Cinq minutes pour jouer

Simplicité volontaire, bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

Author: zoelsirois

J’ai laissé mes enfants choisir les règles

Un des problèmes avec les règles c’est qu’elles ne sont pas toujours significatives pour l’enfant. Elles viennent de l’adulte à l’enfant de façon unidirectionnelle, plutôt que d’être ressentis comme appartenant à tous les membres de la famille.

Depuis plusieurs mois déjà, nous utilisons le concept des conseils de familles. Cette idée vient d’un livre de Jane Nelsen. En lisant ce dernier, j’ai d’ailleurs découvert qu’enfant j’ai été dans une classe testant son approche ;).

Le coeur des conseils de familles c’est que chacun puisse apporter son éclairage sur les situations vécus dans la famille, sans propos de jugements ou d’accusations. L’objectif c’est de nommer les besoins et trouver des solutions pour tous.

C’est avec cette vision en tête que j’ai eu envie d’aborder notre liste de règles. Inspiré par celle de @Teacher Tom (un de mes blogueurs anglais préféré), j’ai décidé d’adapter sa technique à ma famille.

C’est quoi dont une règle au juste?

À la base, c’est un choix commun avec un objectif en tête. On se rends compte que personne n’aime être tapé, on décide d’un commun accord de ne plus se taper les uns les autres. De la même façon que si personne n’aime manger tel plat, on risque de ne plus en faire. On bâtit l’identité de notre famille, une micro-société.

Mon objectif avec cette liste dont, c’est de les placer en position de pouvoir. Elles ont le pouvoir de déterminer ce qu’elles aiment, ce qui est dérangeant ou pas, et de donner leur opinion qui sera écouté.
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Le principe est simple: j’ai placé une feuille sur le tableau magnétique pour y inscrire nos règles. J’ai préparé des papiers permettant aux enfants de proposer des règles (avec aide pour les petits) et on s’est placé en position d’observation.

Quels comportements ne sont pas appréciés? Plutôt que de juste voir les cris et les colères, nous essayons d’identifier les sources.

Un des premiers éléments qui est ressorti: le respect de la bulle. À l’heure du dîner, j’ai sondé les enfants : “Tel règle as été proposé, comment vous sentez-vous par rapport à cette situation?”

Nous avons rapidement constaté que tous les enfants avaient ce besoin de sentir que les autres respectaient leur bulle. Il est intéressant de noter que chacun a sa propre perception de sa bulle. C’est d’un commun accord que la règle a été accepté et noté.

Une autre règle proposé : fermer la porte de dehors pour éviter les mouches. Deux de nos enfants ont peurs de ces insectes volants et ont demandé cet ajout. La fois suivante, quand la porte est resté ouverte, j’ai nommé à Charlotte : ” Oh, tu te rappelles de la règle que nous avons décidé à propos de la porte?” Elle est revenue en courant, souriante pour la fermer.

Nos enfants sont en train de bâtir leur propre code de vie, d’apprendre à vivre ensemble et c’est vraiment intéressant à voir. Nous avons choisis de mettre les règles au fur et à mesures des incidents, la liste reste toujours ouverte. Ainsi, ça devient vraiment significatif parce que chaque règle a une histoire, des émotions exprimés expliquant son choix.

C’est un nous qui parle plutôt qu’un “je”, et l’enfant sent que la règle lui appartient tout autant qu’aux autres membres de la famille.

Bref, ça redonne du pouvoir à l’enfant. Ça redonne du sens aux règles. Gagnant-Gagnant.

Des livres inspirants pour jouer avec nos enfants.

Une de mes sections préférées à la bibliothèque ? La section de livres portant sur les activités pour stimuler les enfants. J’aime les lire, découvrir différentes approches, expérimenter… Je vous en présente ici quelques-uns que j’ai bien aimés, visant les 0- 6 an principalement.

Des livres d’idées d’activités simples et classiques

Ce livre regroupe des activités toutes simples: Des comptines, des expériences à faire vivre à notre bébé. Il existe également sa jumelle: Bébés génies, dont les activités sont un peu plus axé sur le développement cognitif. C’est une bonne base d’idées pour quand on se retrouve avec notre bébé et qu’on a envie de varier notre façon de jouer avec lui. J’aime bien le fait que ce soit des activités qui ne demandent pas vraiment de matériel. Il existe des versions s’adressant à d’autres ages également.

Ce que j’aime bien faire avec ce livre, c’est laisser mes plus grandes y choisir une activité a faire avec leur petit frère.

