Cinq minutes pour jouer - Zoé L-Sirois

Et s'il était possible de faire différement? bienveillance, parentalité positive et pédagogies alternatives au quotidien.

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La conscience phonologique / Jeu à imprimer

Je vous partage un nouvel outil, un jeu que j’ai mis au point pour mes enfants. Si vous me suivez en story, vous savez que j’ai choisis de favoriser l’utilisation des jeux dans notre quotidien pour le plaisir mais aussi les apprentissages. Il y a de SUPERBES jeux qui existent pour se faire.. et parfois j’aime bien créer sur mesure pour que ca fonctionne dans ma famille.

La conscience phonologique en gros, c’est jouer avec les sons. Il s’agit de distinguer les syllabes, de pouvoir les identifier, les compter. De prendre conscience des sons au travers les rimes. C’est quelque chose de vraiment important pour se préparer à la lecture. Sauf que voilà, j’avais envie d’en faire quelque chose de plus inclusif pour toute la famille.

Plutôt que de limiter la conscience phono à quelques exercices isolés avec les enfants en âge de le faire, j’ai mis au point quelques jeux permettant de le faire de façon plus naturelle, plus organique.. en jouant en famille.

Plusieurs de ces jeux sont fait pour jouer verbalement en soupant (dans ma famille, c’est quelque chose qui est déjà fait régulièrement.) D’autres, se font en utilisant des images (ici je reprendrai celles du jeu la pêche au son de Placote parce qu’elles sont déjà classés de différentes façons, ce qui sera plus facile et rapide pour moi, et aussi d’un jeu d’images de Djeco.)

Aussi certains jeux sont plus difficiles et visent mes enfants plus vieux aussi et les petits apprendront en écoutant et en voyant le modèle de grands jouant avec les sons et se mettant au défi. Pour moi, c’était important que ce soit vraiment quelque chose qui englobe tout le monde.

Je prévois ajouter d’autres cartes éventuellement mais je voulais vous partager les premières. Si vous aimez l’idée et utilisez-les, dites-le moi. Juste parce que ca me permets de savoir si je continue à partager ce type de matériel, ou pas. ici.

Ps: J’ai corrigé avec Antidote mais s’il reste des erreurs, pointez-les. Je corrigerai.

Ps2: Osez allez plus loin avec les cartes. Trouvez d’autres animaux par exemple pour la carte 1. Trouvez l’animal de mamie ou d’Harry Potter 😉.

.Zoé

Trois problèmes avec le “Non!”

“Vous l’avez probablement déjà entendu, ça fait quelques années que le très utilisé “c’est non!” est remis en question comme intervention éducative. Certains iraient même jusqu’à l’accuser d’être lié au terrible two.

Mais est-ce que ne pas dire non signifie tout accepter de la part de notre enfant ?

Je suis une ferme croyante de la nécessité des limites dans la parentalité. Par contre, j’ai envie de vous expliquer ce qui me dérange avec le non, et surtout quelles sont les alternatives.

Non!

Qu’est-ce que ça signifie après tout non? Dans quel contexte on l’utilise ? Est-ce le meilleur mot pour refléter ce qu’on veut vraiment?

Selon moi, ceci est le premier problème, il devient un mot fourre-tout qui manque de précision et peut même mélanger notre enfant. Non peut signifier ne court pas dans la rue, revient vers moi.

Non peut aussi signifier ne grimpe pas sur moi, va jouer.

Alors quand il entends non, l’enfant doit s’approcher ou s’éloigner ?

Il n’est pas approprié de demander à un enfant de deviner et interpréter selon le contexte, son cerveau n’est pas prêt.

Alors on se retrouve face à un problème : suivre ce que maman ou papa dit est difficile. Aussi, en utilisant un vocabulaire imprécis, notre enfant ne peut pas accéder à ce même vocabulaire qui lui serait bien utile pour l’utiliser à son tour.

Souvent, non signifie…

– Stop! Lorsqu’on veut voir un arrêt. (À travailler en jeu! C’est une base de sécurité.)

– Je n’aime pas ça.

– Les mains sont faites pour caresser. Je ne te laisserai pas taper!

– Viens par ici.

Plutôt que d’y aller avec une interpellation émotive ou impulsive (le non, c’est parfois notre peur que notre enfant agisse mal, notre trop-plein, notre… etc qui parle), on prends quelques secondes pour analyser ce qui ce passe et ce qu’on souhaite vraiment pour y mettre des mots et des actions pour donner de la valeur à ces mots.

Plutôt que non, ne tape pas! On peut essayer: “Je ne te laisserai pas taper” et on prends action. Le deuxième problème avec non, c’est que l’enfant comprends que maman ou papa n’aime pas ce qui se passe, mais ça ne lui dis pas plus ce qu’il dois faire. Dans ces occasions, non signifie parfois..- oh, on laisse l’assiette sur la table.- le bébé aime avoir sa couverture, on la replace pour lui?- vite, on donne à ta sœur son muffin! Ce dernier est tiré de mon matin. Il est efficace parce qu’il décrit ce qui dois être fait mais aussi parce qu’il respecte l’enfant et son besoin d’être en action.

