, qui deviendra le moteur pour le motiver à apprendre et découvrir le monde qui l’entoure. C’est au travers de grandes périodes de jeu libres que l’enfant acquiert la plupart de ses compétences.

– Offrir moins n’as pas à égaler offrir rien-

Parfois, on a l’impression que choisir la simplicité c’est se contenter de regarder les fourmis 12 heures par jour, mais c’est bien tout le contraire… Si on aime réellement et notre groupe aussi faire de gros bricolages, alors on en fait. Pareille pour toutes les activités, la simplicité n’est pas un jugement sur ce qui est “bon” ou pas.

En fait, offrir moins c’est justement en arriver à avoir plus de temps pour faire plus de ce qu’on aime, de ce qui a du sens.

(……)

(…..)

8h30: mardi matin. Un bébé (plus fatigué ces jours-ci ) s’est endormi en portage dans mon dos, un autre joue par terre à mettre des blocs dans un bol de métal. Toc, Toc, les blocs résonnent au fond du bol, motivant l’enfant à recommencer pendant plusieurs minutes. Je l’observe, attendant une invitation tel un regard vers moi pour commenter ce qu’il fait. En attendant, je prends une note mentale de son intérêt du moment.

11h30: Je prépare le dîner quand une petite fille de 2 ans cherche à attirer mon attention. Je lui détaille ce que je prépare et l’invite à m’aider. Elle grimpe sur une chaise et m’aide à brasser un délicieux curry au lait de coco. Les odeurs sont magnifiques.

(….)

Bref.

Préparer une tourtière de millet et saisir l’occasion de pratiquer le mouvement de “rouler” avec le rouleau à pâte. Simplement.

 