Un autre classique dans le même style 🙂

Pour découvrir la pédagogie Highscope

Pour aller plus loin que simplement une liste d’activités: ce livre permets de réfléchir au niveau de l’aménagement, de l’horaire, des interventions de l’adulte.. C’est un livre axé sur la pédagogie Highscope dans la tranche d’age 6 mois à 2 ans et demi. J’y ai puisé beaucoup d’inspiration.

Pour s’initier aux activités inspirés de la pédagogie Montessori

J’ai beaucoup apprécié la série de livres Montessori a la maison, dont chacun des livres aborde un thème précis. On y retrouve des idées concrètes d’activités, inspiré de la pédagogie Montessori. Un conte pour les enfants, sur le même thème que les activités, vient avec chaque livre.

Se laisser inspirer par la pédagogie Steiner-Waldorf

Ce livre ci-haut, c’est un de ceux que mes enfants ont préférés. Il est très complet: des activités créatives détaillés étape par étape, des contes a lire, des rituels.. C’est une programmation complète d’un an d’activités axé sur Steiner-waldorf en plus d’explications sur cette pédagogie. C’est vraiment un outil merveilleux !

Ce sont mes préférés, mais il y en as beaucoup d’autres pour tous les goûts. Bonnes lectures !

Le jeu libre est stimulant et éducatif. / Éduquer sans planifications mensuels thématiques


(….)

Un adulte attentif, informé et intéressé/enthousiaste.

C’est ce qui fait la différence selon moi.

Pour certains, il est difficile de comprendre la nuance entre ne pas stimuler les enfants de la façon “traditionnelle” et ne pas stimuler les enfants du tout.

Parfois on va faire l’erreur de penser que croire au jeu libre signifie ne pas accorder d’importance au développement de l’enfant. Quand on ne comprends pas cette façon de faire et la démarche derrière, c’est inquiétant, effrayant. On peut même imaginer qu’on obtient des enfants laissés à eux-mêmes, que c’est la recette qui crée ces enfants qui arrivent en maternelle sans être “prêts”.

C’est bien tout le contraire.

Je vais vous dire ce que moi je vis par rapport au jeu libre.

En laissant les enfants jouer, ils ne cessent de me donner des indices clairs de leurs besoins, de où ils en sont, de leurs intérêts. Ça permet de cibler exactement la bonne période pour introduire quelque chose au moment où ça sera le plus significatif pour l’enfant. Au moment où ça compte, et de la façon dont ça compte.

Pis ben oui, parfois, la bonne réponse que leur jeu m’envoie c’est : non merci, je n’ai besoin de rien. Parfois vaut mieux les laisser jouer, maturer, évoluer, et attendre simplement qu’ils fassent le tour de ces habiletés qu’ils maîtrisent présentement.

Ça peut faire peur au début. On vit dans l’impression que l’enfant doit être en train de se diriger vers l’étape suivante à tout moment. Puis on se rends compte qu’il n’y a pas à avoir peur, la plupart du temps l’enfant a tout ce qu’il faut en lui et dans son environnement pour se développer.

Et s’il a un besoin d’un coup de pouce, un adulte attentif, informé et intéressé pourra accompagner l’enfant. (Ou demander de l’aide, ou mettre des choses en place, ou n’importe quelle autre variable nécessaire.)

Parfois, vu de l’extérieur, on peut avoir l’impression que tout est laissé au hasard.

Je peux vous confirmer qu’il y a énormément de réflexion derrière chacun des aménagements, des opportunités offertes aux enfants. C’est planifié, fait avec intention. C’est une approche dynamique, modulé par les intérêts/envies/choix des enfants.

Choisir de laisser une grande liberté de jeu aux enfants ce n’est pas dire non à tous les jeux “de règles” ou dirigés par l’adulte. C’est simplement cesser de penser que tout ce qui vient de l’adulte a plus de valeur. Revoir la hiérarchie du jeu. Laisser de la place à ce qui part de l’enfant. Proposer plutôt que diriger.

Les résultats sont fascinants.

Évidemment, ça va plus loin. Ça peut être le début vers une nouvelle forme de relation avec l’enfant. Vers un style plus démocratique, bienveillant. Lorsqu’on base la relation sur un sincère intérêt de l’autre. On peut rebondir sur ses acquis, leur permettant de s’enrichir.

Bref, est-ce que je vous ai parlé de mes enfants? Parce qu’ils font des choses magnifiques. Ils démontrent des habiletés qui me surprennent même parfois.