Le non est souvent contre-productif chez un tout-petit qui veut simplement être en action, tout faire, tout expérimenter. Si plutôt que de peser sur le frein, on tente d’aller dans l’action avec lui, les résultats sont bien meilleurs. Orienter est plus efficace que freiner.

Finalement, une des raisons pourquoi le non est souvent désuet est celle-ci : lorsque l’enfant l’utilise, nous n’en tenons pas compte. Notre façon d’agir envers son non peut lui apprendre à ne pas écouter le nôtre. À ne surtout pas faire? Lui donner le choix lorsqu’on compte continuer malgré un possible non. “Est-ce que tu veux t’habiller?” Non! Si on pose la question, il faut être prêt à aller avec la réponse. Ça ne signifie pas de ne jamais faire quelque chose qui reçoit un non, mais de porter attention au vocabulaire que nous utilisons.

Si on laisse le choix entre oui et non, il faut ensuite respecter le choix. Si c’est oui peu importe son choix, il faudrait revoir les choix de réponses (lui faire choisir le chandail plutôt que le fait de s’habiller ou non). On peut aussi adapter l’environnement pour réduire le nombre de consignes au quotidien, en mettant une barrure sur le frigidaire par exemple plutôt que de répéter non 15 fois par jour.

L’objectif n’est pas de ne jamais dire non (même moi, je le dis bien trop souvent ;)) mais de tenter d’en remplacer quelques uns en toute conscience.

Zoé

L’histoire du verre de lait (et de la crème glacée pour déjeuner)

C’était le soir et un enfant, couché au sol, pleurait. Elle arguait que le verre de sa sœur contenait plus de lait que le sien. De son point de vue, c’était une profonde injustice qui prenait lieu dans ma cuisine.

Il est 19h, elle est fatiguée probablement. Je m’assoit d’abord au sol près d’elle pour offrir un support physique mais elle n’est pas prête à recevoir un toucher. Donc j’y vais doucement. Et j’utilise mes mots.

– Tu voudrais plus de lait c’est ça ?

– oui! (Émotif)

– un grand verre de lait, beaucoup beaucoup de lait !

– oui!

– Est-ce que tu aurais assez soif pour hmm disons, un carton de lait complet?

– oui!

– ou pour 3 cartons de lait?!?

– oui!

(Escalade d’exagération)

– Attends!!! J’ai une idée. Et si on disais que tu voudrais avoir le traîneau du père noël remplis de lait?

– Oui ! (En riant)

Et à ce moment, elle est dans mes bras et apaisée. Je lui propose de lire une histoire de noël incluant un traîneau et remplacer “cadeaux” par “lait”. Elle dis oui. Je lis l’histoire puis elle demande son verre de lait.

Ce que je peux vous dire c’est qu’elle n’avais pas besoin que je lui dise de façon cartésienne que c’était égal mais que plutôt que j’accepte d’entrer avec elle dans son vécu.

Connecter en utilisant l’exagération est utilisé même entre adultes d’ailleurs.

Donc, cette fois-là tout as fonctionné mais il n’est arrivé des fails avec cette façon de faire. Une fois donc, j’ai promis par accident de la crème glacée au déjeuner à mes enfants. Ce n’était apparemment pas suffisamment clair pour eux (qui n’ont pas la norme de référence aussi importante que l’adulte) que c’était de l’exagération. Le matin arrive et mes enfants attendaient la chose promise. 😛

Je m’en suis sortie avec de la crème glacée de bananes, parce que je ne me voyais pas ne pas leur donner ce que j’avais dit, même si ça venait d’un malentendu.

Regarder son / l’enfant / Le premier outil

Si j’avais à écrire un livre sur comment vivre la parentalité connectée depuis la naissance, ou la commencer plus tard, je mettrais ceci comme première étape. (On vit la parentalité connectée, c’est une relation, ce n’est pas quelque chose qu’on applique, parce que sinon ça devient une volonté d’imposer, de faire faire et ça nous déconnecte de la relation.)

Regarder son nouveau-né, je crois que c’est assez naturel. On le trouve beau et il nous fascine. On l’observe bailler et on apprend à connaître ses signaux (voir ici). Quand l’enfant grandit, un phénomène apparaît, symptôme d’un problème chronique de “manque de temps” ou du moins d’un besoin de ne pas s’ennuyer et combler chaque seconde.

Si l’enfant ne dérange pas, l’on en profite pour détourner le regard. C’est naturel, hey, de profiter du moment où il ne se chicane pas avec sa sœur pour avancer le dîner. Je fais la même chose.