Je lit souvent, les parents, éducatrices, épuisées de leurs journées à force de ne jamais arrêter, et je voulais vous dire qu'il existe une autre façon de faire…(…)Repenser la stimulation au quotidien / Slow life et simplicité, une réponse naturelle aux besoins de l'enfant.On a parfois l'impression que pour pouvoir combler tout les besoins des enfants, il faut absolument vivre dans un tourbillon constant, où l'adulte se place en tant qu'animateur de foule toujours prêt à offrir plus.Plus de choix, plus de jouets, plus d'activités, plus d'animations, puis plus de décorations et ça ne finit plus. Le parent ou l'éducateur est souvent épuisé ou stressé à la fin de sa journée et l'enfant réagit à sa façon (souvent avec des comportements "négatifs") à ce surplus de stimulis.. Il existe une alternative. Et si intégrer plus de lenteur et de simplicité dans nos journées était la réponse? -Et si offrir moins faisait du sens?-Les enfants sont facilement émerveillées, et on peut avoir l'impression que c'est un signe qu'on doit constamment offrir de quoi les intéresser. Alors que si les enfants sont facilement émerveillés, intéressés, c'est plutôt le signe clair que peu est suffisant.En fait, beaucoup de gens vous diraient même que peu, c'est mieux. Quand on offre un peu moins, moins de jouets, moins de "colle ici, dessine par là", ce qui se produit c'est que l'enfant reprends sa place d'explorateurs. Plutôt que de passer d'un jeu à l'autre de façon superficielle, il explore de différentes façons les mêmes blocs; les empiler, les faire tomber dans un bac de métal ou sur le plancher, les cacher, les emballer, les transporter dans ses mains ou un sac, etc… Lorsqu'on offre moins, ça réponds aussi au besoin de sécurité de l'enfant. Il se créer des repères, des habitudes, et ainsi il a l'impression de savoir davantage à quoi s'attendre. Moins de jouets oui, mais ça peut être aussi de varier un peu moins souvent les chansons qu'on chante, et laisser l'enfant se les approprier davantage. Au lieu de chercher sur Pinterest de nouvelles chansons, on peut simplement intégrer une chanson qu'on a entendu X et sa maman chanté lorsqu'on fera la ronde. Quel fierté et bonheur pour lui de reconnaître une partie de ce qui représente son quotidien avec maman, au service de garde…La répétition est une clé pour l'enfant, c'est ce qui lui permets de vraiment saisir le monde qui l'entoure… – Le temps n'as pas à passer vite -Pour pouvoir explorer davantage, l'enfant a besoin de temps et d'un adulte qui ne considère pas qu'il "perds son temps" quand il utilise son énergie à une observation ou un jeu qui peut sembler 'inutile". Un adulte prêt à ralentir le rythme plutôt que d'imposer le sien à l'enfant. À oublier toutes ces croyances adultes sur "l'efficacité" quelques heures par jour…Le "slow toute", c'est refuser de se dire 'je vais le faire ça va être plus rapide" quand l'enfant observe et semble intéressé à essayer. C'est prendre le temps, simplement et accorder de la valeur aux intérêts de l'enfant. Ça peut être aussi d'attendre le bon moment avant de parler à un bébé concentré sur son jeu. Plutôt que d'interrompre son focus, on attendra une invitation comme un regard vers nous pour commenter ce qu'il fait.- Offrir la bonne chose au bon moment -Plutôt que d'être guidé par un thème fixe, je choisit d'être guidée par un intérêt sincère envers les enfants. En observant les enfants, en portant attention à leurs périodes sensibles d'apprentissage et en reconnaissant la valeur de "l'ordinaire". Passer le balais seul sous sa place après avoir fait une activité salissante est aussi valable que n'importe quelle activitée. Jouer dehors, trier les roches, sauter par dessus, passer en dessous, ce n'est pas "que" jouer dehors, et ça ne devrait pas être hiérarchisé moins important que tracer une ligne, au contraire. L'enfant n'as pas besoin d'un monde de merveilles superficielles, le quotidien et ce qui l'entoure est déjà merveilleux pour lui. Laissons les enfants s'émerveiller de ce qui est plutôt que de chercher à trouver mieux…- Intégrer ces principes à la réalité -Certains liront ceci et imagineront un monde de licornes et papillons où il n'y a pas les stress et contraintes habituels d'un service de garde. C'est faux, ici aussi on gère des pleurs de dents qui percent, des bébés qui s'ennuient de leurs parents et des 3 ans qui apprennent à partager difficilement: la différence c'est qu'on refuse de s'ajouter le stress que ça "brise" notre routine. Quand l'enfant pleure à 10h, c'est quelque chose d'important à gérer, et non un obstacle à faire l'activité à la mode sur Pinterest. Juste ça, ce changement de mindset permets d'être plus en accompagnement plutôt que de voir l'enfant comme un "dérangement" à l'ordre établis.On prends alors le temps pour vraie, de régler chaque chose de la meilleure façon possible car ça, c'est notre priorité. On reconnaît qu'être bien, émotionnellement, physiquement, en sécurité, c'est ça la vraie base d'un développement sain. C'est pas savoir tracer un A à deux ans. C'est plutôt savoir que le monde est bon, que nos besoins sont importants et que ce qui nous intéresse est valable. De quoi ont besoins les enfants au préscolaire? D'avoir acquis des connaissances (sur soi-même, et le monde qui nous entoure) et compétences de base (gérer ses émotions, régler un conflit autant qu'utiliser son corps entiers de différentes façons, reconnaître des odeurs, soulever… ). C'est ainsi, que l'enfant naturellement va s'ouvrir au monde avec une curiosité, qui deviendra le moteur pour le motiver à apprendre et découvrir le monde qui l'entoure.- Offrir moins n'as pas à égaler offrir rien-Parfois, on a l'impression que choisir la simplicité c'est d'obliger à se contenter de regarder les fourmis 12 heures par jour mais c'est bien tout le contraire… Si on aime réellement et notre groupe aussi faire de gros bricolages, alors on en fait. Pareille pour toutes les activités, la simplicité n'est pas un jugement sur ce qui est "bon" ou pas. En fait, offrir moins c'est justement en arriver à avoir plus de temps pour faire plus de ce qu'on aime, de ce qui as du sens. (……)(…..)8h30: mardi matin. Un bébé (plus fatigué ces jours-ci ) s'est endormit en portage dans mon dos, un autre joue par terre à mettre des blocs dans un bol de métal. Toc, Toc, les blocs résonnent au fond du bol, motivant l'enfant à recommencer pendant plusieurs minutes. Je l'observe, attendant une invitation tel un regard vers moi pour commenter ce qu'il fait. En attendant, je prends une note mentale de son intérêt du moment. 11h30: Je prépare le dîner quand une petite fille de 2 ans cherche à attirer mon attention. Je lui détaille ce que je prépare et l'invite à m'aider. Elle grimpe sur une chaise et m'aide à brasser un délicieux curry au lait de coco. Les odeurs sont magnifiques.(….)Bref.Préparer une tourtière de millet et saisir l'occasion de pratiquer le mouvement de "rouler" avec le rouleau à pâte. Simplement.