Tout ça est une question d’équilibre, mais j’ai l’impression parfois que plusieurs milieux sont tombées dans le piège du trop. Trop de planification. Trop de règles, de directions. Trop d’informations. Trop de tout au nom de la stimulation. Parce qu’on veut montrer à quel point on tiens au développement de notre enfant et un bricolage ça paraît mieux qu’une photo où notre enfant joue dans la boue avec un bâton.

Ps: on a l’impression qu’encourager le jeu libre c’est se condamner à ne rien faire d’éducatif parce qu’on vit avec cette vieille croyance qu’apprendre est pénible. Mais la plupart des enfants aiment naturellement découper, compter, et tout ces acquis “préscolaire”. Il suffit que le contexte et l’environnement s’y prête, de la bonne façon selon qui ils sont. Parfois ça sera subtil, il faut être attentif pour ne pas manquer ces occasions d’être témoins d’un enfant en plein développement.

La pleine conscience, une des clés du bonheur parental

Pour vous je ne sait pas, mais pour moi, c’est ce qui fait la différence entre percevoir que je passe une mauvaise nuit ou percevoir la richesse de ces moments avec mes enfants. Je réfléchis cette article depuis des semaines, et je suis heureuse de vous l’offrir aujourd’hui. J’espère que ça résonnera en vous.

La première fois qu’on entend la notion de “pleine conscience” ou “pleine présence”, on peut avoir l’impression qu’il s’agit d’une nouvelle mode pour laquelle on devra trouver du temps dans notre horaire. On peut avoir l’impression que la méditation et ces styles d’approches de la vie ne fonctionnent que dans un silence paisible, dans un endroit doux, seule 30 ou 45 minutes. J’aimerais bien un jour avoir ce style de relaxation profonde dans un contexte idéalisé, mais ce n’est pas ma réalité présentement. On en reparlera quand mes enfants feront tous leurs nuits, et que la normalité sonore de ma maison diminuera en décibels.

La pleine conscience n’as pas à être dans un endroit isolé, lumineux et plaisant visuellement a la pinterest pendant 30 minutes matin et soir. Votre vie est bruyante? La pleine conscience le sera. La pleine conscience prend place dans votre vie, comme elle est déjà. La différence n’est pas au niveau de ce qui se passe extérieurement, mais à l’intérieur.

Ce n’est pas une activité qu’on doit ajouté à notre horaire, c’est un état. Lorsque je me place dans cet état, je porte un regard différent sur ce qui se produit autour de moi. Je suis en mode analyse. Je sors du mode automatisé.
J’utilise mes cinq sens pour prendre acte de ce que je ressens. J’interroge mon cœur, mes émotions.

Je souris en pleine conscience, parce que ce que je vis, c’est beau.
Je deviens spectateur de ma vie et c’est généralement savoureux. Il m’arrive régulièrement de me dire: ” Wow, c’est beau ce que je vit” et de sourire aux petits bonheurs. Être dans mon lit avec mon nourrisson qui babille. Lire un livre avec mes enfants autour de moi. Prendre une marche au printemps. Voir mes enfants manifestés des habiletés, des émotions, des traces de leur personnalité. Recevoir ce dont j’avais besoin.

On a perdu la notion d’apprécier “l’ordinaire” mais la vérité c’est que rien n’est ordinaire.

C’est une richesse immense que de pouvoir côtoyer des enfants. De recevoir. De donner. De pouvoir acheter ce dont on as envie. De manger de bons aliments. Rien n’est acquis, tout est un privilège. Il faut en prendre conscience, s’arrêter, et regarder d’un autre regard ce qu’on vit. En considérant tout comme ordinaire, on oublie aussi de s’apprécier. C’est comme si on négligeait de prendre le mérite.

L’ancrage dans le présent : Faire le tour des sens
Je porte attention aux sensations (le poids, la chaleur, le doux, le rugueux),
Je porte attention aux bruits (la musique, la voix, le vent, les oiseaux)
Je porte attention aux odeurs (sa peau de bébé, la chandelle, l’odeur du printemps)
Je porte attention aux goûts
Je porte attention aux images (les détails de ses cheveux, ses oreilles, un coin de ma maison qui me rends heureuse et sereine)

Du même coup, j’apprends à me connaître, à reconnaître ce qui me fait du bien, à prendre soin de moi.

Jouer avec le temps
Je porte aussi attention à ce que se passe a l’intérieur de moi. Est-ce que je vis correspond a une projection que j’ai faite dans le passé ? à un objectif pour lequel j’ai travaillé ? Suis-je fière, heureuse, nostalgique ? Parfois je joue avec le temps, essayant de me replacer dans les sensations que j’avais lorsque j’imaginais, j’anticipais ce moment qui est finalement arrivé. Je le fait également avec le futur; je prends conscience de ces moments dont je veut me rappeler plus tard.