Sauf que, voilà l’effet. Nous ne voyons vraiment notre enfant que quand il crie, se manifeste bruyamment, exige notre attention de façon appropriée ou non. Et on se demande pourquoi il en vient à ces méthodes et comportements “négatif”?Aussi, ça a comme effet que nous avons une image de notre enfant axé sur ces moments plutôt que sur ce qu’il est vraiment.

Bien sûr nous l’observons vite vite aux legos de temps en temps, mais nous manquons tellement. Nous manquons le moment où il découvre qu’il peut faire une tour aussi haute, où il comprends ceci ou cela.

Nous nous privons de ceci, alors que ça pourrait tellement nous aider. Il est plus facile de balancer le négatif quand il provient d’une personne donc nous connaissons bien aussi les petits exploits ordinaires, le côté fascinant.

Nous nous privons du plus beau de l’enfance.

On part d’un meilleur endroit, c’est difficile à décrire mais même dans les crises, notre point de départ change tout. Ça balance. Ça remets en perspective. Ça donne des indices.

Donc, je ne dis pas qu’il faille passer la journée à ne rien faire d’autre que de regarder son enfant découvrir ses mains ou à faire un replay de la reine des neiges. Ce serait trop, ça pourrait avoir l’effet inverse. Et quand je dis regarder. Je veux dire regarder. Sans intervenir constamment ou tenter de transformer, d’améliorer avec notre vision d’adulte. Juste voir.

Mais si on prenait 5 minutes pour arrêter ce qu’on fait de temps en temps et qu’on était complètement attentif à ce que notre enfant fait. Ça pourrait changer bien des choses.

Zoé

Il y a une différence cruciale entre laisser pleurer et permettre les pleurs / Tu as le droit de décider que quelque chose ne fonctionnes plus.

C’est quelque chose que plus de mamans maternantes ont besoins d’entendre (et que je répète souvent, à minuit en message privée.)Répondre aux besoins de son bébé, c’est absolument important. Je suis contre le laisser pleurer MAIS lorsque le bébé devient un enfant, il y a une différence majeure à faire entre éviter les pleurs et materner.

Ce n’est pas parce que l’enfant ne pleure pas que tout va bien. Si tu mets 3 heures à endormir ton enfant en grinçant des dents et qu’une fois qu’il dort, tu court pleurer sous la douche et que c’est devenu votre routine = il y a possiblement un problème (ou vous traverser une phase difficile décidément).

L’autre problème avec éviter les pleurs c’est que tu te centres sur ce qui va réduire ton stress d’adulte de “oh non il pleure!” mais pas nécessairement répondre à son besoin. Si tu ne dis ni ne permets jamais de vivre de non à ton enfant, il ne pleurera pas mais il ne bâtira pas non plus son coffre à outils de comment vivre un refus.

Je crois que le maternage doit venir avec un degré d’authenticité, de sincérité. Pour modeler une saine gestion des émotions et le concept de besoins, il faut s’inclure dans les personnes importantes de la famille.

Et ce n’est pas souhaitable dans une relation bienveillante de laisser vivre tout le négatif de non-dits qui se créer entre vous alors que vous tombez dans ce pattern-là.(…..)

Et ça veut tout et rien dire, il y a autant de solutions dans les gammes de maternage que de familles. Ça peut être d’en faire moins le jour pour avoir l’énergie de traverser la nuit parce que tu feels qu’il y a quelque chose d’important dans ce moment.

Ça peut être d’envoyer papa rendormir l’enfant plutôt que maman pour réduire les boires nocturnes.

Ça peut être de l’endormir dans la poussette ou une autre solution originale, ou de demander de l’aide.

Pis oui, ça se peut que tu doives accepter que le premier soir de changement, l’enfant va le manifester en pleurant. Ou la première fois qu’il va vivre une conséquence naturelle dans la journée. Peu importe à quel point tu souhaites être bienveillante, il se peut qu’il pleure.

Souvent entre 18 mois et 3 ans. Il y a un moment où ça bascule, les pleurs sont sains et normaux.

Permettre les pleurs c’est accompagner ton enfant dans l’expérience des émotions, de la résilience, lui faire expérimenter le constat que parfois c’est difficile mais qu’on peut passer à travers.

Ça se peut aussi que ce ne soit pas nécessaire si vous êtes bien tous les deux de comment ça se passe déjà.

Et ça commence par de petites choses. Ce n’est pas un signe que ton maternage des premières années était un échec, c’est le contraire !!!! Tu as tellement bien répondu à ses besoins qu’il est prêt, capable, en sécurité pour vivre cette étape. Il ne perds pas sa confiance et tout ça s’il pleure (dans un contexte accompagné) quand il as cette base de confiance là.

Je n’entrerai pas dans toutes les situations précises, je veux juste profiter de mon réseau pour te rappeler que materner n’est pas une injonction à subir ta parentalité. La parentalité positive est axée sur les solutions, et ça dois t’inclure dans les limites évidemment des réels capacités selon l’âge de ton enfant.

Zoé

Materner et dormir : 5 conseils concrets pour le sommeil de bébé (et maman!)

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