Публикувахте от Cinq minutes pour jouer / Zoé L. Sirois в Неделя, 11 март 2018 г.

Et si les enfants n’avaient pas besoin d’autant d’activités?

Le courant populaire semble être de remplir le quotidien de nos enfants d’activités, et les parents, les éducatrices sont souvent découragés devant ces standards de plus en plus contraignants…

On s’attends à ce qu’un enfant de 3 ans fasse du yoga, des activités structurés sur les couleurs, les formes, le tour du monde, les chiffres, les lettres, les habiletés sociales, oh et la gestion émotive, puis aussi telle ou telle activité à la mode… tout ça la même journée !

D’un autre côté, de plus en plus de nouvelles pédagogies recommencent à valoriser le jeu libre… Voici mon point de vue.

Je pense qu’il faut prendre conscience qu’on fait parfois des activités pour répondre à notre besoin à nous, pour se sentir bien et avoir l’impression de travailler activement pour le développement de notre enfant. Nous exigeons la même chose des éducatrices en garderie d’ailleurs parce qu’on se sent coupable de les faire garder et l’on réussit à se convaincre que chaque bricolage est une preuve que le développement de notre enfant est important pour celle-ci.

C’est à nous que ça fait du bien, on se sent bon parent quand notre enfant vit un quotidien remplit d’activités variées et éducatives, touchant tous les sujets possibles.

Nous avons dû mal à faire confiance à l’enfant, à croire que si on est assis à l’observer pendant qu’il joue seul, il est activement en train de se développer aussi…  Le jeu libre est stimulant et éducatif. 

Parce qu’à force de se faire répéter de les stimuler, on en est arrivé à se convaincre du besoin de remplir leurs petites têtes d’informations, d’expériences, parfois sans aucun sens pour eux. Parce qu’on se convainc que si une activité est éducative ou intéressante, ça signifie que notre enfant doit absolument la vivre la tout de suite. On a du mal a attendre que notre enfant nous démontre (par ses jeux, ses intérêts) que c’est le bon moment.  On veut qu’il expérimente tout ce qui se fait !

Naître et grandir sensibilise les parents à nommer les fruits et légumes devant leurs enfants et les parents Pinterest en concluent qu’ilsdoivent faire 5 activités par jour pour faire apprendre le nom latin des dits aliments à leurs 2 ans.

(…)

– STOP –

Votre 2 ans n’a probablement pas besoin d’apprendre l’alphabet, et si jamais il fait partie des enfants particulièrement attirés par ce type d’apprentissage (j’en ai eu une comme ça), il vous le fera savoir.

Parlez-leur de sujets qui ont du sens pour eux, qui leur permettront de faire des rapprochements avec leur quotidien. Permettez-leur d’être libre de suivre leur imagination et soyez les spectateurs fascinés de voir comment chacun utilisera ce temps libre différemment.

One size fit all en petite enfance ça ne fait aucun sens.

Je ne suis pas contre les thématiques d’activités mensuels, il m’arrive même d’en utiliser. Le problème c’est que nous nous sommes tellement convaincue qu’ils ont besoin de variétés, qu’on préfère imposer des thèmes sans se questionner, plutôt que leur faire confiance et répondre à leur curiosité naturelle juste pour être sûre qu’ils soient “assez stimulés”.