Sur un côté un peu plus “spirituel” ou ésotérique, dans certains moments très importants, je peux imaginer voir presque ressentir les liens invisibles qui me lient à d’autres personnes. Vous savez, ces pensée positives qu’on envoie aà ceux près de nous ? Je me souviens m’être levée le matin de mon accouchement et avoir respiré et imaginé ceux qui étaient avec moi, avoir pris acte de la force qu’ils m’envoyaient.

Pourquoi être plus conscient du moment présent ?
Pour être plus heureux et se rendre compte de ce qu’on a déjà de positif.
Pour moins tomber dans le piège de l’automatisation.
Pour réapprendre à être dans le présent plutôt qu’a toujours chercher la nouveauté, la distraction (avec son téléphone)
Pour se ressourcer, même au milieu du chaos.
Pour remplir notre réservoir d’énergie émotionnelle.

Et si vous essayiez, quelques fois par jour, d’être pleinement conscient de la vie autour de vous ? Au milieu des difficultés, du chaos, il y a certainement de petites choses positives qui méritent votre attention, reconnaissance, joie.


Un exemple raconté

Bon 1 mois sur terre mon bébé! 

Ce matin à 4 heures et quelques, tu t’es réveillé. Téter n’as pas suffit à te rendormir alors je me suis levée, j’ai changé ta couche et je t’ai emmaillotté. Puis, je me suis installée dans la chaise berçante avec toi. Je t’ai parlé et tu me regardais, les yeux dans les yeux. Je t’ai dit : tu as un mois mon fils! Je t’ai flatté les cheveux. J’ai tenté de profiter de chaque seconde, d’emmagasiner en moi ces souvenirs. Puis j’ai chanté alors que tu as commencé à t’agiter. J’en étais à la poulette brune quand tu as finalement fermé les yeux.

5h30 du matin
Pendant que je te berçait encore, ta soeur de 4 ans est venue se glisser dans mon lit. Elle s’est collé à papa. J’ai attendu un peu, puis je t’ai déposé à côté de papa et je l’ai prit.

Elle s’est réveillée à cause du bruit des déneigeuses qui lui fait peur.
Je l’ai emmené devant la fenêtre pour regarder avec elle les tracteurs qui déneigent les rues. Ils sont bruyants, lumineux dans la nuit. Nous les avons observé quelques minutes. Elle a but de l’eau. J’ai proposée de lui prêter ma veste en laine et d’y mettre un peu de he de lavande. “Des gouttes qui sentent bons”. Elle as acquiescé, à sentit l’odeur et elle est retournée à son lit où je l’ai bordée. Je lui ai confiée que quand j’était à l’hôpital, je dormait avec quelques gouttes de lavande près de moi. Moi aussi, j’aime ça sentir ces gouttes qui sentent bon… Si pour elle ça sent “maman”, pour moi ça sent la maison.

En sortant de sa chambre, j’ai entendue Alice (2 ans) qui se réveillait. Probablement à cause de mes pas. Je suis allée la bercer, j’ai profiter de la douceur de ses cheveux et de la beauté de ses traits. Je l’ai déposée dans son lit, je me suis couchée à côté d’elle et elle m’as prit dans ses bras. Collée collée. J’ai passé plusieurs minutes ainsi à me rappeler le petit bébé qu’elle as été, l’enfant qu’elle devient. Je lui ai proposé ma jaquette pour la recouvrir.

Dans le silence du matin, j’ai allumée une chandelle. Il était 6h. J’ai mit des fleurs au centre de la table. Ramassé un peu le salon. Préparé des ciseaux et de la laine pour qu’elles puissent reprendre l’activité de la veille dès le réveil. 

Puis tu t’es réveillé mon bébé, tu avais soif. Tes soeurs relaxaient dans leurs lits, lisaient. Je suis allée les inviter à venir me rejoindre. Je t’ai allaité en regardant la vie autour de moi. Tu es resté éveillé un moment, je t’ai habillé sur la table au milieu du déjeuner de tes soeurs. Puis, fatigué, tu as dormit au travers la routine matinale, alors que d’une main je te gardais contre moi et de l’autre je peignait des cheveux, brossait des dents etc..

Maintenant, papa s’occupe de tes soeurs et nous on profite du calme de ma chambre. Tu dort contre moi alors que j’écris ces mots pour ne jamais oublier le bonheur d’un simple matin. Pour me souvenir quand tu sera grand du matin où tu as atteint 4 semaines de vie.