….

Je suis la première à dire que stimuler son enfant est vitale. Mais stimuler son enfant, ce n’est pas le faire peindre avec une drill pour pouvoir cocher une liste montrant qu’on lui a fait vivre toutes les expériences.

Revenons à la base. Parlez-leur. Jouer aux cartes, aux jeux de mémoires, lisez des livres…

Plutôt que de vous coucher à minuit pour préparer 100 activités, couchez-vous plus tôt pour être émotionnellement disponible. C’est ce dont votre enfant a besoin.

Faire des activités c’est génial. Surtout pour le parent ou l’éducatrice, avouons-le. Ça fait changement, ça désennuie de manger 50 fois une soupe aux carottes imaginaires en faisant hmmm alors que sans le savoir, on travaille le langage, le cognitif, l’affectif…

Les enfants ont besoin de rituels, de pouvoir de décision, d’expérimenter… Faites des activités oui, mais soyez sûre qu’elles aient un sens pour eux. Faites des activités, mais ne cherchez pas à rendre tout spécial. Faites des activités centrées sur vos enfants, leurs intérêts plutôt que ce qu’il est “bien vue” de dire qu’on a appris à nos enfants.

Le développement de vos enfants, ça se passe en tout temps. C’est du 24/7. Jouer dehors librement. Faire semblant d’aller à l’épicerie 20 fois d’affilée. Passer le balai ou aider à préparer le repas. C’est s’arrêter en plein milieu d’une marche pour vérifier dans notre livre de quel espèce est cet arbre surprenant.

Le problème avec la thématique chaque semaine incluant 50 nouveaux jeux et un bricolage où il ne font que coller sans comprendre le but? Ils font diversion aux réels apprentissages. Ils font parfois peu de sens pour l’enfant; on voit parfois des pouponnière (0-18 mois) devoir suivre une thématique sur des sujets tellement éloignés de la réalité des bébés que ça en est risible…

Les enfants ont besoin de temps, de répétitions pour s’approprier le matériel, les jouets, et en exploiter toutes les possibilités. Quand ils sont constamment dans la nouveauté, ils restent en surface, dans le superficiel… “L’enfance c’est fait pour jouer “

Aussi, du côté de la dimension affective : ces activités créent des attentes, et qui dit attente dit frustrations, déceptions.. Nos enfants moins intéressés peuvent être perçus négativement (j’ai mis 3 heures et 60$ à préparer ce thème et il refuse de le faire!) et d’autres enfants vont se forcer à faire nos activités pour nous faire plaisir (alors qu’on se force à les faire pour la même raison.)

Bref, faites des thèmes si ça vous apporte du bonheur, car les enfants bénéficient d’être avec des adultes heureux, mais réfléchissez davantage. Prenez le temps d’adapter la trousse aux enfants de votre groupe, vraiment. Étirez un peu plus longtemps la thématique plutôt que de changer chaque semaine… Choisissez des sujets qui ont du sens pour les enfants plutôt que des thèmes à la mode.

Et surtout, ne vous sentez pas coupable les jours sans thématiques, nos enfants apprennent tout le temps, être présent, disponible et intéressé, c’est tout ce dont vous avez réellement besoin.

Le reste? Vous pouvez probablement le faire vous-même. Papiers, crayons, ciseaux, quelques images, des objets à manipuler, des livres, la nature.

Stimuler c’est important oui, mais stimuler ce n’est pas remplir notre enfant d’informations, de variétés à tout prix… épurer les jouets c’est bien, mais épurer le quotidien est aussi essentiel.

Sur le même sujet: 

Repenser la stimulation au quotidien / Slow life et simplicité, une réponse naturelle aux besoins de l’enfant

Déposer le bébé par terre / la motricité libre: Pourquoi c’est important et plus logique que n’importe où ailleurs.

Simplicité au quotidien

Du jeu structuré au jeu libre: Accompagner l’enfant vers le jeu sans directives